PDA

Voir la version complète : Quand Gorillaz s’immisce dans la campagne


lilha
18/03/2010, 11h11
Si vous habitez à Paris, vous avez peut-être aperçu cette affiche: Murdoc, le chanteur bassiste du groupe anglais virtuel Gorillaz, dans une mise en scène ressemblant étrangement à l’affiche de Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle de 2007. A la place du fameux «Ensemble, tout devient possible», l’affiche de promotion de Gorillaz détourne deux slogans célèbres du président: «Ensemble, glander plus pour gagner plus», avec les mentions «votez murdoc» et «génération gorillaz».

Une campagne de publicité originale plutôt drôle pour la sortie du dernier album du groupe, Plastic Beach, qui semble avoir été conçue spécialement pour profiter de la campagne des élections régionales, dans la lignée de l’univers délirant inventé par Damon Albarn et Jamie Hewlett. Et une belle preuve de créativité de la part des publicitaires… sauf que plusieurs affiches ont été placardées sur les panneaux officiels de la campagne des régionales, par-dessus celles des candidats. Et c’est là que cela se complique pour le groupe et sa maison de disque.

Car si l’affichage commercial sur des panneaux électoraux n’est pas réprimé par le code électoral, l’article 17 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse punit d’une amende d’un montant maximum de 450 euros le fait de recouvrir ou de rendre illisibles des affiches apposées par ordre de l’administration dans les emplacement réservés à cet effet.

A première vue, le montant de l’amende n’est pas de nature à inquiéter le géant de l’industrie qu’est EMI France, la maison de disque de Gorillaz. Sauf que chaque infraction constatée peu donner lieu à une amende. Contacté par Slate, EMI France n’a pas souhaité communiquer autour de cette campagne.

Impossible donc de savoir si les affiches ont été posées de manière ponctuelle (nous en avons vu sur trois groupes de panneaux électoraux différents dans le XVIIIe arrondissement de Paris, Boulevard de Clichy, Boulevard de Rochechouart et Boulevard Barbès), ou si la campagne d’affichage sauvage était plus généralisée. Malgré tout, après un petit sondage effectué sur notre compte Twitter, une dizaine de lecteurs ont indiqué les avoir aperçues à ces mêmes emplacements.

Nos amis rockeurs sont donc a priori passibles d’une poignée d’amendes de 450 euros. Amende qu’ils ont peu de chance d’avoir à payer dans la pratique, à moins qu’un candidat lésé (les photos prises montrent des affiches de Jean-Paul Huchon et du FN recouvertes) ou que la ville de Paris ne décide de porter plainte.

Au final, un petit coup de pub certes illégal, mais dont le risque réel semble avoir été calculé. Reste à savoir combien de votes Murdoc a récoltés au premier tour.

yahoo news


http://nsa15.casimages.com/img/2010/03/18/10031812120074027.jpg (http://www.casimages.com)

Cookies