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morjane
23/02/2006, 15h46
Alger la Blanche sans la Casbah ne serait plus Alger et aujourd'hui est La journée de la Casbah, classée vestige du patrimoine mondial en décembre 1992.

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C’est aujourd’hui la Journée de la Casbah, classée vestige du patrimoine mondial en décembre 1992. Cette date avait été décidée il y a neuf ans. Depuis, plusieurs manifestations culturelles ont été organisées dans différents espaces de la capitale et des associations sont nées «pour la sauvegarde» de cette «ville» ancestrale.

Apparemment tout le monde semble se mobiliser pour sauvegarder, chérir cette «princesse» de tous les temps. Mais cette année, les «enfants» de la Casbah sont peu enclins à commémorer cette date car à leurs yeux, elle n’est plus ce qu’elle devrait être : cette ville historique n’offre plus son panorama idyllique et il ne fait pas bon y vivre.

Cette ville du chaâbi, aux senteurs de jasmin et d’alambic n’est qu’un éternel chantier où gît un grand dépotoir. Si Djamâa Ketchaoua, le palais Khedaoudj El-Amia, le Bastion 23 et la Citadelle sont effectivement pris en charge, il n’en est pas de même pour les autres sites, tels Bir Labeh, Sidi Bougdour, la rue Sidi Abdallah et autres quartiers jadis de charme, mais où les murs se lézardent et s’effondrent l’un après l’autre.

C’est en 1516 que le corsaire turc Khaïr al-Din installe «sa» capitale à Alger. Il en fait une ville fortifiée, en construisant d’imposants remparts, qui sont à l’origine de la Casbah. Six portes assurent la liaison entre la vieille ville, le port et le reste du pays.

L’agrandissement de la ville se traduit par un développement des espaces bâtis, notamment de maisons à étage. Malgré la présence, à l’époque, des Ottomans sur une grande partie du littoral algérien, le pouvoir turc intervient peu dans les affaires locales d’Alger.

Le bey Khaïr al-Din fait prospérer la ville en combinant la force militaire et le développement du commerce. La ville est particulièrement prospère jusqu’au XVIIe siècle. Dans la ville se conjuguent, alors, les traditions turques et arabes.

Vers 1920 naît un véritable intérêt pour la sauvegarde de la vieille ville. Les premières études pour la sauvegarde du site de la Casbah d’Alger sont menées dans les années 1970 et un plan d’aménagement de la Casbah est mis en œuvre à partir de 1981.

Il porte, en particulier, sur le bâti de la période 1816-1830, dans le souci de mettre en valeur la ville à l’époque de l’influence ottomane, 1816 étant la date à laquelle le centre politico-administratif est transféré au cœur de la citadelle, entraînant un nouveau flux de population vers la haute ville.

En 1985 est élaboré un «plan d’action-programme» prioritaire, suivi d’un plan directeur d’aménagement et d’urbanisme en 1992. Le plan de restauration actuellement en cours correspond parfaitement aux besoins de la vieille ville : il s’agit, notamment, de restaurer et de réhabiliter le tissu historique.

En plus de sa richesse artistique, la vieille ville est un précieux témoin de l’histoire de l’Algérie. La Casbah s’étend sur près de 45 hectares et témoigne d’une forme urbaine homogène dans un site original et accidenté, avec 118 mètres de dénivellation.

Les décorations intérieures des habitations sont originales et d’une rare beauté, souvent ordonnées autour d’une cour carrée centrale, sorte d’atrium. Les rues tortueuses et pentues constituent aussi un élément caractéristique de la vieille ville.

La Casbah, avec ses douze mosquées, dont celle de Djamâa el-Kébir qui date du XIe siècle, abrite aussi plusieurs palais résidentiels.

Par le Jeune Indépendant