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Voir la version complète : Auteur de séquestration d’une jeune fille : Un charlatan à la barre


RoboCop
20/03/2010, 07h23
Cet apprenti sorcier a fait subir à cette jeune fille les pires sévices.

La mine revêche, M. Mabrouk, âgé de 24 ans, s’avance à la barre d’un pas allègre. Son regard fuyant balaie furtivement le public présent dans la salle d’audience de la cour d’appel d’Oran, ce matin du 2 mars. Une balafre en forme de virgule sur sa joue, accentue son air sinistre. Il semble très à l’aise dans sa veste de sport de couleur sang et ne donne nullement l’impression d’avoir des remords. L’arrêt de renvoi fait état de l’enlèvement d’une mineure et de sévices qu’il lui a fait subir au cours du mois de décembre dernier. L’adolescente, S. Chahrazade, âgée à peine de 16 ans, a été apostrophée par le prévenu à sa descente d’un bus au niveau de la station terminus d’Es Sénia. Elle venait de la localité de Chteïbo où elle était au chevet d’une parente souffrante. M. Mabrouk lui a emboîté le pas et l’a rattrapée dans une venelle déserte.
Il a brandi un coutelas et lui a intimé l’ordre de le suivre jusqu’à son domicile, situé à quelques pas de la station d’autocar. La jeune fille a été séquestrée pendant dix jours. Son ravisseur, un charlatan en fait, convaincu dur comme fer de jouir de certains pouvoirs divins, lui a fait subir les pires sévices et ce, devant son épouse et ses deux enfants avec la complicité d’un imam de parodie. Durant sa séquestration, l’adolescente a été brûlée avec des bâtonnets d’encens et a servi de cobaye aux pratiques de magie noire. Elle a finalement profité d’un moment d’inattention de ses ravisseurs pour prendre la fuite en parvenant à briser les vitres de la chambre où elle était enfermée.
« Elle était possédée par un djinn et mon intention était de la délivrer ! C’est elle qui a sollicité mes services. C’était pour son bien », déclare M. Mabrouk avec une inflexion de nervosité dans sa voix nasillarde. « Comment expliquer-vous les brûlures sur les bras de la victime ? », rétorque le président d’un ton sec. « C’était de l’encens Monsieur le juge ! Je l’applique sur les bras tout en récitant des versets du Saint Coran, et je délivre ainsi toute personne possédée par un djinn », glapit l’accusé. Les membres de la cour d’appel ne purent s’empêcher de rire. Embarrassé, M. Mabrouk s’ébroua comme un cheval impatient, pour se donner de l’allure vraisemblablement. Son défenseur plaide le bénéfice des circonstances atténuantes sans convaincre.
Le représentant du ministère public a requis l’aggravation de la peine initiale. Notons qu’en première instance, l’accusé a été condamné à une année de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Es Sénia. Au terme des délibérations, la cour d’appel a confirmé la peine prononcée à l’encontre de M. Mabrouk à l’issue de son premier procès. La présence de la victime, absente à cette audience, aurait certainement contribué à donner d’autres éclaircissements sur les extravagances de cet apprenti sorcier, qu’est ce prévenu, et qui est beaucoup plus à plaindre qu’à blâmer.

Par Rachid Boutlélis. (El Watan).

Zakia
20/03/2010, 08h02
Quand est-ce que les chroniqueurs judiciaires algériens comprendront enfin qu'on ne fait pas un compte rendu en la matière sur le ton narratif en usant d'envolées lyriques??? :rolleyes:

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