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casacapital
01/06/2010, 23h17
JERUSALEM (AP) — Au lendemain de l'assaut israélien meurtrier contre la flottille pro-palestinienne, un nouveau bateau faisait route mardi vers la Bande de Gaza et un second s'apprêtait à prendre la mer. "Cette initiative ne s'arrêtera pas", lançait Greta Berlin, du mouvement Free Gaza.

Au moins neuf civils ont été tués lorsque les commandos israéliens ont intercepté les six navires lundi matin avant l'aube dans les eaux internationales. Des dizaines d'autres personnes ont été blessées, dont sept soldats.

Les embarcations transportaient environ 10.000 tonnes d'aide humanitaire pour la Bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus israélo-égyptien depuis la prise du pouvoir des islamistes du Hamas en 2007.

Le ministère israélien de l'Intérieur dit avoir interpellé 679 personnes qui se trouvaient à bord. Une cinquantaine d'entre elles ont accepté l'expulsion immédiate, et les autres étaient détenues à la prison de Beer Sheva, dans le Néguev. D'après la porte-parole du ministère Sabine Haddad, la plupart d'entre elles devraient être expulsées dans les tout prochains jours.

Selon elle, plus de la moitié des passagers de la flottille venaient de Turquie, les autres étant originaires d'une trentaine de pays, dont la Grande-Bretagne, l'Algérie, la Jordanie, le Koweït, l'Allemagne et les Etats-Unis. D'après la police, il y avait également quatre Arabes Israéliens, qui vont être traduits en justice.

Malgré la violence de l'assaut de lundi, le mouvement Free Gaza assurait vouloir poursuivre son action. Depuis sa base à Chypre, il annonçait mardi qu'un navire avait quitté les côtes italiennes en direction de la Bande de Gaza et qu'il serait prochainement rejoint par un second navire. Les deux embarcations devraient se rapprocher de leur destination en fin de semaine ou en début de semaine prochaine.

"Nous pensons qu'Israël trouvera un peu de sens commun", a déclaré Greta Berlin. "Ils vont devoir arrêter le blocus de Gaza. Et l'une des façons d'y parvenir et que nous continuions à envoyer des bateaux."

Le ministère israélien des Affaires étrangères a appelé les militants à acheminer l'aide humanitaire par les canaux autorisés, contrôlés par l'Etat hébreu. "Il n'y a pas de changement de politique", a averti son porte-parole Yigal Palmor.

L'Egypte a de son côté annoncé qu'elle ouvrait sa frontière avec la Bande de Gaza pour quelques jours. Ce geste humanitaire vise à "soulager les souffrances de nos frères palestiniens après l'attaque israélienne", a déclaré le gouverneur du Sinaï, Murad Muwafi.

Plusieurs milliers de Gazaouis se sont précipités à la frontière dans l'espoir de quitter leur territoire sous blocus. Des files de voitures avec des valises sur le toit convergeaient vers la frontière égyptienne où se dirigeaient aussi des piétons avec des sacs pleins à craquer.

Le Djihad islamique, soutenu par l'Iran, a tiré des roquettes mardi sur le sud d'Israël, sans faire de blessé, selon l'Etat hébreu. Le groupe islamiste a rapporté que trois de ses membres avaient été tués après cette action. Tsahal a confirmé avoir mené une frappe aérienne contre les tireurs de roquettes et le chef des services médicaux de Gaza a confirmé les trois décès.

Par ailleurs mardi matin, des activistes gazaouis se sont infiltrés en Israël et ont échangé des tirs avec des soldats. Les services de secours israéliens rapportent que deux activistes ont été tués.

Au lendemain de l'assaut israélien contre la flottille pro-palestinienne, les réactions internationales se poursuivaient.

L'OTAN, dont la Turquie est membre, a appelé mardi à une "enquête prompte, impartiale, crédible et transparente" sur l'assaut. Son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen a également demandé la libération immédiate des civils détenus par Israël.

Un peu plus tôt, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une déclaration -non contraignante, contrairement à une résolution- demandant une enquête "impartiale" sur l'assaut israélien. Il "regrette profondément la perte de vies humaines et les blessés" et réclame la libération "immédiate" des navires et civils détenus par Israël.

La Turquie, qui a rédigé le projet initial de déclaration, les pays arabes et les Palestiniens avaient réclamé une condamnation "dans les termes les plus vifs" et une "enquête internationale indépendante". Ces formulations n'ont pas été reprises dans le document adopté.

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