Harrachi78
02/03/2006, 13h22
Salut,
[...] tous les savants dits musulmans ont fait de la prison ou ont été contraint à l'exil : Ibn Sina, Averroes, Errazi, Ghazali et même Ibn Tayma.
A supposer que ca soit vrai, tu omet toujours le point que j'ai signalé plus haut et qui est essentiel : pour quelle raison au juste tel ou tel à eu des problèmes avec le "pouvoir" en palce ? Est-ce pour avoir exprimé telle ou telle théorie scientifique (comme Galillée par exemple) ou pour d'autres raisons disons ... "politiques" ?
En fait comme l'a dit TIZINISSA, tu remarqueras que les "savants" (scientifiques ou autres) musulmans ont étés le plus souvent des hommes de politique et de pouvoir voire des hommes d'Etats (comme Ibn Khaldûn) ! Les problèmes qu'ils ont dûs affronter sont donc à mettre sur le compte de leur carrière politique ou juridiqe et non du fait qu'ils aient éxcellés dans un domaine scientifique donné ! Une telle maîtrise de la science ne leur offrait en aucun cas l'immunité absolue contre les abus des hommes d'influence et du pouvoir du moment où ils étaient eux-mêmes dans les "affaires" publiques et politiques !
Tous les savants de l'époque ont aussi bien étudié les mathématiques ou la médecine que la religion, tous ceux que je cite ont écrit au moins un livre sur l'Islam [...] Al-Dhahbi le considère comme "le chef de file de la philosophie islamique" et il a étudié le fiqh et le soufisme auprès d'Ismaïl al-Zahid al-Bukhari. Pourtant en lisant des extraits de son livre le Traité de l'Amour, on est très surpris : Il préfère goûter sur terre ces délices que le Coran lui promet dans l'au-delà ...
Soit, mais où est le rapport avec le sujet ? Qu'il ai été ceci ou cela et qu'il ai dit ceci ou cela a trés rarement été motif pour disgrâce et représailles ! Mainteant si tu considères que d'autres "religieux" qui ne pensent pas comme lui, qui le dénoncent et e critiquent dans leurs propres ouvrages comme un mal en soit, c'est une toute autre histoire !
ChoufChouf
02/03/2006, 13h49
a partir du 13eme siecle, le clérgé( si je peux l'appeler ainsi) etait rendu une sorte de bureaucratie qui defendait ses arrieres .
une cohabitation c'est installé pendant 2 ou 3 siecles..
et au début du 15eme, il ont completement gagner les spheres du pouvoir et ont isoler difinitivement les savants et chercheurs.
comme dans le films au nom de la rose, on c'est ramassé avec des reciteurs et ecrivailleurs( si je me premet encore) et non plus des gens de savoir...
c'est seulement avec la nahda qu'on a pris conscience de l'abime dans lequel on etait...et cela continue jusqu'a aujourd'hui.
alors oui, ibn sina, ibn rushd et toutes notre intilligentia a cesser d'être ecouté dès le 10 siecle et a toujours eu recours a divers stratagemes pour difuser ses idées.
deja Ibn Khaldun dresse un bilan sans équivoque dès le milieu du 14 siecle.
7 siécles plus tards, on est encore a ecouter des muftis!!!
dés qu'un homme de science ou un homme de lettre parle, c'est directement l'excomunion ou presque..
alors que l'echange d'idée, se remettre en question et débattre avait fait de nous des phares du savoir a une certaine époque.
Tizinissa
02/03/2006, 14h12
Bonjour ChoufChouf
alors oui, ibn sina, ibn rushd et toutes notre intilligentia a cesser d'être ecouté dès le 10 siecle et a toujours eu recours a divers stratagemes pour difuser ses idées.
deja Ibn Khaldun dresse un bilan sans équivoque dès le milieu du 14 siecle.
C'est un peu trop general je trouve et le faite de voir le monde musulman dans cette periode comme une unité politique n'a rien a voir la realité !! dire que ce phenomene etait la loi regnant dans toute l'empire musulmans est faux aussi. Deja l'avenement des Abassides au milieu du 8eme siecle a vu l'"independance" de plusieurs regions. l'Egypte, Maroc (Idrissiden), Tunisie (Aghlabiden) et Espagne les omayades de Abderrahman !! et chaque region a eu son propre rytme de vie et ses propres caracteristiques.
