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Voir la version complète : La France et l’Italie mêlent leurs atouts sur le nucléaire


gdesmon
09/04/2010, 22h07
L Usine Nouvelle Le 09 avril 2010 par Ana Lutzky

De la formation à la radioprotection en passant par la construction d’EPR, Paris et Rome iront main dans la main dans la bataille mondiale du marché nucléaire. Une alliance qui se concrétise d’abord par un projet de 4 EPR sur le sol italien.

L’axe franco-italien nucléaire prend forme. Suite logique du protocole d’accord entre la République Française et la République Italienne sur la coopération dans le secteur de l’énergie nucléaire, signé à Rome le 24 septembre 2009, une moisson d’accords a été signée dans le cadre du sommet intergouvernemental franco-italien présidé par Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, chefs d’Etat des deux pays.

Un mouvement des plus stratégique alors que l’énergie nucléaire connaît aujourd’hui un renouveau dans le monde entier. 55 réacteurs nucléaires issus de différentes technologies sont actuellement en construction dans 14 pays. Ces nouveaux moyens de production représenteront plus de 50 000 MW de capacités nucléaires supplémentaires par rapport aux capacités existantes, fait savoir EDF dans un communiqué.

Production

EDF, Enel et Ansaldo Energia (groupe Finmeccanica, et maison-mère de la société Ansaldo Nucleare) s’allient pour le développement et la construction des 4 réacteurs nucléaires de technologie EPR qu’EDF et Enel prévoient de développer en Italie. EDF et Enel auront la responsabilité complète de l’ensemble de ces projets en tant qu’investisseurs et architectes-ensembliers. Les deux groupes bénéficieront de l’expérience d’Ansaldo pour les études techniques, le design, la mise en service de systèmes nucléaires, ainsi que pour les processus de certification. D’une durée minimale de 5 ans, l’accord prévoit qu’Ansaldo Energia pourra prendre part aux processus de qualification et d’appels d’offres qui seront menés par EDF et Enel, pour la fourniture et l’installation d’équipements nucléaires. Cet accord définit ainsi le périmètre du futur développement d’Ansaldo dans le nucléaire italien. Finmeccanica s’engage en outre à appuyer Ansaldo dans le processus de qualification et le développement de ses activités par les investissements nécessaires, tant en termes de capacités industrielles de production, que de ressources humaines. Ansaldo Energia et Ansaldo Nucleare auront également la possibilité de participer aux appels d’offres qui feront suite aux processus de qualification, pour la construction et la fourniture d’équipements de projets EPR hors de l’Italie.

Areva et Ansaldo Energia, ont également signé un accord dans ce cadre : l’alliance vise là aussi non seulement le projet italien de 4 EPR, mais également de futurs projets dans le reste du monde. En jeu, une coopération dans l'ingénierie, la fourniture de certains équipements et les activités de montage et d'essais de mise en service.

Réacteurs

Outre l’accord avec Ansaldo Energia, Areva a lié partie avecTechint. Les deux entreprises visent de futurs projets nucléaires clé en main dans le monde, s’appuyant ainsi sur l’expérience et le savoir-faire de Techint dans l’ingénierie et la construction de grandes installations industrielles.

Troisième alliance pour Areva, un accord dans la formation a été signé avec le consortium interuniversitaire pour la recherche et la technologie nucléaire (CIRTEN). Ce consortium regroupe les universités de Rome La Sapienza, Pise, Padoue, Palerme, Polytechnique Milan et Polytechnique Turin. Il prévoit la contribution d’Areva pour le développement de nouvelles compétences industrielles nucléaires en Italie, à travers la mise à disposition de supports d’information et de conférenciers, de visites de sites et stages proposés aux étudiants, le développement de projets de recherche et la formation professionnelle.

Sûreté nucléaire et radioprotection

Last but not least, l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et l’Agence nationale italienne pour les nouvelles technologies, l’énergie et le développement économique durable (ENEA) vont désormais travailler ensemble sur la recherche, la sûreté nucléaire, la radioprotection et l’information du public. Elles ont signé aujourd’hui à Paris un « accord de coopération » sur la sûreté nucléaire et la radioprotection.

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