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DZone
16/06/2010, 22h49
5ème réunion du conseil d’association Algérie-UE:

accord pour une révision du calendrier du démantèlement tarifaire

L’Algérie et l’Union européenne sont convenues, hier, à Luxembourg, de réviser le calendrier du démantèlement tarifaire prévu par l’accord d’association (AA) UE-Algérie, conclu en 2002, et entré en vigueur en septembre 2005. Toutefois, aucun calendrier n’a été fixé pour la mise en œuvre de cet accord.

La décision a été annoncée par le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, et son homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’UE, lors d’une conférence de presse qui a sanctionné la 5ème réunion du conseil d’association, qui évalue chaque année la mise en œuvre de l’accord d’association. «On n’a pas fixé de date, mais lorsque nous serons prêts nous prendrons de nouveaux contacts [...] nous n’allons pas perdre de temps, nous allons faire en sorte que le plus rapidement possible l’UE soit saisie d’une proposition opérationnelle de l’Algérie», a déclaré à l’APS M. Medelci.

La partie algérienne «fera en sorte que dès l’instant où elle est saisie par l’UE, le comité d’orientation prévu par l’AA se réunisse à son tour et que très rapidement nous ayons donc à conclure un accord sur le nouveau programme de démantèlement», a ajouté le ministre.

«Au cas où les deux parties ne parviennent pas à un accord sur la proposition algérienne, l’application stricte des dispositions de l’AA sera automatique durant une année encore. Pendant ce temps, l’Algérie continuera à chercher des solutions plus durables», expliqué M. Medelci.

Interrogé sur les difficultés d’accès des entreprises algériennes au marché européen, M. Medelci a répondu : «Aujourd’hui, les deux partenaires ont évoqué toutes les questions, mais la délégation algérienne a surtout mis l’accent sur la question des investissements.»

La révision du calendrier du démantèlement tarifaire ainsi que des autres dispositions contenues dans l’AA s’explique et se défend, car l’Algérie et l’économie algérienne «ont changé». C’est là de nouvelles donnes qui imposent l’adaptation d’un certain nombre de programmes inscrits dans le cadre de l’accord d’association liant l’Algérie aux Vingt-sept.

Dans une allocution prononcée à l’ouverture de cette 5ème réunion du conseil d’association Algérie-UE, M. Medelci a d’ailleurs énuméré les raisons objectives qui justifient cette demande de révision du calendrier du démantèlement tarifaire.

Il a reconnu que les relations entre l’UE et l’Algérie ont gagné en «intensité» à la faveur de cet accord d’association.
Néanmoins, a-t-il expliqué aux représentants des Etats membres de l’UE, cet accord a ouvert de «nouvelles perspectives», mais a induit également des «défis à relever». «Mon pays, en signant l’accord d’association, voulait développer une coopération globale qui couvrirait tous ses volets : politique, économique et commercial, culturel, social et humain.

Or, jusqu’à maintenant, nous relevons clairement que le volet commercial a reçu une attention particulière par rapport aux autres», a-t-il constaté. Le démantèlement tarifaire progressif, mis en œuvre depuis 2005, pèse «lourdement» sur les recettes budgétaires du pays, et n’encourage pas «la création» et «le développement» de certaines industries locales «naissantes» ou en «développement». C’est une des imperfections que les négociateurs algériens ont essayé de mettre en exergue, en faisant valoir qu’il y a nécessité d’apporter à cet accord des correctifs.

Reste à savoir si les Européens sont attentifs aux doléances algériennes. En résumé, les aménagements formulés par l’Algérie se rapportent essentiellement à des aspects «juridiques» et «économiques» en mesure de permettre à notre pays de déployer ses ambitions et ses exigences économiques.

Outre le volet économique et commercial, la délégation algérienne au Luxembourg a évoqué avec les responsables européens des sujets politiques d’intérêt commun, sachant que le dialogue politique «se déroule bien» et «à la satisfaction mutuelle des deux parties» et qu’il «n’y a pas de gros problèmes».

A la différence des réunions antérieures du conseil d’association, la rencontre d’hier intervient dans un contexte un peu particulier marqué par une crise financière au niveau des Etats membres de l’UE. L’Algérie devait tirer profit de cette situation et mieux négocier ses relations avec les Vingt-sept. Elle devait mettre à plat toutes les questions en rapport avec l’AA. C’est, en fait, la dépréciation de l’euro qui s’est invitée dans les débats animés par le conseil d’association. Et elle n’était pas sans effets sur la teneur des discussions. Les négociateurs algériens étaient dans une position confortable pour négocier au mieux les clauses de cet accord.

Explications : en période de crise, les Etats «se barricadent», se protègent, protègent leurs échanges, en renforçant les barrières douanières.

Cette manière de faire, les Européens en usent aujourd’hui et ils ne peuvent pas la contester à l’Algérie. Ce procédé, les négociateurs algériens peuvent le faire valoir. L’accord d’association a été paraphé en 2002, à Valence, Espagne. Aux dires de beaucoup, il a été négocié dans une conjoncture qui n’était pas favorable à l’Algérie. Les pourparlers n’ont pas eu la régularité qui devait être la leur.

Elles ont été interrompues à plusieurs reprises, en raison de la crise sécuritaire qui prévalait dans le pays. Il a fallu attendre les années 2000 pour les reprendre.