Alors parler d'une montée continue des clergés pour enfin limoger les Savants est trop simpliciste, et trop generale, a mon avis.
Certe il y a eu des prises de position severes entre des savants mais aussi contre les Oulemas mais ils sont a discuter indivuellement et a l'ombre des evenements qui l'ont accompgnés et favorisés.
Un proverbe marocain dit : " il faut pas polir le ciel d'un seul gant" ;)
C'est bel et bien pour leurs écrits et opinions sur l'<islam qu'ils ont été soit exilés soit mis en prison. Prenons l'exemple d'Ibn Taymia :
Taqi Ad-Din Abou l-'Abbas Ahmad Ibn Taymiyya fils d'Abd Al Halim est aussi appelé "Chaykh al-Islam". Il est issu d'une famille arabe qui avait donné à l'école hambalite deux hommes fort connus, son grand-père paternel Madjid Ad-Din (mort en 622H) et son oncle Fakhr Ad-Din (mort en 635H).
Il est né à Harran (Mésopotamie) le 10 Rabi' Al-Awwal 661 H.
Sa famille quitta Harran à l'arrivée des Mongols et se réfugia à Damas.
Son père dirigeait l'école As-Soukariya de Damas, où il fut formé.
Parmi ses maîtres il y avait Chams Ad-Din Abdel Rahman Al Maqdissi (mort en 682H) qui fut le premier Qadi Al Qoudat (juge suprême) hambalite de Syrie.
A la mort de son père,il lui succéda comme directeur de l'école, le 2 mouharam 683H, donna sa leçon inaugurale à la Soukariya.
Il entame des cours d'exégèse du Coran (684 H ; 23 ans)
Un an plus tard c'est-à-dire le 10 safar 684 H, il commençait son enseignement d'exégète coranique à la mosquée des Omeyyade.
Il accomplit le pèlerinage a la Mecque en 691 H, et fut de retour a Damas en 692.
Il composa son premier grand ouvrage en 693 dont le titre est le Kitab Al-sarim Al-masloul 'ala chatim Ar-Rassoul.
Le 17 cha'ban 695H, Ibn Taymiya donnait son premier cours à la Hambaliya, la plus ancienne école hambalite de Damas, où il succédait à l'un de ses maîtres Zin Ad-Din Ibn Al-Mounadja, qui venait de mourir.
On compte parmi ses élèves d'illustres personnages tel que :Ibn al-Qayyim Al Jawziya, il est considéré comme le plus important élève d'Ibn Taymiya. Adh-Dhahabi, Ibn Kathir, Al-Maqdisi, Al-Qadi Charaf-oud-dine Aboul 'Abbas Ahmad Ibn al Houssayn connu sous le nom de Ibn Qadi Aj-jabal (mort en 771 H.), il étudia sous la direction du Chaykh plusieurs ouvrages traitant de différentes sciences, Zayn-oud-dine 'Omar, connu sous le nom d'Ibn-oul-Waridy, al Mayzy (742 H.) Al-Bazzar (749 H.) Az-zamlakany (727 H.), Ibn Mouflih...
C'est en 698 H qu'il composa, à la demande des habitant de Hama (Syrie), une de ses plus célèbre profession de foi "Al Hamawiya Al Koubra" (la grande Hamawiya), très hostile à l'ash'arisme.
Ses adversaires firent alors porter, de nouveau leurs attaques sur son credo et mirent en cause la rectitude de sa profession de foi [Al-Wasitiyya] écrite peu de temps avant la venue des Mongols à Damas.
Deux conseils se tinrent, les 8 et 12 radjab 705 H chez le gouverneur Al-Afrem, de Damas. Le deuxième conseil, auquel participa Safi ed-Din Al-Hindi, un disciple de Fed-Din er-Razi, constata que la Wassitliya était conforme au Coran et à la Sounna.
La prison (705 ~ 707 H)
Un troisième conseil se tint chez le gouverneur, le 7 cha'ban, à la demande du sultan. La Wassitiya ne fut pas condamnée, et le qadi shafi'ite Ibn Es-Sarsari disciple Mahmoud Al-Isphahani donna sa démission. Les deux adversaires furent finalement mandés au Caire, où ils arrivèrent le 22 Ramadan 705H. Le lendemain même de son arrivée, Ibn Taymiyya comparut devant un nouveau conseil, qui se tint a la citadelle et auquel participaient, à côte de quelques hauts dignitaires de l'Etat; les quatre Juges suprêmes d'Egypte. Accusé d'anthropomorphisme Ibn Taymiyya fut condamné à l'emprisonnement. Il resta enfermé à la citadelle du Caire pendant près d'un an et demi. Jusqu'au 26 R 707H.
