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Voir la version complète : Les importateurs de poudre de lait peinent a suivre la stratégie de l'état


bledard_for_ever
02/06/2010, 21h33
Les transformateurs incriminent l'Onil

Les transformateurs de lait sont confrontés actuellement à de multiples problèmes dont la non-disponibilité de la poudre de lait. Une situation qui a engendré, selon Abdelouaheb Ziani, président de la Fédération nationale de l'agroalimentaire, une perturbation et des pénuries de lait surtout dans les régions de l'ouest et de l'est.

Pour répondre aux préoccupations des professionnels de la filière, la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa) organise le 10 juin une journée d'information sur la filière lait, au siège de la Fédération nationale de l'industrie agroalimentaire, de l'agriculture et des pêches. Pour M. Ziani, il y a lieu de regrouper les producteurs et transformateurs du pays autour des problèmes du secteur, surtout que la tension persiste.

«Les problèmes soulevés par les transformateurs sont liés à la répartition des quotas de la poudre de lait. Il y a lieu de mieux réorganiser la filière pour avoir plus de lait cru et pour que les entreprises fonctionnent afin d'éviter la perturbation du marché», affirme-t-il, tout en ajoutant que les responsables de l'Office national interprofessionnel du lait (Onil) et le Comité interministériel du lait sont conviés à prendre part à cette réunion de concertation.
Du côté des producteurs, notre interlocuteur a annoncé la participation de 80 gérants et directeurs de laiteries privées ainsi que des représentants de 11 entreprises publiques, réparties sur le territoire national. Parmi les raisons de cette perturbation du marché, le président de la fédération a cité la répartition de la poudre de lait appliquée par l'Onil.
«Certaines entreprises ont beaucoup plus de quotas, alors qu'il y a d'autres qui ne travaillent que deux semaines durant le mois. C'est tout le système qu'il faudrait revoir. Il faut que les entreprises fonctionnent le plus normalement possible. Pour cela, nous devrions discuter avec les responsables de l'Onil et du comité interprofessionnel», a tenu à souligner M. Ziani.

L'importation de la poudre de lait en baisse
S'agissant de la disponibilité de la poudre de lait, le président de la fédération de l'agroalimentaire fait état d'une réduction de 10% de la quantité importée. «Chaque année, l'Etat réduit l'importation de 10% pour permettre aux producteurs de lait cru d'émerger. Il s'agit d'une action faisant partie de la stratégie d'autosuffisance.
Mais elle a eu des effets sur les transformateurs, notamment privés.» Le but est de relever le niveau du lait cru en Algérie, estime-t-il, sans omettre de signaler que durant l'année 2009 la production de lait cru était de 4 millions de litres. «Cette année, l'objectif est de produire plus et de réduire également la facture d'importation.
C'est un véritable défi qui est imposé aux producteurs», a estimé notre interlocuteur, relevant au passage que les entreprises laitières ne sont pas suffisamment rôdées dans le domaine de la collecte et de la fabrication du lait cru. «Il ne suffit pas de réduire les quotas et de laisser les producteurs seuls. La question de l'investissement dans l'élevage sera abordée dans le cadre de notre réunion. Nous comptons débattre des subventions publiques et des coûts de production, car nous sommes aujourd'hui dans le flou total depuis la réorganisation de la filière lait», a tenu à faire part M. Ziani.

En dépit des progrès réalisés, la filière du lait souffre de nombreux dysfonctionnements. Les acteurs du domaine (éleveurs, collecteurs et transformateurs) évoquent des zones d'ombre dans les décrets de lois et la politique de fonctionnement de la filière.

L'Algérie a importé, durant l'année 2009, 120 000 tonnes de poudre de lait. Le but est d'atteindre les 100 000 tonnes en 2010. Un objectif qui sera réalisé grâce au développement des fermes laitières et du réseau de collecte.

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