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Voir la version complète : France : 100 000 manifestants contre le CPE


Adhrhar
07/02/2006, 16h51
Salariés, lycéens, étudiants et syndicats ont défilé mardi pour exiger le retrait du contrat première embauche, alors que le dispositif est examiné à l'Assemblée nationale. Les manifestations, jeunes en tête, ont débuté dans la matinée à Bordeaux, Marseille, Toulouse, à l'appel des syndicats de salariés et des mouvements de jeunes, avec un seul mot d'ordre : «Retrait du CPE !». Au total, près de 150 défilés sont prévus tout au long de la journée, dans les villes universitaires.

Patronat et syndicats, même combat

Les syndicats marchaient au coude à coude dans la manifestation parisienne. Pour Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, « le CPE est dangereux pour tous mais surtout, pour nous éducateurs, il n'est pas admissible qu'on traite ainsi les jeunes que nous formons. Le CPE, c'est le sas de précarité obligatoire pour tous». Précarité soulignée aussi par Bruno Juillard, président de l'Unef: «le CPE ne créera pas d'emplois mais généralisera la précarité pour tous les moins de 26 ans. La précarité et la flexibilité ne feront pas reculer le chômage».

Même son de cloche du coté du patronat. Mardi matin, lors d'une rencontre avec la presse organisée par l'Association des journalistes de l'information sociale, le Medef a exprimé ses « réserves » face au CPE craignant qu'il ne se «retourne contre les jeunes eux-mêmes» en les «dévalorisant». Ainsi Laurence Parisot, présidente du Medef a déclaré qu’ « il faut traiter chaque personne de manière identique», sinon « il y a un risque de dévalorisation, de déclassification des jeunes»

Des manifestations

· A Paris : Selon la CGT, 45 000 personnes ont participé à la manifestation contre seulement 13 000 pour la police. Le cortège doit se rendre de la place de la Bastille au carrefour Richelieu-Drouot, via République. Bernard Thibault (CGT), Bruno Julliard (Unef), Jean-Claude Mailly (FO), Karlk Stoeckler (UNL), François Chérèque (CFDT), Jacques Voisin (CFTC), Gérard Aschieri (FSU), Alain Olive (Unsa), et Annick Coupé (Solidaires) marchaient en première ligne. « Nous voulons que le gouvernement revienne à plus de raison et ne cherche pas à imposer une mesure qui n'est pas soutenue par la population. Nous sommes contre le CPE comme la majorité des Français. En quinze jours, on a vu une inversion de l'opinion publique qui perçoit aujourd'hui majoritairement que le CPE va accroître la précarité, contrairement à ce que dit le Premier ministre qui persiste à parler de progrès social. » a expliqué Bernard Thibault. Pour FO, « le CPE représente une discrimination par rapport à l'âge ». Pour François Chérèque, la mobilisation n’a pas créé de « raz-de-marée » à cause des vacances scolaires, c’est pourquoi « il faut encore expliquer ce projet néfaste pour qu'il soit retiré. »

Derrière le carré de tête, les étudiants et lycéens en grand nombre donnent une tonalité colorée et vivante au cortège. Parmi les premières organisations représentées, on pouvait reconnaître l'UNEF, avec des pancartes proclamant «CNE-CPE, emplois précaires, on ne se laissera pas faire», ou «CPE une insulte à la jeunesse». Une trentaine de stagiaires défilaient sous leur désormais traditionnel masque blanc. Ils tenaient des cannes à pêche auxquelles étaient suspendues des carottes, et portaient dans des dossards avec l'inscription «un CDI parce que je le vaux bien, un stage parce que je ne vaux rien». Les jeunes Verts scandaient : «Nous ne sommes pas de la chair à patron, c'est le retrait que nous voulons !» et «C comme chômage, P comme précarité, E comme exclusion ! Non, non, non au CPE !»

· A Marseille : de 4.000 personnes, selon la police, à 10.000, selon la CFDT ont défilé en fin de matinée, du Vieux Port jusqu'à la préfecture. Selon la fédération lycéenne FIDL, 1.500 lycéens de la région marseillaise environ sont mobilisés. «Si les lycéens ne sont pas plus nombreux, c'est parce que c'est un jour de bac blanc, aujourd'hui nous disons non à la précarité, non au CPE et oui à l'avenir». Des représentants de la SNCM (Société nationale Corse-Méditerranée) en cours de privatisation étaient également présents.

· A Toulouse : environ 8 000 personnes, selon un comptage de la police, et 15.000 personnes ont défilé dans la ville rose. Aux cris de «La jeunesse motivée, de Villepin tu vas virer» ou «A ceux qui veulent précariser la jeunesse, les jeunes répondent: « Résistance».

· A Rennes : environ 8 500 personnes selon la police, plus de 10.000 selon les syndicats ont manifesté. «Leurs droits avancent, nos droits reculent», «Non à la précarité», «CPE= Chômage, précarité, exclusion» proclamaient d'autres banderoles. Une étudiante arborait un panneau «Jeune fille, 20 ans, cherche homme riche pour pallier sa précarité». Par ailleurs, environ 200 étudiants occupaient la chambre des métiers pour demander le retrait du CPE et du CNE et dénoncer la baisse des postes dans la fonction publique.

· A Limoges : environ 150 étudiants ont envahi, un peu avant la fin de la manifestation, une salle de réunion du Medef, où ils se sont livrés à de légères déprédations.

· A Brest : 5 000 personnes ont manifesté selon la police, 9.000 selon la CFDT et 12.000 selon la CGT.

· A Saint Brieux : ils étaient 3 500 selon la police, et entre 8.000 et 10.000 selon les syndicats.

· A Lorient : la police a comptabilisé 3 000 manifestants contre 4.500 selon les syndicats.

· A Vannes : 2 000 ont manifesté selon la police, 2 500 selon les syndicats.

· A Tarbes: entre 3 000 personnes, selon la police, et 8 000, d'après les syndicats, ont manifesté.

· A Auch : entre 1 100 personnes, selon la police, et 1 500 d'après les syndicats, avec une importante proportion d'étudiants et de lycéens, se sont rassemblées.

Le Figaro

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