C'est au cours de cet emprisonnement, que cette anecdote fut rapportée : "Ibn Taymiya fut mit avec les détenus du droit Commun et enseigna huit à dix heures par jour la jurisprudence, la loi islamique, et le Hadith. Grâce à cet enseignement, certain détenus du Droit Commun, après leur libération finir, pour certains d'entre eux comme Qadi (juge) et d'autres comme Imam.
Lorsque les autorités eurent vent de l'affaire, il le transfèrent dans une autre prison, et l'isolèrent dans une cellule.
Remis en liberté, mais non autorisé à retourner en Syrie, Ibn Taymiya, qui continuait de dénoncer toutes les innovations (bid'a) qu'il considérait comme hérétiques.
Il se heurta bientôt à deux des Soufis les plus influents d'Egypte : Ibn 'Ata Allah, un élève d'Abou Al-Hassan Al-Moursi, et Karim Ad-Din Al-Amouh.
A l'heure de la prière du coucher du soleil, il alla à la mosquée al-Azhar où la salat al-maghrib devait être dirigée par Cheick Ahmad Ibn 'Ata Allâh al-Iskandari. Après la prière, Ibn 'Ata' Allâh était surpris de constater qu'Ibn Taymiya avait prié derrière lui. Le saluant avec un sourire, le Cheick Soufi souhaita cordialement la bienvenue au Caire à Ibn Taymiya, disant : "as-Salamou alaykoum". Ensuite Ibn 'Ata Allâh commença à parler avec l'érudit visiteur.
Ibn 'Ata' Allah : "D'habitude, je prie la prière du soir dans la mosquée de l'Imam Houssayn et la prière de la nuit ici. Mais regarde comment le plan Divin travaille de lui-même! Allâh a ordonné que je sois le premier à te saluer (après ton retour au Caire). Dis-moi Ô faqir, me blâmes-tu pour ce qui est arrivé?"
Ibn Taymiya : "Je sais que tu ne me veux pas de mal, mais nos différences d'opinions restent toujours les mêmes. Dans tous les cas, quiconque m'a fait du tort dans quoique ce soit, à partir de ce jour même, je le disculpe et lui pardonne de tout blâme en la matière."
Ibn 'Ata Allah : "Qu'est ce que tu sais à mon sujet, Cheick Ibn Taymiya?"
Ibn Taymiya : "Je te connais comme un homme d'une piété scrupuleuse, de savoir abondant, d'intégrité et de véracité dans le parler. Je témoigne que je n'ai vu personne pareil à toi en Egypte et en Syrie, qui aime plus Allah, ni qui est plus auto-effaçant en Lui ni qui est plus obéissant à exécuter ce qu'Il a commandé et à éviter ce qu'Il a interdit. Néanmoins, nous avons sur le Tawassoul nos différences. Que sais-tu à mon sujet? Prétends-tu que je suis égaré lorsque je nie la validité de faire appel à quiconque autre qu'Allâh pour une aide [istighatha]?"
Ibn 'Ata' Allah : "Certainement, mon collègue, tu sais que appeler pour une aide [istaghatha] est la même que chercher un moyen [tawassoul] et demander l'intercession [chafa'a]; et que le Messager, sur lui la paix, est celui dont l'aide est recherchée dans la mesure où il est notre moyen, celui dont l'intercession est recherchée."