Par Youcef Salami
© Copyright La Tribune d'Algerie

DZone
16/06/2010, 22h51
Le Conseil d'association UEAlgérie a entamé les travaux de sa cinquième session hier au Luxembourg. Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, est intervenu pour exposer l'évaluation algérienne et demander la révision du calendrier du démantèlement tarifaire prévue par l'accord d'association conclu en 2002 et entré en vigueur en 2005.

Dans une allocution prononcée au Luxembourg lors de la 5ème réunion du Conseil d'association Algérie-UE, qu'il a présidée avec son homologue espagnol Miguel Angel Moratinos, M. Medelci a énuméré les raisons objectives qui justifient cette demande. Il a d'abord relevé que, pour des raisons historiques, culturelles et économiques, l'Algérie accorde une grande importance à ses relations avec l'UE, qui «représente un des axes stratégiques de sa politique étrangère».

Le ministre a reconnu que «ces relations ont gagné en intensité» à la faveur de cet accord d'association. «Mon pays, en signant l'accord d'association, voulait développer une coopération globale qui couvrirait tous ses volets : politique, économique et commercial, culturel, social et humain», a rappelé le ministre. Néanmoins, a-t-il fait remarquer aux représentants des Etats membres de l'UE,» cet accord a ouvert de nouvelles perspectives mais a induit également des défis à relever».

Et la circulation des personnes ?

Relevant implicitement que l'Algérie n'est pas qu'un marché de consommation, Mourad Medelci a fait le constat que « jusqu'à maintenant… le volet commercial a reçu une attention particulière par rapport aux autres».

Partant de cela, il a affirmé aux partenaires européens qu'il était de l'intérêt des deux parties, en tout cas pour l'Algérie, que «la libre circulation des marchandises puisse s'accompagner d'une meilleure dynamique d'investissement et d'une meilleure mobilité des personnes». M. Medelci a rappelé, à cet égard, que les réunions des sous-comités «agriculture et pêche», «coopération douanière» et «dialogue économique» de cette année ont permis d'identifier des axes de coopération intéressants à mettre en œuvre dans le futur.

Il a aussi rappelé la décision d'organiser deux séminaires sur la problématique de l'accès des produits agricoles algériens au marché européen, dont le premier se tiendra à Alger à la fin de juin en cours. Cette problématique a amené le ministre à relever que les exportations agricoles ont non seulement reculé mais que même la consommation des contingents tarifaires alloués à l'Algérie reste très faible. Pour lui, le seul élément positif provient des exportations de la pêche qui ont atteint «18 millions d'euros et dont la balance commerciale est légèrement en faveur de l'Algérie». Pour le moment, il est aisé de constater qu'en matière de circulation des personnes, le système des visas instauré par l'Europe a établi une autre frontière que n'arrivent pas à franchir des milliers d'Algériens, malgré les garanties de retour qu'ils présentent.

Faibles investissements

L'évaluation algérienne des investissements européens n'est pas jugée positive bien que « l'accroissement des investissements directs européens en Algérie constitue un des objectifs essentiels de l'accord d'association». Mourad Medelci a fait remarquer à ses interlocuteurs que «l'Algérie considère que les flux d'investissements européens sont en deçà de ses attentes, en particulier ceux destinés à promouvoir la diversification de son économie et de ses exportations». «Censé être un catalyseur pour le développement des investissements directs européens en Algérie, force est de constater que cinq années après son entrée en vigueur, l'accord d'association n'a pas eu encore l'effet d'entraînement attendu», a jugé le ministre. Dans un récent entretien au Quotidien d'Oran, Stefan Füle, le Commissaire européen en charge de l'Élargissement et la Politique de voisinage, soutenait le contraire.

Selon ce diplomate européen, la réalité sur le terrain serait différente. En s'appuyant sur une évaluation de 2009 et des chiffres de la Banque d'Algérie, il a affirmé que « les investissements de l'UE en Algérie ont pratiquement quintuplé entre 2005 et 2008, de 235 millions de dollars (environ 22,3 milliards de dinars), à 1,14 milliard de dollars (108,2 milliards de dinars). Surtout ils se sont largement diversifiés hors du secteur des hydrocarbures (passés de 78% en 2005 à environ 30% en 2008), alors que les investissements en Algérie de pays autres que l'UE concernent essentiellement ce secteur».

Même si ces investissements ont quintuplé, au niveau du volume, ils demeurent encore symboliques. A quel niveau ne le seraient-ils plus ? A partir de cinq milliards de dollars, nous disent des économistes. Cela dit, cette 5ème session du Luxembourg permet à l'Algérie d'officialiser son recours aux dispositions de l'accord d'association autorisant la révision du calendrier et des listes du démantèlement tarifaire. A cet effet, le ministre des Affaires étrangères a annoncé que des propositions concrètes «seront bientôt transmises dans ce sens au comité d'association». Mourad Meldeci n'a pas manqué de souligner que ce volet démantèlement tarifaire « a induit des pertes substantielles en recettes douanières pour l'Algérie au titre de la période 2005-2009, de l'ordre de 2,5 milliards de dollars, avec une projection pour 2010-2017 d'environ 8,5 milliards de dollars».

En matière de coopération financière, le ministre a souligné la satisfaction de l'Algérie qui «salue la décision de recourir à l'approche budgétaire nationale 2011-2013, en regrettant, néanmoins, «les réductions substantielles opérées de manière unilatérale sur l'enveloppe financière allouée à notre pays», et il a réitéré l'espoir partagé de recouvrer ces ressources dans un cadre à la fois concerté et diligent».

par Oualid Ammar
© Copyright Le Quotidien d'Oran

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