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Voir la version complète : France-Inde: coopération nucléaire civile


morjane
20/02/2006, 19h13
Une déclaration commune sur la coopération dans le nucléaire civil a été signée par l'Inde et la France. L'inde est un pays non signataire du traité de non prolifération contrairement à L'Iran mais Chirac en VRP de luxe entend bien ramener de beaux contrats pour l'entreprise France et je le comprend, la France en a besoin .

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Au deuxième jour de la visite d'Etat du président français Jacques Chirac à New Delhi, lundi 20 février, les négociateurs français et indiens ont signé une déclaration commune marquant la volonté des deux pays de parvenir à un accord de coopération nucléaire civile. Ce délicat exercice de diplomatie, conclu dans la matinée, permet d'envisager un transfert de technologie nucléaire française à l'Inde.

Pays non signataire du traité de non-prolifération (TNP), l'Inde est une puissance nucléaire de facto mais non de jure depuis son essai nucléaire de 1998. Elle cherche à obtenir un statut spécial au titre du groupe des pays fournisseurs d'énergie nucléaire (NSG), qui lui permettrait de conclure des contrats avec des firmes étrangères pour la construction de centrales nucléaires susceptibles de répondre à ses besoins énergétiques croissants.

La France se considère en pointe sur ce dossier, depuis la conclusion d'un accord de partenariat stratégique avec l'Inde en 1998, lors de la première visite d'Etat de M. Chirac à New Delhi. La société française Areva a bon espoir de fournir au pays, à terme, un réacteur nucléaire EPR. Les Français savent qu'ils seront toutefois en concurrence avec les firmes américaines, une fois que le marché du nucléaire indien s'ouvrira.

La déclaration politique bilatérale sur "le développement de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques" signée lundi par les deux parties est un texte moins détaillé que celui que les Etats-Unis avaient signé avec l'Inde en juillet 2005, où figure l'idée d'une nécessaire séparation des programmes nucléaires civil et militaire indiens.

Le texte franco-indien fait état d'une future coopération nucléaire, "couverte, lorsque cela est applicable, par des accords de garanties appropriés avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)". A New Delhi, la crainte reste vive, dans les milieux politiques et scientifiques, de voir les options stratégiques du pays restreintes, au cas où les installations nucléaires nationales seraient placées sous le contrôle étroit de l'AIEA.


CONTEXTE POLITIQUE FAVORABLE

L'atout des Français face aux Américains tient, selon l'entourage de M. Chirac, au contexte politique à New Delhi, où les partis de gauche alliés au gouvernement du premier ministre (parti du Congrès), Manhoman Singh, envisagent d'un mauvais oeil un rapprochement trop marqué avec Washington. L'Inde entend maintenir une diplomatie à plusieurs pôles. On confie, de source diplomatique française, qu'il y a là "une carte à jouer : les Indiens ne veulent pas avoir le sentiment de se faire manipuler par Washington, qui voudrait s'appuyer sur eux comme potentiel contrepoids à la puissance militaire montante de la Chine".

M. Chirac a souligné, dimanche à New Delhi, que, pour l'Inde, une "solution américaine" serait "soumise aux aléas permanents" d'une approbation par le Congrès américain, où la teneur de l'accord nucléaire de juillet 2005 reste contestée. La visite de M. Chirac en Inde sera suivie par celle du président américain George Bush, attendu à New Delhi le 1er mars.

Les relations entre l'Inde et la France ont connu des turbulences, ces derniers temps, en raison de la saga du porte-avions Clemenceau qui devait être désamianté en Inde, mais va être rapatrié à la suite d'une vague de protestations. A cet épisode s'ajoute la réaction hostile des responsables français à la tentative d'OPA du sidérurgiste Mittal sur Arcelor.

Paris courtise cependant New Delhi en soutenant sa candidature à un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies et en appuyant ses aspirations à rejoindre le G8.

La question du programme nucléaire de l'Iran, pays avec lequel l'Inde entretient des liens économiques étroits, a suscité un flottement, alors que le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, vient d'accuser publiquement Téhéran de mener un "programme nucléaire militaire clandestin". Le premier ministre indien a regretté, devant le Parlement, une "escalade verbale". M. Chirac a voulu rétablir les choses samedi, en déclarant à la presse que la position de la France restait "constante" et qu'elle était tributaire des rapports de l'AIEA, qui, en dépit de forts soupçons sur ce sujet, n'a pas conclu formellement, à ce jour, à l'existence d'un volet nucléaire militaire iranien.

Par Le Monde

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