Ibn Taymiya : "Dans ce problème, je suis ce que la Sounna du Prophète dit dans la Chari'a. Car, il a été transmis dans un hadith solide : "J'ai été octroyé le pouvoir d'intercession". (Al-Boukhâri, Mouslim) J'ai aussi collectionné les dires du verset Coranique : {Peut-être que ton Seigneur te ressuscitera (Ô Prophète) en une position de gloire} (17/79) à l'effet qu'une position de gloire est l'intercession. De plus, lorsque la mère du Commandeur des Croyants 'Ali est morte, le Prophète pria Allâh à sa tombe et dit : ''Ô Allâh qui vit et ne meurt jamais, qui accélère et donne la mort, pardonne les péchés de ma mère Fatima bint Assad, élargi sa demeure dans laquelle elle entre au moyen de mon intercession, Ton Prophète, et les Prophètes qui apparurent avant moi. En vérité Tu es le plus Miséricordieux des Miséricordieux". (At-Tabarani, Ibn Hibbân, Al-Hâkim qui dit authentique). Ceci est l'intercession que possède le Prophète. En ce qui concerne le fait chercher l'aide de quelqu'un autre qu'Allah, cela touche à l'idôlatrie; car le Prophète commanda son cousin 'Abd Allâh Ibn Abbas de ne pas demander d'aide de personne sauf celle d'Allah." (At-Tirmidhi n°2516)
Ibn 'Ata Allah : "Qu'Allâh te fasse prospérer, Ô Juriste! En ce qui concerne le conseil que le Prophète - sur lui la paix - donna à son cousin Ibn 'Abbas, il voulait qu'il s'approche d'Allâh non pas à cause de sa relation familiale, mais à travers sa connaissance. Avec respect pour ta compréhension d'istighatha comme chercher l'aide d'autrui, autre qu'Allâh c'est une idolâtrie, je te demande : Y-a-t'il un musulman possédant une foi réelle et croyant en Allâh et en Son Prophète qui pense qu'il y a quelqu'un autre qu'Allâh qui a un pouvoir autonome sur les évènements et qui est capable d'exécuter ce qu'Il a décrété à leur propos?
Ya-t'il un vrai croyant qui croit que quelqu'un autre qu'Allâh peut le récompenser pour ses bonnes actions et le punir pour ses mauvaises actions? En marge de ceci, nous devons considérer qu'il y a des expressions qui ne doivent pas être prises dans leur sens littéraire. Ce n'est pas à cause de la peur d'associer un partenaire à Allâh et en vue de bloquer les moyens à l'idolâtrie. Car quiconque cherche l'aide du Prophète cherche seulement son pouvoir d'intercession auprès d'Allâh comme toi-même tu te dis : Cette nourriture satisfait mon appétit. Est-ce la nourriture elle-même qui satisfait ton appétit? Ou c'est Allâh qui satisfait ton appétit à travers la nourriture? En ce qui concerne ta déclaration, qu'Allâh a interdit aux Musulmans de faire appel à l'aide de quiconque autre que Lui, as-tu vu un Musulman faire appel à quelqu'un autre qu'Allah? Le verset que tu cites dans le Coran fut révélé au sujet des idolâtres et ceux qui avaient l'habitude d'avoir recours à leurs fausses déités et ignorer Allah. Alors que la seule manière dont les Musulmans cherchent l'aide du Prophète est dans le sens du tawassoul ou chercher un moyen, par le mérite du privilège qu'il a reçu d'Allâh , et chercher l'intercession [tachaffou'], par le mérite du pouvoir d'intercession qu'Allâh lui a octroyé. Quant à ton verdict que chercher l'aide [istighatha] est interdit dans la Chari'a parce qu'elle peut conduire à l'idolâtrie, si tel est le cas, alors nous devons aussi interdire les raisins parce qu'ils sont un moyen de production du vin, et castrer les hommes non-mariés parce que ne pas faire laisse dans le monde un moyen de commettre la fornication et l'adultère.
A ce dernier commentaire, les deux Cheicks rirent.
Ibn 'Ata Allâh continua : je suis familier avec toutes les inclusivités et la prévoyance de l'école fondée par ton Cheick, l'Imam Ahmad, et je connais la vaste étendue de ta propre théorie légale au sujet de ses principes à bloquer les moyens au mal [sadd al-dharâi'] aussi bien que le sens de l'obligation morale d'un homme de ta compétence en jurisprudence Islamique et l'intégrité que tu dois ressentir. Mais, je réalise aussi que ta connaissance du langage demande que tu cherches le sens caché des mots qui est souvent voilé derrière leur sens évident." (Ibn Kathir, Ibn al-Athir, et d'autres)
A la suite d'une manifestation populaire, il fut convoqué, en chawal 707H, chez le Qadi Shafi'ite Badr Ad-Din Ibn Djama'a qui l'interrogea sur la façon dont il comprenait la doctrine de l'intercession des saints Tawassoul Al Istighata (L'intermédiaire et l'aide d'une tierce personne) auquel il était contre. Autorisé à repartir pour la Syrie il fut cependant retenu au Caire emprisonne quelques mois, à la prison des juges.
