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Voir la version complète : Une journée dans la mare aux canards de Sidi Abdallah à Zéralda


morjane
24/04/2010, 13h04
Marre de la ville et de ses tracas ? Des embouteillages et du bruit d'Alger ? De cet air chargé de pollutions de tous genres, gaz qui nous encrasse le corps et l’esprit ? Pour tous ceux qui se retrouveraient taraudés par ces questions, ils peuvent trouver une réponse à leurs angoisses en regardant vers une destination paisible, qui leur est d’ailleurs conseillée.

Pas besoin de s’éloigner d’Alger, encore moins de prendre un congé.

Dame Nature sait venir à qui veut bien aller à sa rencontre. Pour ceux qui veulent mettre un peu de couleur dans le gris du béton environnant, des bouffées d’air pur dans cette pollution ambiante et les bruits de la nature dans ce fracas de la ville, il leur suffit juste de marquer une pause, une petite rupture dans le quotidien, et de prendre la direction de la Mare des canards, un petit parc naturel aménagé par la commune de Sidi Abdallah à Zéralda, à quelques kilomètres d’Alger.

Le parc tire son nom de ces volatiles qu’on voit se dandiner aux abords de la mare ou y nager sous l’œil vigilant du gardien qui jette des miettes de pain dans l’eau.Ce n’est pas aux canards qu’elles sont destinées, mais aux poissons de la mare, qui d’ailleurs se disputent la nourriture. Le gardien a l’air d’aimer son travail et semble bien apprécier la compagnie des animaux.C’est jeudi. Le temps est pluvieux. Peu de gens sur la route. Direction la mare aux canards. Le chauffeur emprunte l’autoroute. La circulation est fluide.

Moins d’une heure après le départ d’Alger, on se retrouve devant l’entrée. Le stationnement ne pose pas de problème. Une place est vite trouvée dans le parking. A voir si ça serait le cas, les week-ends ensoleillés. Mais c’est déjà un bon point. Ça nous change de la ville et des sempiternels tours pour trouver où se garer.

Devant l’entrée du parc, un accueil chaleureux est réservé aux visiteurs. L’accès est fixé à 50 dinars, une somme symbolique. Des marches permettent d’y descendre.

Nous les empruntons pour nous retrouver quelques secondes plus tard face à une véritable merveille. La nature dans toute sa splendeur offre aux regards un tableau captivant.

De la verdure à perte de vue, des pins, des peupliers et des orangers parsèment ce décor paradisiaque. Un terrain de jeux est aménagé pour les enfants et les amateurs de jogging. Même les tout-petits ont leur espace de loisirs. Des cafétérias et petits restaurants sont installés. Mais ils sont fermés ce jeudi, à cause de la pluie qui chasse les clients.

L’étang est immense. C’est en fait un réservoir naturel. «Il s’agit de l’eau de pluie qui est recueillie», nous dira le gardien du parc. Un système de drainage des eaux est installé afin d’éviter qu’elles ne débordent.

Entourée d’un grillage, la mare est inaccessible aux visiteurs. Un pédalo hors service trône sur la rive de la mare, tel un témoin d’une période disparue. «Au printemps, les gens viennent en masse. Les visiteurs sont nombreux, des familles, des couples et beaucoup d’étudiants. Aujourd’hui il pleut, c’est pour cela que c’est vide», nous déclare le gardien qui jette entre-temps un bout de pain à ses poissons.

Malgré la boue et la pluie, une petite randonnée s’impose. Car ce serait vraiment navrant de revenir sur ses pas et de rater une telle beauté.

Les canards longent la mare deux par deux en se dandinant et poussant des «coin, coin». Un petit canard sauvage se fait très vite remarquer grâce à son plumage noir et sa tête rouge. C’est un véritable petit rebelle qui refuse de suivre la file. Contrairement aux autres oiseaux aquatiques qui gîtent ici, ce canard ne vient à l’étang que pour s’y nourrir. La marre abrite une dizaine de canards colverts que l’on reconnaît très vite grâce à leur plumage panaché. La tête est verte, le corps est couvert de plumes grises et marron tandis que le bout de la queue est de couleur noire. On remarque aussi la présence de quelques cygnes blancs à l’allure majestueuse.

Sur les coups de 14h, des visiteurs commencent à arriver. Des couples principalement. Assis sur les bancs, se protégeant de la pluie grâce à de larges parasols, ils dégustent ces moments de paix, de tranquillité et de beauté. Il n’y a personne pour gâcher le tableau.

Quand une dispute éclate entre un garçon et sa copine, le gardien rapplique et calme les choses avec diplomatie. On constate par ailleurs que ce parc représente une véritable aubaine pour les habitants de cette commune.

Comme il est situé non loin de la cité universitaire, les étudiants y viennent souvent pour réviser ou encore pour se déstresser. La nature est le cadre idéal pour l’homme, quand il sait la prendre et l’exploiter, en lui obéissant.

Comme disait un philosophe, la meilleure manière de commander à la nature est de lui obéir. Sinon, tôt ou tard, elle saura s’imposer.

Par La Tribune

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