PDA

Voir la version complète : Saint Valentin, Deux chansons courtoises de Chérif Kheddam


Thirga.ounevdhou
14/02/2006, 14h25
Deux parmi les plus belles chansons de Cherif Khedam, fruit de sa douce voix, la douce Mélodie et les belles paroles :


- Di terga id yemghi lahbaq "Dans la rigole a poussé le basilic.

Je suis étonné lorsque je le surpris fané,
Etiolé avant terme.
Il reçut les dards du soleil.
S’il y avait quelque justice,
Un cœur trop ennuyé s’en serait bien réjoui.
Mais ce fut contre son gré
Qu’il quitta son ami,
Le rosier qui a su l’élever.
Ils ont poussé par la grâce de la Providence,
Associés dans la passion,
Zéphyr de pur amour.
Lorsque la brise a soufflé sur eux,
Ils inclinèrent leurs corps l’un contre l’autre ;
Le cœur des gens qui les voient s’emplit de bonheur.
Ils vécurent un temps de béatitude,
L’un prenant soin de l’autre,
Et oublièrent la trahison qui les guette.
Une main envieuse et maléfique,
Par la faucille, en vint
À séparer deux âmes sœurs.
Elle laissa le basilic languir dans la tristesse
Et voir ses feuilles blêmir
Et jaunir avant terme.
On cloîtra la Belle dans un palais,
Pour de splendeur se parer ;
Or la splendeur est dans les cœurs !
Comment pourra-t-elle vivre et se résigner ?
L’homme méprisant
L’a séparée des amis.
En jouit qui n’a pas su en prendre soin,
Et tire plaisir à la voir
Tel un oiseau privé de ses ailes.
Voici un conte que nous narrons
Et qu’il faut transmettre au maquignon
Qui vit du commerce des tripes. "




- Ruh sel itjur ma cfant "Va écouter les arbres s’ils en gardent souvenir.

Quand je me rappelle, mon cœur larmoie !
Le grand frêne est toujours là :
S’il pouvait parler, il a bien quoi raconter.
Les oiseaux sur la treille
Se mettent de la fête pour se mêler à notre joie.
Combien furent doux ces moments !
Témoigne, ô pierre, si je mens !
Le bon sens sert de fondement à la vie
C’est lui qui résout les problèmes.
S’il se montre tortueux, les lampions s’éteignent,
Tu vivras dans les ténèbres.
Si tu ne tends pas le regard vers l’avenir,
Tu seras entraîné dans le sillage des gens dupés.
Le bon sens à lui seul ne suffit pas,
À trop le suivre, on se fourvoie.
Il cherche à honorer son devoir,
Mais il a besoin de conseillers.
Il finit par arracher son dû
Sans avoir à trop peiner.
Ce qui, en lui, vaut contrariété,
C’est qu’il manque de constance.
Mon cœur est hanté par l’angoisse
Lorsque je me rappelle notre jeunesse.
Je garde en moi tout ce que tu m’as dit ;
Je le répéterais si je le pouvais.
Tu redoutais, comme si tu en étais avertie,
L’issue de notre chemin.
Dans le rêve, tu étais bien avec moi,
Au réveil, ce fut la séparation.
Comme j’aime plonger dans les souvenirs,
Même si j’en crains les retombées sur mon cœur !
Comme si j’attendais quelque chose,
Même si je sais que tout est perdu.
Je n’en ai soufflé mot à personne.
Je n’ai plus de compagnon.
Il me reste une personne à qui faire mes confidences :
Toi, qui représentes mes ailes !
La séparation ne vient ni de toi ni de moi ;
Nous n’avons rien à nous reprocher.
Si tous les gens étaient comme nous,
Jamais nous n’aurions un quelconque ennui.
Lésés, nous en perdons la parole.
C’est la loi des temps maudits !
Le jour s’achève, le soleil décline ;
Comprenez, ô gens, et souvenez-vous-en. "

Traduction : Amar Naït Messaoud

===
La Saint-Valentin et les amours contrariées

Que ce soit en Occident ou en Orient, le mythe de l’amour parfait a nourri l’imaginaire des hommes et des femmes. La communion dans l’amour- platonique ou charnel- constitue une forme, sans doute la plus achevée, de l’instinct de conservation, de la lutte pour le triomphe de la vie sur le néant. La mythologie grecque a bien introduit dans l’homme le principe de la lutte éternelle entre Éros et Thanatos (respectivement, Dieu de l’amour et Dieu de la mort).

