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Voir la version complète : LAlgérie troquerait elle son pétrole contre du vent?


jolimelange
13/04/2010, 20h27
L’énergie éolienne, après un "déclin de plusieurs siècles, "est en train de revenir sur le devant de la scène", ont indiqué des spécialistes lors d’une rencontre organisée lundi à l’Unité de Développement de l’Energie Solaire (UDES) de Bou Ismail (Tipasa).

Avec une capacité installée de 157.000 méga watt (MW) à travers le monde, beaucoup de pays ont, de plus en plus, recours à l’utilisation de l’énergie éolienne, en particulier pour produire de l’électricité et ce pour parer, d’une part, à l’amenuisement des énergies fossiles (pétrole charbon) et, d’autre part, protéger un tant soit peu l’environnement, selon les participants à cette rencontre.

Selon ces derniers, le recours à l’éolien (qui existait déjà à l’antiquité avec les moulins à vents en Perse, en Irak et en chine avant d’arriver en Europe au moyen âge) est de plus en plus développé en particulier dans les pays européens du nord à l’image du Danemark qui l’utilise à grande échelle dans l’île de Sama qui arrive à couvrir 20% des besoins du pays en électricit.

L’Allemagne fait, aussi, partie du peloton avec une capacité installée de 24.000 MW (ce qui représente, par exemple, trois fois la consommation totale en électricité de l’Algérie), suivie par l’Espagne avec 17.000 MW et la Belgique, entre autres, qui le développe dans la région de Mons.
Les prévisions pour l’Union Européenne à l’horizon 2030, selon les experts présents à Bou Ismail, sont de produire par l’éolien 25% de la production totale d’électricité en créant 446.000 emplois.

Selon le professeur J.P.Charles de l’université de Metz (France), les prévisions mondiales sont de 250 GW (gigawatt) terrestres alors qu’elles étaient à 121 GW en 2008 (dont 4,1% pour l’Union Européenne et 20,1% pour le Danemark) et 150 GW marins.

En plus de la chine qui y a, de plus en plus, recours, Il existe, par ailleurs, a précisé le Pr. Charles, un projet Union Européenne-Moyen Orient-Afrique du Nord (UE-MENA) connu sous le nom de "Desertec" auquel participent 20 entreprises allemandes en plus de pays de l’UE qui peut créer des milliers d’emplois tout en offrant une énergie propre.
En Algérie, où il existe un potentiel éolien considérable, l’utilisation de l’énergie éolienne est au stade de balbutiement avec le lancement, au cours de cette année, de la première ferme éolienne à Adrar par l’entreprise Sonelgaz d’une capacité de 10 MW pour un montant de 30 millions d’euros.

Par ailleurs, la division énergie éolienne du CNER a, sur la base d’une convention avec le ministère de l’Energie et des mines, lancé un programme de recherche de sites ventés pour installer des fermes éoliennes et arriver à la production de 3% d’électricité à l’horizon 2015 à partir de l’énergie éolienne alors que la production actuelle est d’à peine 0,7 MW.

Cette étude, qui est en cours, a permis d’arrêter un site situé à Ras El Oued, dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, ainsi que dans la région de Tiaret considérée comme "intéressante" par les chercheurs car elle présente, selon eux, une cartographie adaptée et présente moins de risques tels que l’ensablement des turbines à gaz comme c’est le cas dans le sud du pays.

Selon le directeur du centre national de développement des énergies renouvelables (CDER), pour le plan quinquennal 2010/2014, il existe un ambitieux programme pour le développement des énergies renouvelables qui permettra de rehausser les activités de trois unités à savoir celles de Bou Ismail (UDES) pour le développement du solaire, de Ghardaïa et d’Adrar pour l’éolien.

Dans les universités, 30 laboratoires seront renforcés en équipes de recherche spécialisées en énergie éolienne et seront reliées, entre elles, par réseau ainsi qu’avec des universités de la région et pourquoi pas du pourtour méditerranéen comme prévu par le SMEE de Tipasa.
En plus du renforcement des capacités logistiques de ces unités, une formation dans la filière éolienne dans le cadre de la nouvelle école doctorante sera lancée cette année avec une spécialisation pointue telle que la régulation, le contrôle, l’aérodynamique et autre télésurveillance et stimulation… Pour réaliser ce programme, 200 chercheurs permanents seront mobilisés à Bouzaréah, Bou Ismail, Ghardaïa et Adrar en même temps que 360 chercheurs enseignants répartis entre les 30 laboratoires qui travailleront en réseaux avec la mobilisation de 560 chercheurs, selon le directeur du CDER.

Cet ambitieux programme de recherche, qui a été avalisé par la Direction Générale de la Recherche Scientifique et du développement Technologique (DGRST) du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a été adopté à l’issue des assises nationales sur la recherche qui se sont tenues à Tipasa en juin 2009.

APS - 12/04/2010

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