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Voir la version complète : Ouverture du G8 Finance à Moscou


morjane
10/02/2006, 18h32
Le G8 rassemble l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l' Italie, le Japon ainsi que Paul Wolfowitz et Rodrigo Rato respectivement representant la BM et le FMI.
Au coeur du débat sera abordé le thème des ressources énergétiques et tout particulièrement la sécurité et l'approvisionnement de ces énergies. La "guerre "du gaz Kiev -Moscou résonnant encore dans les oreilles des européens.

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La Russie va se retrouver sous pression pour assouplir sa politique gazière lors d'une réunion des pays riches du G8 qui s'ouvre ce vendredi à Moscou pour deux jours et est placée sous le signe de la sécurité de l'approvisionnement en énergie.

C'est la Russie qui a choisi de faire de ce thème une priorité de son année de présidence du forum des pays les plus riches du monde, et cela risque de se retourner contre elle lors de cette première réunion.

Les Européens devraient en effet demander des avancées concrètes à la Russie, premier exportateur mondial de gaz et deuxième de pétrole, pour assurer la fiabilité de leurs livraisons énergétiques.

Les Occidentaux souhaiteraient notamment que le géant semi-étatique Gazprom donne accès à ses gazoducs aux producteurs indépendants en Russie et en Asie centrale, au moment où il veut investir aussi la distribution sur les marchés européens.

"L'Europe devient de plus en plus dépendante des importations de pétrole et de gaz de régions incertaines géopolitiquement", a souligné José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, dans un discours jeudi aux Etats-Unis.

Alors que l'UE considérait jusqu'ici les livraisons d'énergie du Proche Orient comme les plus à risques, c'est la fiabilité des livraisons gaz russe qui sont au coeur des inquiétudes cette année après un conflit avec l'Ukraine et une vague exceptionnelle de froid qui a créé un déficit de gaz russe en Europe.

La journée de vendredi devait être consacrée à des rencontres bilatérales entre les ministres des Finances conviés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon), ainsi qu'avec les dirigeants de la Banque mondiale et du FMI, Paul Wolfowitz et Rodrigo Rato.

Les choses sérieuses sont programmées samedi avec un petit déjeuner de travail consacré aux négociations en cours à l'OMC sur la libéralisation du commerce mondial avec la participation des ministres des Finances de la Chine, de l'Inde, du Brésil et de l'Afrique du Sud.

Les responsables du G8 examineront ensuite en comité plus restreint l'économie mondiale, le marché pétrolier, l'approvisionnement en énergie, et l'annulation de la dette des pays très pauvres.

La Russie est prête à faire un geste et effacer 688 millions de dollars de la dette de 16 pays pauvres, a indiqué M. Koudrine.

Mais il cherchera aussi à convaincre ses partenaires du Club de Paris d'accepter un remboursement anticipé de la dette russe de 11 à 12 milliards de dollars.

Les ministres doivent également aborder la lutte contre les maladies infectieuses, avec en toile de fond la propagation de la grippe aviaire.

En revanche, les questions financières et monétaires seront largement laissées de côté puisque les banquiers centraux n'ont pas fait le déplacement à Moscou.

Ces questions ont fait l'objet d'une réunion séparée du seul G7 au niveau des secrétaires d'Etat aux Finances jeudi à Londres, à laquelle la Russie n'a donc pas été invitée, a dit à l'AFP un membre d'une délégation du G7 sous le couvert de l'anonymat.

Le Kremlin voit sa présidence russe du G8 cette année comme une étape de son retour au sein des grandes puissances mondiales et cherche à obtenir une participation complète à toutes les réunions, y compris financières.

Mais outre le poids économique encore relatif de la Russie, de nombreuses voix occidentales remettent en cause la place de Moscou au sein du club des plus riches démocraties de la planète, au moment où elle connaît une dérive autoritaire et est accusée par certains d'utiliser l'arme énergétique pour faire pression sur ses voisins.

Par AFP

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