La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
0 toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
"A une passante" de Baudelaire
C'est beau, non ?
que les fans de Baudelaire se manifestenet;)!
Absente5
08/02/2006, 12h05
Ce poème en prose fait partie du recueil les petits poèmes en prose ou le spleen de paris . ILs restent dans la lignée des tableaux parisiens présents dans les fleurs du mal. ainsi, ça ressemble beaucoup aux fleurs du mal, mais ça n'est pas les fleurs.
le receuil petit poème en prose joue sur la perte de l'Idéal et le jeu du Temps, à travèrs l'allégorie de la ville moderne et de la femme.
la femme est "passante", étrangère, lointaine , exotique à l'égal de la Beauté, c'est pourquoi il faut trouver dans la modernité une nouvelle beauté, ce qui sera appelé le Beau moderne.....
Je suis fan de beaudlaire !
celui que je prefaire :
Quand le ciel bas et lourd
pese comme un couvercle
gemissant en proie aux longs ennuis
et que de l'horizon, il nous verse
un jour plus triste que les nuits
etc....
je me rappelle plus !
Absente5
08/02/2006, 13h57
na, le paradis artificiel est l'idéal vain trouvé dans l'ivresse et la drogue...le paradis artificiel n'est pas le beau morderne....
Maître, il est beau ton Vers ; ciseleur sans pareil,
Tu nous charmes toujours par ta grâce nouvelle,
Parnassien enchanteur du pays du soleil,
Notre langue frémit sous ta lyre si belle.
Les Classiques sont morts ; le voici le réveil ;
Grand Régénérateur, sous ta pure et vaste aile
Toute une ère est groupée. En ton vers de vermeil
Nous buvons ce poison doux qui nous ensorcelle.
Verlaine, Mallarmé sur ta trace ont suivi.
O Maître tu n'es plus mais tu vas vivre encore,
Tu vivras dans un jour pleinement assouvi.
Du Passé, maintenant, ton siècle ouvre un chemin
Où renaîtront les fleurs, perles de ton déclin.
Voilà la Nuit finie à l'éveil de l'Aurore.
Emile Nelligan
Absente5
08/02/2006, 14h41
Nelligan grand poète québecois
Thirga.ounevdhou
08/02/2006, 15h37
J'aime celui-ci: "Le goût du néant"
[...]
Le Printemps adorable a perdu son odeur !
Et le Temps m'engloutit minute par minute,
Comme la neige immense un corps pris de roideur ;
Je contemple d'en haut le globe en sa rondeur
Et je n'y cherche plus l'abri d'une cahute.
Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute ?
Le goût du néant (Recueil : Les fleurs du mal)
Absente5
08/02/2006, 17h55
il n'y apas d'age de recomandation, il suffit juste d'être sensible....
Absente5
08/02/2006, 18h08
Hystérique , mon dieu...........
Déjà, un tu parles à une femme, et deux une femme littéraire!!!!!!!!
hystérique pou baudelaire !!!!
sensibilité de l'art et de l'imaginaire, de la création....
Merci Alya pour la précision, frachement je ne le savais pas..:razz:
Absente5
08/02/2006, 18h31
;)
artaud, allah allah...
je préfère Nerval à Baudelaire, Nerval est encore plus pris dans as pathologie de malade et de fou, un vrai régal
Absente5
08/02/2006, 18h42
allah, quel plaisir de rencontrer un nervalien :redface: j'en suis toute émue
Absente5
08/02/2006, 18h47
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaalalalala,
Celui que j'aime, je me permet de le poster.
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
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