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absente
14/02/2006, 09h03
Français, cessez d'avoir peur ! Arrêtez de vous torturer, travaillez ! Le discours de l'élite étudiante étrangère qui fréquente les plus prestigieuses écoles et universités parisiennes est étonnamment positif sur l'état de la société française, son économie, ses institutions. Loin des thèses sur un déclin inéluctable, ces étudiants dressent un portrait optimiste d'un pays plein de ressources.


Pour ces étrangers inscrits à l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP-EAP), à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), l'Ecole normale supérieure (ENS), l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) ou à la Sorbonne, la France n'est pas en déclin, mais à sa place, puissance moyenne dans un monde qui change très vite.

"Les Français jouent à se faire peur. Vous êtes capables de vous convaincre que tout va mal, en oubliant vos points forts", résume Martial Ongono, Camerounais de 34 ans, qui prépare un master of public affairs à Sciences Po.

Venus en France par intérêt pour sa culture, mais aussi pour la réputation de ses formations, ces étudiants s'avouent estomaqués par les réflexes d'autodénigrement. "Qu'est-ce que vous êtes durs sur vous-mêmes !, s'exclame Mike Fakih, Libanais de 33 ans, étudiant à Sciences Po après un master dans une université américaine. Je voyage beaucoup et je vois Renault, Total, Airbus partout dans le monde. Et, ici, j'écoute des médias et des élites qui disent que tout va mal."

Paradoxalement, cette avant-garde de la mondialisation, qui ne cache pas son approche libérale, est fascinée par la force du corps social français. C'est Sebastian Sibler, Allemand décontracté de 27 ans, déjà patron de son entreprise familiale de dix salariés, passé par les campus de l'ESCP à Oxford, Madrid et Berlin, qui le dit le mieux : "La France a une énergie sociale extraordinaire. D'un point de vue culturel ou identitaire, il vous reste une capacité de mobilisation sans égale. On peut voir ça négativement, en se moquant des grèves. Mais, ne vous trompez pas, c'est une force : les Français continuent de penser collectif et ça, ça n'a pas de prix."

Avec le recul, l'épisode du non au référendum sur la Constitution européenne en mai 2005 est jugé favorablement par ces étudiants. "Tant que la France maintient sa tradition critique, tant qu'elle est capable de réfléchir, cela veut dire qu'elle peut garder sa place", juge Olga Nikitina, Russe de 29 ans, post-doctorante à l'Ecole normale supérieure. Les élites ne sont pas suivies par la population, certes, mais est-ce si grave ? "Les Français ne se laissent pas guider. Ils résistent, disent "non". C'est un problème pour les élites, c'est sûr, mais pas pour le pays", ajoute Olga Nikitina.

Les mêmes étudiants sont, évidemment, intarissables sur les aberrations de la société française vécues depuis leur arrivée. Une thèse soutenue un an auparavant et le diplôme qui n'est toujours pas arrivé. Une mutuelle incapable de savoir si elle vous a bien enregistré. Une administration tatillonne pour les questions d'immigration. Le signe, au final, d'une société restée procédurière, attachée à l'écrit, façonnée par son administration, alors que la planète tourne toujours plus vite.

Après quelques mois ou quelques années à Paris, ils s'étonnent de constater combien les hiérarchies pèsent et structurent la vie en société. Brian Carrero, Américain de 23 ans, en MBA à l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP-EAP) : "La rhétorique égalitaire est forte. Mais les hiérarchies sont très marquées. J'ai fait un stage dans une grande entreprise : en deux mois, je n'ai jamais vu le directeur de mon unité. Comme s'il existait des frontières invisibles." D'autres le perçoivent avec étonnement à travers le langage, l'habillement, l'habitat.

Le constat vaut aussi pour la diversité ethnique. Paris ressemble à New York, disent ces étudiants voyageurs. Mais avec une ségrégation qu'ils n'imaginaient pas, qui ne correspond pas, en tout cas, à l'image internationale du pays. Yasuyuki Takakura, Japonais de 32 ans, qui termine une thèse sur Flaubert à l'université Paris-VIII, réside à la Cité internationale, dans le 14e arrondissement. "Je n'en reviens pas de voir que les femmes de ménage sont noires tandis que les postes plus importants sont occupés par des Blancs." Le jeune homme sourit en évoquant le métro parisien, comme raccourci de la société : "Je prends la ligne 13 et je vois les passagers changer en fonction des quartiers. C'est la preuve, quotidienne, que vous ne vous mélangez pas."
Evidemment marqués par la crise des banlieues, en novembre 2005, ils s'inquiètent de la capacité de la France à intégrer ses immigrés. Le défi majeur, relèvent-ils sans surprise. Mais avec un discours qui ne serait pas politiquement correct à l'échelle nationale : "Ce n'est pas parce que l'extrême droite a récupéré ce thème qu'il faut l'éviter. Ce n'est pas possible d'accueillir tous les immigrés du monde et décider ensuite de les entasser dans des ghettos", indique Bernal Bordallo, Espagnol de 23 ans, étudiant à l'ESCP.

Cette carence révèle la difficulté du pays à mettre en oeuvre les principes qu'il promeut généreusement. Federico Rostran Chavez, Nicaraguayen de 29 ans, passé par une université américaine, aujourd'hui à Sciences Po, est cinglant : "En théorie, vous appliquez le droit du sol. Dans la réalité, ce n'est pas vrai : quelqu'un né en France, qui ne connaît que ce pays, reste considéré comme un étranger parce qu'il est noir ou arabe."

Réduire les flux, donc, pour faciliter l'intégration de ceux déjà arrivés, choisir le profil des immigrés, aussi, pour ne pas se priver des talents internationaux, affirment ces immigrants temporaires. Pour maintenir son rang, la France ne pourra pas, de toute façon, rester dans son confort actuel, estiment-ils.

Il faudra bien réformer quelques institutions vieillissantes, revoir quelques-unes des priorités du pays. Et travailler plus. Beaucoup plus que ces 35 heures d'"un autre siècle", jugées incongrues dans la jungle de la compétition internationale.

Luc Bronner
Article paru dans l'édition du 14.02.06 LE Monde

menara
14/02/2006, 15h45
Français, cessez d'avoir peur ! Arrêtez de vous torturer, travaillez ! Le discours de l'élite étudiante étrangère qui fréquente les plus prestigieuses écoles et universités parisiennes est étonnamment positif sur l'état de la société française, son économie, ses institutions. Loin des thèses sur un déclin inéluctable, ces étudiants dressent un portrait optimiste d'un pays plein de ressources.

Oui les français ont cette façon de tout dramatiser est d'exagérer pour tirer les sonnettes d'alarmes.

Johndoe54
17/02/2006, 09h40
Question: Est ce que le fait de dramatiser nous fait avancer ou au contrère... il nous fait reculer ?

absente
17/02/2006, 10h11
John,

Tout dépend de ton état d'esprit. Optimiste ou pessimiste ?

Johndoe54
17/02/2006, 10h21
ben... logiquement si on dramatise c'est qu'on est plutot pécimiste. Moi je me demande si le fait de dramatiser ne nous fait pas finalement avancer ? Si on se dit que tout va bien et qu'on se la coule douce on fou rien au final ! De même, d'un autre coté je me dis que si on se dit que tout est foutu on fait rien non plus ! Donc, je pense qui faut se dire on va vers la ***** alors faut bouger/bosser.

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