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menara
16/02/2006, 17h30
Safi: Des ouvrières agricoles s’en vont en Espagne

· Des centaines de fermières recrutées par des entreprises ibériques pour la récolte de fraises et agrumes

· Le risque: vider les régions de leurs forces vives

Les fermières des douars les plus enclavés du Maroc quittent leurs champs pour aller travailler en Espagne. Les départs se sont effectués pour répondre à des offres d’emplois émanant d’entreprises agricoles espagnoles. Ces dernières embauchent des ouvrières rurales rompues aux techniques de la récolte des agrumes et des fraises notamment.
Les opérations de recrutement ont été supervisées par les différentes agences Anapec (Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences) avec la collaboration des autorités des provinces. Comme profil requis, les candidates doivent être âgées entre 20 et 45 ans, être de très bonne condition physique avec une expérience confirmée dans ce type de travail.
Elles doivent surtout être originaires des régions rurales. Les ouvrières sont employées sous CDD (contrat à durée déterminée), valable trois mois renouvelables. Les fermières sont rénumérées 30 à 35 euros par jour. Le logement est à la charge de l’employeur.
Un premier groupe de 110 femmes toutes originaires de la région de Kénitra est parti en décembre dernier. Cette première opération a été effectuée pour le compte de la société Asaja Velva. Une deuxième vague de départs, plus importante, a concerné 994 travailleuses. Entre le 16 et le 18 janvier dernier, une commission espagnole de l’entreprise Fresh Velva s’est penchée sur les sélections des candidates avec la collaboration de l’Anapec. Cette dernière a veillé sur la légalité de procédures. Des assistantes ont même été déployés pour l’élaboration des documents administratifs. Cette deuxième vague de recrutement a été lancée sur presque tout le territoire du Maroc. Les fermières sont arrivées d’abord du Gharb d’où 670 ont été embauchées. «Les ouvrières de cette région sont expertes dans la récolte des fraises», est-il expliqué. Les autres sont arrivées des douars des provinces de Rabat, Salé, Agadir, Nador, El Jadida ou encore Safi. En coordination avec les différents cercles et kiadats, les moukaddems et les chioukhs sont allés battre campagne pour faire parvenir l’information aux douars les plus reculés. La préférence va aux femmes mariées avec enfants. «Et pour cause, elles ont de fortes chances de revenir au bercail. Et pour ne pas vider les fermes locales, ne sont pas recrutées toutes les femmes d’une même famille», précise l’Anapec. Les entreprises agricoles espagnoles ont certainement été satisfaites du travail des ouvrières marocaines. Une troisième opération recrutement a été lancée par la société Asaja Velva le 23 et 24 janvier pour embaucher 422 fermières. Cette fois, elles ont toutes été sélectionnées dans la région du Gharb. Par la suite, une 4e opération embauche a été réalisée le 10 février par Citricultores: de 57 autres femmes des régions de Kénitra et Béni Mellal ont été recrutées.
Auparavant, les entreprises agricoles espagnoles avaient recours à la main-d’œuvre féminine des pays de l’Est. A l’évidence, le Maroc séduit de plus en plus les employeurs agricoles espagnols. La proximité et la disponibilité des ouvrières locales sont des facteurs déterminants. D’ailleurs, les entreprises espagnoles comptent ouvrir un bureau permanent au Maroc pour des opérations de présélection durant toute l’année.

De notre correspondant,
Mohamed Ramdani

http://www.leconomiste.com/article.html?r=33

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