Après sa libération, il se rendit en Syrie, lors de l'invasion Tartare.
Encouragés par Ibn Taymiya, les habitants de Damas assurèrent eux mêmes la garde des murs de la cité. Le Cheikh Taqi Ed-Din Ibn Taymiya faisait chaque nuit le tour des remparts, incitant les gens à la patience et au combat, leur lisant les versets du Coran relatifs au Djihad et à la préparation constante au combat. Ibn Taymiya va remonter le moral des troupes qui se sont repliées de Hama. Il assure la victoire prochaine, a ceux qui doutent que la religion autorise de combattre les Tatars puisqu'ils sont devenus musulmans, il démontre non seulement la licéité mais la nécessité de mener contre eux le Djihad. "Si vous me voyez de leur côté", dit-il, "serait-ce avec un exemplaire du Coran sur la tête, tuez-moi !".
Selon Ibn Kathir, Ibn Taymiya a grandement contribue au succès mamlouk. Alors que le sultan envisageait de battre en retraite vers l'Egypte, c'est lui qui l'aurait convaincu de combattre. Il a donné une fatwa exemptant les combattants du jeûne et montra l'exemple en mangeant ostensiblement lui-même. Il a physiquement pris part au combat sous la bannière syrienne.
L'arrivée au pouvoir de Baybars Al-Djechnakir, proclamé sultan en 708H, allait rouvrir l'ère des persécutions.[B] Dans la dernière nuit de safar 709H, Ibn Taymiya fut conduit, sous bonne garde, à Alexandrie, où il était assignés à résidence. Logé dans une tour du palais du sultan, on lui autorisa à recevoir ses visites et à écrire. Ibn Taymiya, pendant les sept mois que devait durer son exil, pu rencontrer à Alexandrie des Maghrébins de passage et composa d'important ouvrages. Entre autres une longue réfutation (perdue) de la Mourchi d'Ibn Toumart, et le Rad 'ala Al Mantiqiyin (la réponse aux logiciens), et une lettre à ses compagnons.
Rétabli sur son trône le 1er chawal 709H, Mohammed Ibn Kalawoun libérait Ibn Taymiya et le recevait en audience au Caire. (Bidaya wa n-Nihaya XIV/53-54)
Ibn Taymiya était de retour au Caire le 8 chawal 709H. Il devait y faire un nouveau séjour d'environ trois ans.
Parfois consulté par Mohammed Ibn Kalawoun (Al-Malik An-Nasir) sur les affaires syriennes, il continuait de donner un enseignement privé et de répondre aux nombreuses consultations dont il était l'objet. Il entreprit, dès cet époque l'élaboration de son traité de politique juridique, le "Kitab Siyasa Ach-chari'iya", dont on peut situer la date entre 711H et 714H. Plusieurs des fatawi misriya datent aussi de cette période.
Une nouvelle menace mongole vite dissipée ramenait Ibn Taymiyya à Damas, où il arrivait, après un court séjour de Jérusalem, le 1er dhou Al qa'da 712H.
El-Malik Al-Nasir, qui l'avait précédé d'une semaine, était parti pour le pèlerinage; de retour à Damas le 11 mouharam 713H, il prenait diverses mesures de réorganisation administrative et financière. Un nouveau gouverneur, l'émir Tankiz (mort en 740H), avait été, d'autre part, nommé a Damas en rabi' Il712H.
C'est sous le proconsulat de Tankiz, qu'Ibn Taymiya vécut ses quinze dernières années.
L'interdiction d'emettre des fatawa
En 718H, une lettre du sultan interdisait à Ibn Taymiya de donner des fatawi sur la répudiation contraires à la doctrine hambalite dominante. On lui reprochait de rejeter la validité de la réunion des trois répudiations en une seule et de considérer half (le serment) de répudiation comme un simple serment si celui qui le formulait n'avait pas l'intention de procéder réellement à une répudiation. Deux conseils se tinrent à ce sujet, sous la présidence, de Tankiz, en 718H et 719H.
Un nouveau sejour en prison
Un troisième conseil reprocha à Ibn Taymiya d'enfreindre l'interdiction royale et le condamna à l'emprisonnement.
Ibn Taymiya fut sur-le-champ, arrêté et enfermé à la citadelle de Damas. Il y demeura un peu plus de cinq mois et fut libéré, le 10 mouharam 721H, par un secret d'El-Malik En-Nasir.
