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Voir la version complète : La préparation psychologique des joueurs de l’EN est occultée


morjane
24/02/2010, 14h54
Le docteur Arfi Djaffar neuro-programmeur a décelé des lacunes dans la préparation du mental des équipes nationales, celle du football particulièrement.

Il insiste sur le cas du gardien international Fawzi Chaouchi. Invité par l’association El Moustakbel de Thénia, d’où il est originaire, pour animer une journée de formation en direction des universitaires, des lycéens et des collégiens de la municipalité candidats aux différents examens de fin d’année, pour gérer au mieux leur stress et se mettre en situation de gagnant, le spécialiste estime que le gardien des Verts et son coéquipier, le stoppeur Rafik Halliche, qu’il a approchés, sont des compétiteurs capables de jouer dans n’importe quel club du monde.Pour lui, il ne fait aucun doute que le mental des joueurs de l’EN peut être hissé à un haut niveau.

Le Soir d’Algérie : Docteur faites-vous connaître aux lecteurs.

Le Dr Arfi Djaffar : Je m’appelle Arfi Djaffar, docteur et chercheur en neuro-programmation. Je suis membre du centre de recherches de l’Université de Carolina (USA). Je suis également membre de l’Académie arabo-américaine des ressources humaines et du centre canadien de neuro-programmation.

Pourquoi, selon vous, les sportifs des équipes algériennes de performance ne résistent pas à la pression de la haute compétition et ne maîtrisent pas leurs nerfs durant les rencontres sportives ?

Il y a des choses qu’on peut travailler si l’on prend n’importe quelle équipe de football, même s’il s’agit de l’équipe nationale. Si l’on veut effectivement gérer convenablement le mental, je ne parle pas du technique, il faut revenir à l’âge de zéro à sept ans du compétiteur. On élabore alors un dossier et une graphologie de chaque joueur afin de connaître ses points forts et ses points faibles. En dehors d’une analyse rigoureuse au cas par cas, nous aurons donc des joueurs de jugement. On dira alors que tel joueur est bon et tel autre l’est moins parce qu’il a commis une faute. Dans ce cas, nous nous basons uniquement sur la faute. La gestion du comportement individuel est occultée. Les grands clubs comme Barcelone travaillent à partir de la tranche d’âge de zéro à sept ans. C’est durant cette étape que l’on met en lumière les erreurs des joueurs. Un programmeur corrige sous hypnose ces erreurs. Le joueur devient ainsi plus fort. Observez les joueurs de l’équipe nationale issus des centres de formation européens, vous remarquerez que leur comportement est nettement meilleur.

Justement, parlons du cas de Chaouchi qui n’est pas issu d’un centre de formation… ?

J’ai eu une discussion en aparté avec lui. C’est un élément qui peut faire des merveilles avec l’équipe nationale. On peut procéder, avec le concours d’un chercheur en neuro-programmation, à une simple correction avec ce joueur. On le refera descendre, sous hypnose, à l’âge de zéro à sept ans pour effacer d’éventuelles erreurs. Résultat : on aura un Chaouchi professionnel. Cela ne durera pas plus de trois jours. Par ailleurs, j’ai lu dans la presse que d’anciens gardiens de but parlent de ce joueur et jugent ses capacités techniques. Mais leurs erreurs sont plus graves que celles commises par celui dont ils parlent. Je suis désolé de le dire, mais ils n’ont pas les qualités professionnelles (scientifiques ndlr) requises pour le faire.

La sanction qui lui a été infligée – mise à l’écart momentanément de l’EN – est-elle, selon vous, une erreur ?

C’est trop fort pour un joueur comme lui. Il faut lui donner du temps. On peut travailler avec lui pour le récupérer. N’oublions pas que des meilleurs joueurs mondiaux comme Beckenbauer, Kevin Keegan et Van Der Sar ont commis des erreurs durant leur carrière. Chaouchi est venu d’une petite ville (Bordj-Ménaiel, ndlr) et il joue avec Antar Yahia qui est professionnel en Allemagne. Deux canaux complètement différents. Je suis sûr, et j’engage ma parole, que s’ils veulent récupérer un joueur comme lui, trois jours seulement suffisent pour le remettre sur le droit chemin.

Avez-vous posé le problème au staff de l’équipe nationale ?

Je n’ai pas eu l’occasion.

Avez-vous posé le problème indirectement par d’autres canaux ?

