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Voir la version complète : "L'appel à la raison" des juifs européens à Israël


arazigh
03/05/2010, 20h42
Des personnalités juives européennes engagées pour une paix entre Israéliens et Palestiniens ont lancé un "appel à la raison" en direction de l'Etat d'Israël. Jugeant "dangereux" un "alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien", les responsables de ce mouvement estiment que "nombreux sont les Juifs européens modérés qui n'approuvent pas la politique du gouvernement israélien", déclarait Eli Barnavi au quotidien belge Le Soir le 20 avril.
Le mouvement, intitulé J Call, pour "European jewish call for reason", doit être officialisé lundi 3 mai à Bruxelles alors que sa pétition a déjà recueilli plus de 3 700 signatures. Les auteurs du texte s'inquiètent de la situation de blocage au Proche-Orient, demandant l'intervention volontariste de l'Union européenne et des Etats-Unis, alors que "l'existence d'Israël est à nouveau en danger". Sans nier "la menace des ennemis extérieurs", ils soulignent aussi le "danger" lié à "l'occupation" et à "la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est", qualifiées d'"erreur politique" et de "faute morale".

"UN CRI POUR LA PAIX"
"Notre appel est un cri que nous poussons pour la paix au Proche-Orient avant qu'il ne soit trop tard", a affirmé lundi Michèle Szwarcburt, présidente du Centre communautaire laïc juif de Belgique, lors de la conférence de presse présentant l'appel. "Nous aimons Israël de tout notre cœur, nous voulons qu'il y ait un Etat juif, Israël, et qu'il vive en paix avec ses voisins. Mais nous pensons que le temps joue contre la paix", a-t-elle estimé.
Parmi les signataires figurent notamment Elie Chouraqui, Daniel Cohn-Bendit, Boris Cyrulnik et Bernard-Henri Lévy. Cette position a cependant été critiquée par Richard Prasquier, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Selon lui, ce n'est pas à la diaspora juive de décider pour Israël qu'elle est "la "bonne" décision, ce que devraient être les frontières d’un pays que leurs fils et leurs filles protègent".
Le quotidien israélien de gauche Haaretz a quant à lui publié un éditorial soutenant cette pétition, la comparant au mouvement J Street américain. "Comme dans le cas de J Street, les organisations juives traditionnelles européennes ont critiqué cette initiative, note Haaretz (...). Espérons que le gouvernement israélien ne se joindra pas à ses récriminations." Selon le quotidien, "la contribution des militants pacifistes juifs d'Europe est une réponse adéquate, dans leur pays, aux dommages causés par les membres du gouvernement Nétanyahou".


LeMonde.fr

nacer-eddine06
04/05/2010, 16h12
JERUSALEM - La droite au pouvoir en Israël a dénoncé mardi "l'appel à la raison" de juifs de gauche européens critiquant sévèrement la politique du gouvernement israélien, alors que la gauche locale, bien plus faible, applaudissait à l'initiative.

Le texte, soutenu en Europe par plus de 4.000 signataires, a été officiellement présenté lundi à Bruxelles par le JCall ("European Jewish Call for Reason").

En réaction, la députée Miri Regev, du parti Likoud (droite) du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a estimé "inadmissible que les signataires préconisent des pressions sur Israël pour geler la colonisation".

La "réponse du monde libre au terrorisme islamique ne doit pas consister à baisser la tête", a-t-elle déclaré à l'AFP.

A l'extrême droite, le député Aryeh Eldad (Union Nationale, 4 sièges sur 120) a dénié aux signataires "le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures israéliennes", "tout droit de veto" sur la politique d'Israël.

"Ce ne sont pas des gauchistes de salon et des communistes qui dicteront à Israël sa ligne de conduite" a-t-il affirmé, qualifiant les signataires de "naïfs et d'imbéciles".

Au centre-droit, le député Oriel Schneller du parti Kadima (opposition, 28 sièges) a déploré que "des groupes juifs de par le monde portent atteinte à la solidarité juive avec Israël".

L'émergence de cet appel européen dans la foulée du JStreet américain -un groupe de pression juif de gauche- constitue selon lui "un phénomène dangereux, même si les signataires peuvent avoir de bonnes intentions".

En revanche, le journal Haaretz (gauche) a porté aux nues cette initiative, écrivant lundi dans son éditorial:" C'est une bonne nouvelle que des milliers de Juifs dans le monde entier, dont des intellectuels de renom, appellent à mettre un terme à l occupation pernicieuse (des Territoires palestiniens) après 43 ans".

Dans le même journal, l'écrivain et ancien député de gauche Yossi Sarid a félicité dimanche les "signataires pour cet acte d'amour envers Israël", soulignant que les "meilleurs amis d'Israël ne sont pas forcément ceux qui refusent de critiquer sa politique".

Pour le politologue Emmanuel Sivan, le manifeste de J-Call traduit un "véritable ras-le-bol de ceux qui se rangent en général du côté d'Israël et n'en peuvent plus de devoir taire leurs critiques".

En ce sens, cette démarche est "l'amorce d'une fissure inquiétante entre la diaspora et Israël", a-t-il expliqué à l'AFP.

Cependant, il juge "minimal" pour l'heure l'impact de l'appel sur les Israéliens, déplorant que le manifeste n'évoque pas la "part de responsabilité des Palestiniens" dans le blocage du processus de paix.

JCall entend créer un mouvement européen capable de peser sur les décisions de l'Union européenne ou des Etats-Unis concernant le Proche-Orient.

Partisans de la solution de "deux Etats pour deux peuples (israélien et palestinien)" et inquiets de la "délégitimation d'Israël", les signataires estiment que "l'alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l'encontre des intérêts véritables de l'Etat d'Israël".

L'appel signé par des intellectuels juifs de renom en France, comme Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut, a créé des remous dans la communauté juive.

(©AFP / 04 mai 2010 15h57)

omar
04/05/2010, 16h25
Il s'agit d'une excellente initiative et il faut espérer qu'elle portera ses fruits.

D'autre part, il faut aussi se rappeler qu'il s'est constitué en Israël un parti de gauche composé d'intellectuels qui est encore "moins tendre" avec l'Etat hébreu que les intellectuels signataires de cet appel.

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