La prison de nouveau
Le 16 chaban 726H, sans aucune autre forme de procès, Ibn Taymiya était de nouveau arrêté, et le droit de donner des fatawi lui était retiré, en vertu d'un décret du sultan, dont lecture était faite à la mosquée des Omeyyade.
On lui reprochait sa Rissala sur "ziyarat Al qoubour" (réquisitoire sur la visite des tombes), dans laquelle il condamnait le culte des saints. Plusieurs de ses disciples furent arrêtés en même temps que lui. Ils devaient être relâchés peu de temps après, à l'exception d'Ibn Qayim Al-Djawziya.
Les autorité le sollicitèrent en tant qu'ambassadeur auprès du chef Tatars. Ibn Taymiya accepta ; Accompagné de quelques personnalités religieuses, il se rendit chez le roi Tatars pour lui parler d'Allâh.
Ils se rendirent avec lui à la cour du sultan des mongols, Ghâzân. Quand le sultan les vit, il questionna : "Qui sont ces gens ?'
- "Ce sont les autorités de Damas" lui répondit on.
Il leur accorda audience et ils se présentèrent devant lui. Le cheikh, s'avança le premier. Lorsque Ghâzân le vit, Allâh mit en son coeur un respect tellement grand à son égard, qu'il le fit approcher et s'asseoir, et le cheikh de se mettre à parler avec lui. Il l'informa du caractère illicite du sang des Musulmans. Il lui adressa rappels et admonitions. Ce à quoi Ghâzân répondit en obéissant.
A ce récit, Al-Bazzar ajoute un témoignage qui lui a été transmis par une personne en laquelle il déclare avoir confiance et qui remonte au cheikh Ibn Al-Munadja. Un des notables ayant participé à l'entrevue avec Ghâzân, nous rapporta ceci : "Je me trouvais, en ce moment, avec le cheikh Ibn Taymiya. Il se mit, je veux dire le cheikh Ibn Taymiya, à parler au sultan Ghâzân citant les paroles d'Allâh et de Son Messager sur la justice, etc. Elevant la voix contre le sultan, il s'accroupit et se mit à se rapprocher de lui tandis qu'il parlait, si bien que ses genoux furent près de coller aux genoux du sultan. Le sultan, avec cela, était totalement tourné vers lui, tendant l'oreille vers ce qu'il disait le fixant des yeux, sans se détourner. Du fait de l'intensité de ce que Allâh avait mis en son coeur comme amour et respect a l'égard d'Ibn Taymiya. Le sultan demanda à ses plus proches courtisans : "Qui est ce Cheikh ?"
Il dit aussi quelque chose ayant cette signification-ci : "Je n'ai jamais vu personne de semblable a lui, personne dont le coeur plus ferme, ni rien qui ait eu plus d'impact en mon coeur que ses paroles, et je ne me suis jamais vu plus soumis à personne qu'à lui".
On l'informa alors au sujet d'Ibn Taymiya, de sa science et de son action. "Aimerais-tu, lui demanda-t-il, que je restaure pour toi le pays de tes pères, Harran ? Tu t'y rendrais et il serait à toi ?"
- "Non par Allâh ! répondit Ibn Taymiya. Nulle envie ne me porter vers les lieux dont Abraham a migré, et je n'échangerai rien contre eux !"
Il se retira entouré de marques d'honneur et d'estime, Allâh ayant accompli à son égard ce qu'impliquait l'intention vertueuse qu'il avait eue de faire dont de lui-même pour chercher à épargner le sang des Musulmans, et lui ayant fait atteindre ce qu'il voulait. C'est aussi en raison de cette démarche que la plupart des prisonniers des Musulmans furent délivrés de leurs mains et rendus à leurs familles, et leurs femmes protégées".
Après avoir quitté Qazan, ses accompagnateurs lui dirent en chemin : "malheur à toi qu'as-tu fais ?! Comment t'adresses-tu au roi des Tatars qui cernent aujourd'hui le pays de Châm ?! Par Allâh nous ne voyagerons plus à tes côtés car il se peut qu'il envoie quelqu'un pour te tuer !"
Il leur dit : "Moi aussi je ne voyagerais plus avec vous car vous êtes des lâches !"
La prison encore !
