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Voir la version complète : Le free fight interdit d'antenne en France


morjane
20/02/2006, 18h06
Le Free fight est un mélange d'art martiaux. C'est un sport de combat libre qui fait peur au CSA qui en a interdit toute retransmission car ce sport aussi appelé MMA(mixed martial arts) fait peur car c'est un sport de combat libre où presque tous les coups sont permis et sa réputation est celle d'un sport violent.

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Sur le tatami, pas de kimono. Short, tee-shirt et protections. Coups de poing, coups de pied et esquives. «Shh, Shh», le souffle des huit combattants de la Free Fight Academy (Paris) rythme l'entraînement. «Notre club compte 90 inscrits. Un chiffre en forte progression depuis deux ou trois ans», se félicite son fondateur, Mathieu Nicourt. A travers la France, ils seraient près de 8 000 amateurs à pratiquer le combat libre. Difficile à vérifier, car il n'est reconnu par aucune fédération française.

« Il faudrait l'épurer, en supprimant notamment les frappes au sol»

Toléré dans l'Hexagone mais interdit en compétition, le free fight traîne une réputation de violence gratuite qui n'a pas échappé au Conseil supérieur de l'audiovisuel. Dans une recommandation du 8 janvier 2006 incriminant l'absence de règles, de «valeurs éducatives» et d'encadrement médical, celui-ci se prononce contre sa retransmission télévisée. Le CSA avait déjà refusé en 2005 le projet de chaîne Fight TV en se fondant sur une décision du Conseil de l'Europe, datée de 1999, qui qualifiait ces duels de «dangers pour les spectateurs, compromettant la santé des combattants». Un acharnement qui fait bondir les supporters du free fight. «Oui, c'est violent, mais pas plus que la boxe, s'énerve Bertrand Amoussou, ancien champion d'Europe de judo par équipe et rédacteur en chef du magazine FightSport. C'est une vraie discipline, avec des valeurs et des règles, et qui canalise l'énergie des jeunes.» Le combat libre, appelé aussi MMA (mixed martial arts), est la somme de plusieurs techniques, l'affrontement se déroulant aussi bien debout qu'au sol. Un seul objectif: l'efficacité. Créé au Brésil en 1914 sous le nom de vale tudo, il a été popularisé par Carlos Gracie, qui décida de se mesurer à tous les champions d'arts martiaux confondus pour prouver la supériorité de sa discipline. Un de ses neveux lança aux Etats-Unis en 1993 le premier grand championnat professionnel, l'Ultimate Fighting Championship (UFC). Suivirent le Pride, qui réunit désormais au Japon environ 90 000 spectateurs tous les deux mois, ou encore le Cage Rage en Grande-Bretagne. Des compétitions, baignées de sueur et parfois de sang, qui mêlent sport, spectacle et business.

«C'est le retour des gladiateurs», accuse Eugène Domagata, adjoint à la direction technique de la Fédération française de judo. «Ces combats connaissent un succès grandissant aux Etats-Unis et au Japon, où ils font 20 points d'audience en prime time, rétorque Jean-Paul Maillet, consultant pour Sport +. Autoriser le free fight permettrait de mieux l'encadrer. Il faudrait l'épurer, en supprimant notamment les frappes au sol.» Le combat libre définitivement privé d'antenne? La direction de Sport + préfère ne pas se souvenir de la diffusion «anecdotique» du Pride en 2005 dont les droits avaient été acquis par David Douillet. «On va maintenant devoir gérer la frustration de nos abonnés», regrette Manuel Rougeron, directeur général de la chaîne Multivision, qui retransmettait l'UFC. Que ses adeptes se consolent: le free fight fera l'objet d'un film avec Clovis Cornillac, Scorpion. Sortie en 2007.

Par lexpress

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