Sincèrement, on veut poser un problème de recherche avec chaque joueur de l’EN. Si chaque semaine on dit que tel ou tel joueur est mauvais, on n’ira pas loin. Pour revenir au cas de Chaouchi, il a fait partie de la grande équipe d’Algérie qui a joué au Soudan. Contre la Côte d’Ivoire, il a été excellent. Durant les 20 premières minutes de la demi-finale contre l’Egypte, il a été sublime. Des erreurs existent mais elles sont moindres au niveau des joueurs. C’est au niveau de l’encadrement de la préparation psychologique, je l’affirme, que le problème se pose.

Précisément, d’après vous, le travail psychologique se fait-il au niveau de la sélection ?

Sincèrement, je ne le sais pas. J’imagine que oui et je pense néanmoins qu’il est insuffisant. Si on a eu des pertes sur Lemouchia et Chaouchi, et on pourrait éventuellement en avoir à l’avenir sur d’autres joueurs, cela veut dire tout simplement que ce travail n’est pas fait. L’encadrement de la préparation psychologique doit être près des joueurs. En effet, quand des joueurs de cette équipe lisent, avec tous mes respects aux journalistes, à la Une de certains journaux que la venue de Lacen imposera la sortie de Saïfi ou de Mansouri, on ne mesure pas le préjudice mental que causent ces manchettes. Mais les supporters et les journalistes doivent savoir qu’une équipe nationale qui va disputer une Coupe du monde mobilise 40 joueurs et plus. Il faut faire évoluer le mental des joueurs, des supporters et des journalistes.

Les observateurs ont constaté que durant les cinq dernières minutes de la rencontre de handball de la demi-finale de la Coupe d’Afrique entre l’Algérie et l’Egypte, les Verts ont quelque peu flanché. Quelles en sont la ou les raisons, selon vous ?

Il y a eu effectivement un dysfonctionnement. Comment appréhende- t-on le travail psychologique en Afrique du Nord ? On ramène un psychologue pour travailler sur un groupe. Il faut revenir au travail du spécialiste par dossier, c'est-à-dire de zéro à 7 ans, de 7 à 14 ans et de 14 ans à 22 ans. Il ne faut pas travailler uniquement sur les erreurs conjoncturelles des joueurs mais sur leur parcours. Je suis sidéré par le fait qu’un joueur (Chaouchi, ndlr) demande pardon au peuple pour une faute qu’il a commise. Ce n’est pas à lui de décider. C’est le rôle d’un psychologue fort de tracer une stratégie de communication à ce sujet. Lisez les déclarations de Ghezzal et Antar Yahia. Elles sont très ajustées. Parce qu’il y avait un travail psychologique de fond qui s’est préalablement fait. Je réitère mes dires, l’équipe nationale est sur la bonne trajectoire. Il y a un bon travail de management et technique qui se fait. Il reste, cependant, le volet psychologique à améliorer. Il y a, je pense, des chercheurs qui peuvent réaliser de façon bénévole ce travail. L’Algérie a les moyens d’accomplir un très bon parcours à la prochaine Coupe du monde, notamment si une bonne approche psychologique en direction des joueurs est mise en exécution et c’est, précisément, le bon moment.

Est-ce que c’est en tant que chercheur que vous lancez cet appel ?

En tant que neuro-programmeur et chercheur à l’Université de Carolina (USA) je dis aux membres du staff de l’équipe nationale : SVP récupérez Chaouchi, c’est un élément qui peut faire beaucoup dans le futur. C’est vrai qu’il est jeune et qu’il faut le rappeler à l’ordre lorsqu’il a fauté mais il est nécessaire, en même temps, de mettre un neuro-programmeur pour travailler à ses côtés. Pour rappel, la neuro-programmation est entrée dans les milieux de la compétition à Barcelone. Les joueurs de Barcelone entrent au stade en ayant à l’esprit qu’ils ont perdu par un but à zéro. Ils débutent les matchs non pas pour inscrire un but mais pour égaliser. Ils sont mis en condition.

On peut faire beaucoup de choses, en la matière au sein de notre équipe nationale. L’Algérien a, en général, l’esprit de guerrier. Notre pays a également une forte composante en ressources humaines. Quand on prend les 22 joueurs pour travailler avec un neuro-programmeur afin de leur apprendre comment fonctionnent leurs cerveaux et lorsque Halliche ou Bougherra sauront que leur gardien de but doit nécessairement avoir trois touches de balle consécutives dans les cinq premières minutes pour s’intégrer totalement dans le match, on aura des joueurs qui seront en mesure de gérer leur stress et, par conséquent, certains de leur force collective et individuelle.

Par Abachi L. Le soir

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