Tous les éléments de la nature sont invoqués par les poètes pour décrire les sentiments de beauté, les palpitations du cœur, les sensations de la transe amoureuse et les élans irrépressibles de l’âme vers l’âme sœur. C’est à se demander si sans poésie tout court il n’y aurait pas l’amour.
Néanmoins, ce qui a le plus alimenté la littérature- et particulièrement le genre le plus subtil et le plus éthéré de celle-ci-, ce n’est pas tant l’amour idéal, parfait ou réalisé, mais c’est plutôt les peines des voies qui y mènent, les épines reçues en cours de route, les attentes infinies, les espoirs hypothétiques, les désillusions, les désenchantements et les séparations. En bref, c’est le ‘’non amour’’ qui nourrit l’écrit et le dit, l’imaginé et l’imagé du domaine amoureux. Il s’ensuit que les meilleures allégories lui sont consacrées, les plus subtiles métaphores lui sont destinées et les plus répandus des tropes lui sont réservés. À tel point que l’on peut se demander s’il y aurait eu toute cette floraison de billets doux, de strophes languissantes et de vers émouvants si Roméo avait convolé en justes noces avec Juliette, si Tristan et Iseult avaient achevé leur aventure, si Qaïs et Leila avaient emménagé, si le poète andalou Ibn Zeydoun avait à ses côtés Wallada, si May Ziada avait pu rejoindre Khalil Gibrane à New York, si Paul était arrivé à bon port sur l’île Maurice pour revoir Virginie.
Depuis les récits bibliques (entre autres Le Cantique des cantiques) jusqu’au best-seller américain Love Story d’Erich Segal, en passant par la poésie et les contes de Victor Hugo, Lamartine, Gérard de Nerval, Les Milles et une nuits, la poésie andalouse (Mouwachahat), les Izli de Kabylie, les vers Hawfi, les chansons de Abdelhalim Hafez, El Hasnaoui, Aït Menguellet et Matoub Lounès, l’amour est presque toujours dit et chanté dans ses contrariétés, ses contraintes, ses angoisses, ses tourments, ses aspects inaboutis et ses élans irréalisés.
La chanson kabyle a su trouver sa voie dans le juste milieu par rapport à l’héritage de la poésie marginale des Izli, où l’expression libertaire trouve son terrain de prédilection, et le moralisme ambiant de la société confinant à l’étouffement. Depuis les années cinquante, la chanson d’amour a, peu à peu, imposé sa présence sur la scène artistique. Elle eut affaire à un double défi : casser les tabous du rigorisme social tout en s’efforçant d’élever le niveau du texte de façon à susciter compréhension et adhésion du public. La thématique de l’amour sera d’autant plus enrichie que ce même rigorisme servira quelque part de moteur et de réservoir d’idées puisqu’il empêchait l’expression de l’amour.
El Hasnaoui, Taleb Rabah, Cherif Khedam, Allaoua Zerrouki et bien d’autres chanteurs annonçaient déjà les grands textes d’Aït Menguellet, de Matoub, de Si Mouh et de Ammour Abdennour.
Cherif Kheddam a écrit et chanté des dizaines de textes traitant de l’amour, des sentiments et de la beauté. Il a su allier les éléments de la nature avec les traits de la beauté féminine. Ses métaphores et ses paraboles ont su transmettre le message du cœur épris de la femme, de l’âme tourmentée par les aléas de l’attachement problématique et des relations impossibles. ‘’Ghef l’hub tsbaîdegh’’, ‘’Mannagh ak m saûgh d ldjar’’, Thin Ihadjène’’ et l’inénarrable ‘’A Lamri’’ traduit par Tahar Djaout, sont les quelques morceaux d’un florilège qui s’étend sur cinquante ans d’une carrière bien remplie.

- La dépêche de Kabylie.

elisa
14/02/2006, 18h11
Merci Thirga ! Voilà à quoi peut servir la St Valentin si on ne veut pas du commerce , on prend toutes les poèsies d amour , c est le nom du site en plus !! bonne soirée!

boubena
14/02/2006, 18h35
thanemerth a tharga!

insuf yeswen soumatha!

absente
14/02/2006, 22h24
Merci Milles fois Thirga.ounevdhou :twark: , pour les paroles de cette chanson

Ruh sel itjur ma cfant "Va écouter les arbres s’ils en gardent souvenir.

en lisant ces paroles , je comprends mieux ...........
-

zouzou ali
15/02/2006, 09h32
Merci pour ces chansons, je me suis permis d'ajouter son portrait. pour ceux ki ne le connaisse pas bien.

Cookies