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morjane
24/03/2010, 15h04
Batailles du 6 janvier et 5 mars 1959 à Aït Yahia Moussa

Pour celle du 6 janvier 1959 à Bougarfène, près d'Ighil El-Vir, on parle de plus de 385 morts côté moudjahidine et des pertes très lourdes côté troupes françaises, dont deux officiers, le lieutenant Grazziani, un ancien parachutiste d'Indochine, et le capitaine Chassin, tous deux capturés vivants puis exécutés à Boumahni, dit-on, après que les forces coloniales eurent utilisé des méthodes barbares.

Un citoyen répondant au nom de Belkai Mouloud, âgé de 89 ans, se disant avoir vécu personnellement cette action, donne une autre version des faits :

“La bataille du 6 janvier 1959 s'est déroulée sur le terrain de mes aïeux, situé en face d'Iaâllalen et d'Ighil El-Vir. En contrebas de mon village natal, a été créée par l'administration coloniale une SAS où ont été tués le capitaine Chassin et le lieutenant Graziani. La katiba des djounoud de l'ALN, venant de Sidi Ali Bounab pour rejoindre l'Akfadou, avait choisi de traverser par Tizra Aïssa près d'Iaâllalen.

Des mouchards avaient signalé à ladite SAS la présence de la katiba de moudjahidine. Ces derniers (moins d’une trentaine, d’après les dires de ce moudjahed) furent alors encerclés à Bougarfène. Se défendant avec bravoure, les éléments de l’ALN ont réussi presque à pénétrer dans la base de l'ennemi, et c'est là que les deux officiers français furent tués. Continuant sa pression sur l'ennemi, la katiba allait s'emparer totalement de la base française, n'était l'arrivée des renforts appuyés par des blindés et des GMC venant de Maâmar.

Ce qui a poussé la katiba de l'ALN à se replier et à reprendre sa route. L'aviation française est intervenue en bombardant sans répit, et c'était elle qui fut à l’origine de la mort de quelques moudjahidine”, affirme ce témoin, indiquant avoir fait déjà cette déclaration le 5 janvier 1989 au carré des Martyrs d'Ighil El-Vir devant des officiers de l'ANP, du chef de daïra de Draâ El-Mizan d’alors et en présence de la presse.

En cette occasion, il n’avait pas manqué d’évoquer “en leur présence, des usurpateurs de l'histoire et des personnes invitées uniquement pour meubler le décor.”

Contestant le nombre effarant de 385 morts avancé par des intervenants, M. Belkaï Mouloud indique que les quatre bases militaires françaises installées alors dans la région ne comptaient pas, dans leur globalité, autant de personnes, alors que la katibat de moudjahidine renfermait moins de 30 djounoud.

“Si nous avions ce jour-là autant de moudjahidine, nous aurions rasé les quatre bases militaires françaises, avant même l’arrivée de leurs renforts en blindés et en avions”, ajoute ce témoin, convaincu. “Où sont-ils enterrés ces 385 martyrs ? Creusez où vous voulez, je vous assure que vous ne déterreriez pas un os sur tout le site de l’action dont la durée n’a pas dépassé une nuit”, affirme l’intéressé, se disant qu'il irait même voir le responsable des anciens moudjahidine et le ministre pour dénoncer tous ces “propos fallacieux qui portent atteinte à notre révolution”.

Concernant l'autre bataille dite du 5 mars 1959 à Tachtiouine (voir notre article du 9 mars 2010), M. Belkaï rapporte que celle-ci n’est qu’un “vacarme”. “Le 5 mars 1959, ajoute-t-il, quatre martyrs (agents de liaison), de passage pour rejoindre l'Akfadou, sont tombés au champ d'honneur et sont actuellement enterrés dans mon propre terrain. Ces tombes existent à ce jour. Ces fraudeurs de l'histoire, qui ajoutent que 36 sont des maquisards et plusieurs blessés, dont trois graves, qu'ils n'avaient été enterrés qu'après quelques jours, demandent de l'aide à l'État algérien, 48 ans après l'indépendance, pour ériger une stèle commémorative, parce que la région d’Ouled Yahia Moussa englobe 700 martyrs.

Faux ! En 1959, cette commune n'existait pas. Elle était représentée par la SAS uniquement. En 1959, elle a eu le statut d'antenne de la commune mixte de Draâ El-Mizan : des preuves existent et je suis prêt à y apporter toutes les précisions.”

Par Liberté

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