Ibn Taymiya devait rester enfermé à la citadelle pendant plus deux ans. Il continua d'écrire et de donner des fatawi. De cette période datent plusieurs oeuvres qui nous sont parvenues et qui furent composées dans un but de justification doctrinale, en particulier le Kitab ma'aridj Al ousoul "compendium des fondements" sur la méthodologie du fiqh "jurisprudence musulmane", le raf' Al malam et le Kitab Rad 'ala Al Ikhna'i "La réponse a Ikhna'i", où il s'en prenait à la personne de son adversaire avec violence et exposait longuement ses idées sur le culte des saints. Il admonestait les gens à éviter ce genre de culte qui n'agrée ni à Allâh , ni a Son Prophète, Mohammed.
C'est à la suite d'une plainte d'Al-Ikhna'i auprès du sultan que, sur l'ordre de ce dernier, le 9 djoumada II. 728H, l'on retira à Taymiyya ses livres, son papier, son encre et ses plumes.
Cinq mois plus tard, Ibn Taymiya mourut à la citadelle, le 20 dhou Al qa'da 728H.
Mes sources sont plusieurs sites qui traitent du Coran et j'ai veillé à essayer de rester totalement impartiale par rapport aux écrits d'Ibn Taymia et de ne pas en transfromer le sens.... ;)
Tizinissa
02/03/2006, 16h24
Le cas de Ibn Taymia n'etait pas du genre Savants contre Alim mais plutot Alims entre eux. Ibn Taymia est meme allé plus loin dasn ses attaques mais ca reste toujours un debat inter-religieux et pas religion vs Raison !!!
Le temps de Ibn Taymia etait le temps aussi des croisades et ce qu'il voulait c'est refaire vivre dans le coeur des musulmans ce feux de Jihad, d'union et puritanisme. Il voyait bien que la presence de differents groupements religieux, de souffis, de Saints (sorciers) et autres ne faisaient qu'elargir la faille entre les musulmans ce qui permettait aux chretiens de s'implanter de plus belle dans la region.
Il a lui meme testé les mixtures des Fkih-sorcier (sur lui meme) pour prouver que ce n'etait que de l'escoroquerie, il est meme allé a critiqué et presque insulter son ami Ibn Dahabi, mais il etait persuadé qu'il fallait en finir avec les sectes, les sorciers et autres pour unifier les rangs des musulmans et pourchasser l'intrus !!!
La fin justifit la methode ;)
Harrachi78
02/03/2006, 19h19
Hahahah ... Je te jures que parfois tu es adorable IoI En fait Ibn Taymiya n'a rien d'un scientifique, c'est un juriste et un théologien pur qui eut des emmerdes avec ses collègues ! Il n'est pas non plus réputé pour avoir été un "libéral", bien au contraire ce fut un type trés conservateur et assez stricte dans son éxégète alors que ces adversaires (tu cites des soufis parmi eux) sont on ne peut moins puritains ! Ainsi, l'exemple que tu cites là serait l'antithèse de ce que tu avance étant donné que dans cette affaire c'est le "méchant" (si l'on crois ce que ceratins de nos jours font porter à cet homme de savoir que j'aime beaucoup) qui a été malmené par les "bons" :mrgreen:
Je te signalerais au passage qu'il fut "jugé" non pas par le pouvoir politique mais plutôt par un conseil de savants comme lui, ses paires. Enfin je te dirais que le siècle d'Ibn Taymiya n'est pas un âge d'Or pour l'Islam, bien au contraire c'est le début du déclin pour sa civilisation !
Comme je l'ai écrit j'ai essayé de rester neutre et de ne pas falsifier les écrits d'Ibn Taymia. C'est un dur c'est vrai ( si il m'interdisait d'aller à la mosquée de certains saints, lui et moi ne serions pas d'accord c'est certain ;) ) Mais justement j'ai pris cet exemple car c'est un dur (voir intégriste) mais sensé dans ces propos car il refusait que l'on modifie un iota du Coran malgré les progrès de l'époque. Ses valeurs ne sont pas toutes mauvaises (entièrement d'accord avec lui sur l'alcool et ses méfaits par exemple). Il explique parfaitement que la femme NE POUVANT subvenir à ses besoins doit se soumettre à celui qui l'entretient (chose normal d'ailleurs car si je ne travaille pas, je reste à la maison et j'ai tout ce dont j'ai besoin, je ne peux que remercier et faire mon maximum pour aider celui qui m'entretient DECEMMENT) Mais il dit aussi que les choses peuvent changer et que les musulmans devront modifier leurs comportements par rapport aux époques.....c'est surtout ça qui lui a causé des problèmes et l'emprisonnement pourtant il avait raison. Je vous conseille de lire ses oeuvres très enrichissant et très clairvoyant pour un homme de cet époque.
