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Voir la version complète : Premières assises nationales de l’industrie organisées au Maroc


brahimaroc
10/04/2010, 11h26
ce que veulent les opérateurs
· Du concret pour l’amélioration du climat des affaires

· Offshoring: corriger les incohérences


L’évaluation d’étape du Pacte pour l’Emergence industrielle a le mérite de donner de la visibilité aux opérateurs économiques sur les différents métiers ciblés par le Maroc. Elle leur a aussi permis de livrer leurs craintes ou encore les dysfonctionnements à corriger. Les ateliers qui ont suivi la séance plénière des premières assises nationales de l’industrie -organisées à Casablanca mercredi 7 avril- ont été l’occasion pour un échange public/privé. Ce qui a permis de revenir sur des dossiers comme le score dans Doing business, un classement sur lequel se basent les investisseurs dans leur décision et dont l’amélioration devient une urgence. Hicham Naciri, président de la commission Droit à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) n’a pas manqué de «taquiner», Nizar Baraka, ministre des Affaires économiques et en charge de la Commission de l’amélioration du climat des affaires sur ce dossier. Pour lui, il n’y a plus «de tabous à entretenir. Le droit des affaires devrait coller à la réalité économique». En clair, Naciri milite pour «des actions concrètes pour l’amélioration du score dans Doing business».
Jusque-là la commission chargée de l’amélioration du climat des affaires, activée depuis quatre mois, a mis en place une stratégie et fixé les priorités. Pour cette année par exemple, elle planche sur la révision de la loi sur la SARL avec comme objectif de prolonger le processus de réduction du capital minimum légal en permettant aux investisseurs de fixer librement le montant du capital social qu’ils souhaitent apporter à leur société. La commission compte également mettre à jour la Charte de l’investissement. Ce qui permettra d’harmoniser la législation et les incitations applicables à l’investissement. Le texte proposé devra s’articuler de manière cohérente avec les politiques sectorielles et la réglementation fiscale.
Les opérateurs ont également pointés certains dysfonctionnements. C’est le cas pour les incitations dans l’offshoring. Mohamed Horani, président de la CGEM, est monté au créneau pour critiquer le traitement différencié des entreprises opérant dans les technologies de l’information selon qu’elles sont installées dans les sites dédiés ou pas. Une requête «notée» par Ahmed Reda Chami, ministre de l’Industrie.
Dans ce secteur, qui constitue la locomotive du plan Emergence, le gouvernement a mis en place une offre attractive. Il s’agit notamment de l’allégement de la pression fiscale liée à l’impôt sur le revenu (IR) qui peut atteindre jusqu’à 20%. Cette mesure s’applique sur le revenu brut imposable par individu au lieu de la masse salariale comme ce fut le cas au départ. Selon le ministère de l’Industrie, ce mécanisme a également profité à des entreprises qui ne sont pas installées dans les P2I et ce, moyennant des certificats d’éligibilité. Au total, 25 certificats ont été délivrés en 2008 et 38 en 2009.
Autre avantage accordé dans l’offshoring, l’exonération de l’IR, de la taxe de formation professionnelle et des cotisations patronales pour une durée allant de 24 à 36 mois. Au total, 22 entreprises ont été remboursées en 2009 pour un montant global de 30 millions de DH.
Dans ce secteur, un pas important est franchi avec la quarantaine d’entreprises installées à Casanearshore et Rabat Technopolis. D’ailleurs, dix-sept entreprises françaises spécialisées dans les systèmes informatiques ont choisi le Maroc. Elles représentent 47% du chiffre d’affaires des 50 entreprises françaises les plus importantes.
L’offshoring est également à l’origine de 6.000 emplois en 2009 enregistrant ainsi une augmentation de 17% par rapport à 2008. Mais l’afflux d’entreprises dans ce secteur a créé des tensions sur les salaires. Horani a d’ailleurs relevé «les risques d’une inflation des salaires sur la compétitivité du Maroc». Un constat auquel le ministre de l’Emploi, Jamal Rhmani, a apporté des éclaircissements en particulier par rapport à l’effort de formation en place. C’est le cas par exemple de forshore 3.000, un programme qui vise à requalifier 3.000 personnes sur une période de six à neuf mois dans les métiers de l’ITO. Ce qui permet de répondre aux besoins en profils qualifiés du secteur de l’offshoring.

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