Harrachi78
03/03/2006, 19h23
Je t'avoues que tu m'en bouche un coin là ! Tu es arrivée a quelques conclusions en adoptant une position relativement objective ce qui n'est pas dans tes habitudes ;) Bravo donc et chapeau pour l'effort !
Ce que tu as dit d'Ibn Taymiya est grosso modo correcte, du mopins c'est ce que j'ai remarqué chez lui. Cependant, si tu veux mon avis, les motifs de ce qui apparait comme une dureté est a rechercher dans l'environement et l'époque ou il vaicut. Tu sais maintenant que ce n'est pas un 'alim de l'âge d'Or du fiqh, pas un pionnier de l'érer omeyyade ni un grand de l'époque abasside. Son époque c'est l'érer de scroisades et le commencement du déclin. En son temps il fallait commencer à fixer le travail fait par les anciens pour que l'Islam puisse enfin se stabiliser alors que les ectes et les dissensions commençaient à faire rage en son sein pendant que ces ennemis lui assenaient coup après coup. Ibn Taymayya souffait en quelque sorte des meaux de son temps et ne pouvait réagir qu'on montrant une certaine fermete -et donc une certaine dureté- envers tout ce qui semblait être un mal au sein de l'Islam ;)
je te défie de me sortir la référence exact de leurs écrits ou il mentionne que le coran est falsifié!!!
Défi relevé relis à partir de la 1ère page.
Et up car je n'ai pas envie de répéter :mrgreen:
Tizinissa
FA. legend
Date d'inscription: novembre 2005
Messages: 6 051
Zwina
Bonjour,
Ces savants ont ete membres de leur socité, il ne faut pas l'oublier et certains etaient actif aussi dans la vie aussi bien culturelle que politique de leurs provinces et etaient parfois pour, et parfois contre les gouverneurs.
Il ne faut pas oublier qu'une grande majorité de ses savants travayait a la cour des gouverneurs ou sous leurs charge, ce qui faisait d'eux automatiquement des "aliés" du dit gouverneur au yeux de "l'opposition".
Et Ibn Sina est un tres bon exemple de cette etat de chose !! il a "servit" plusieurs gouverneurs qui ont ete renversés par l'opposition et lui meme est devenu donc un "recherché" du nouveau pouvoir.
Ajoutes a ca la periode tres peturbée (politiqement) ou il a vecu et le nombre de fois ou il a du changer de regions.
Quand a son interpretation du Coron ou son avis du Hadith elle n'a jamais eu une grande resonnance dans la societé musulmane vu qu'il n'etait pas du "metier" et donc son oeuvre dans ce domaine entrait plutot dans la rubrique "culture generale" et n'etait nullement une reference (marji3) religieuse .
Tizi tu as tourné ta chemise ou tu manques de mémoire :mrgreen:
Tizinissa
05/10/2006, 21h31
et pourquoi Zwina ?
il parait que tu cherches penibelment a m'inculper :D
Oui Avicene n'a jamais ete une autorité religieuse !! je le confirme toujours !!
son genie est plutot dan sles sciences naturelle, le rationel !!
C'est quand et ou que je me suis contredis ?
PS: abandonnes cette voie, tu n'y trouveras pas ce que tu cherches: je ne contredis jamais !! jamais !! ce que je dis est le resultat de longue etude sur plusieurs années et des centaines de dsicussion avec des specialistes !
Ma source ni Wikpedia ni les sites à 2 cent !! Quand au raisonnement c'est ce que j'ai appris a faire pendant presque une vingtaine d'année d'etude ! tu dois vraiment faire un plus grand effort pour m'epingler ... et encore :mrgreen:
Tizinissa
05/10/2006, 21h41
Je savais que tu etais integriste :mrgreen:
VOUS m'avez refilé le virus :mrgreen:
vBulletin® v.3.6.5, Copyright ©2000-2008, Jelsoft Enterprises Ltd.
Tous droits réservés - Version française vbulletin-fr.org