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Voir la version complète : La question à 2 000 milliards : qui détient la dette de l’Europe ?


arayzon
19/06/2010, 16h51
Francfort:
Les banques ne se font plus confiance, car personne ne sait lesquelles sont le plus exposées au risque de défaut de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal.
C’est un mystère à 2 000 milliards d’euros.


Ce chiffre représente la somme prêtée par des banques étrangères et autres établissements financiers à des institutions publiques et privées de Grèce, d’Espagne et du Portugal. Ces trois pays sont dans un tel bourbier économique qu’analystes et investisseurs estiment qu’une portion importante de cette dette ne sera jamais remboursée.

Le problème est malheureusement que personne — ni les investisseurs, ni les régulateurs, ni même les banquiers euxmêmes — ne sait quelles sont les banques assises sur les plus grosses montagnes de ces créances douteuses. Cette incertitude, comme toujours en temps de crise économique, a parfois semblé geler un système financier européen déjà fragilisé. Au début du mois de mai, les banques du Vieux Continent, qui détiennent apparemment la moitié de cette dette pharaonique, ont quasiment cessé de se prêter de l’argent. C’est un signe de l’extrême dangerosité de la situation.

Aujourd’hui, alors que les États voient leurs ressources grevées et que les économies européennes inspirent de moins en moins confiance, certains estiment que la meilleure chose à faire pour les banques du continent est de mesurer l’étendue des dégâts avec rigueur et transparence. Tant que cela n’aura pas été fait, personne ne pourra s’attaquer avec efficacité aux problèmes croissants de l’Europe.

Avant le déferlement de la crise grecque, les investisseurs se préoccupaient peu des sommes prêtées par les établissements financiers européens à l’étranger. Leur vulnérabilité face à des économies aussi faibles que celles de la Grèce et du Portugal a donc créé la surprise.

“Tout le monde savait que les dettes étaient très importantes”, déclare Nick Matthews, économiste en chef pour l’Europe de la Royal Bank of Scotland et coauteur du rapport qui établit le montant des sommes dues par les trois pays incriminés “Mais la plupart des gens n’imaginaient pas que les banques étaient à ce point exposées.”

L’inquiétude s’est rapidement propagée au-delà des obligations souveraines émises par ces trois États, ainsi que par l’Irlande et l’Italie, elles aussi gravement endettées. Désormais, la dette privée de ces pays soulève aussi des interrogations, car, lorsque les taux d’intérêts augmentent pour l’État, ils grimpent aussi pour les entreprises. Le 31 mai, la Banque centrale européenne (BCE) a lancé un avertissement : la récession et la hausse du montant des traites peuvent conduire à l’insolvabilité des entreprises.

L’institution de Francfort estime que les plus grandes banques du continent vont passer 123 milliards d’euros de provision pour créances douteuses cette année, puis 105 milliards l’an prochain. Ces sommes seront toutefois compensées par des plus-values réalisées ailleurs.

Selon les analystes de la Royal Bank of Scotland, sur les 2 200 milliards d’euros prêtés par les banques et établissements financiers étrangers à la Grèce, au Portugal et à l’Espagne, 567 milliards constituent la dette souveraine, tandis que 534 autres milliards correspondent à des emprunts des entreprises privées hors secteur bancaire. Les 1 000 milliards restants sont des prêts interbancaires. La crise a débuté en Grèce, mais l’Espagne et son secteur privé ont emprunté bien davantage.

Hormis ces éléments, on connaît très mal le détail de ces emprunts, qui représentent 22 % du PIB européen.

Le 7 mai, le coût, pour les banques européennes, de l’assurance contre le défaut de remboursement a atteint un niveau supérieur à celui constaté après l’effondrement de Lehman Brothers aux États- Unis. Les dirigeants de la BCE ont souligné que la flambée des primes de risque mettait en péril leur capacité à contrôler les taux d’intérêt.

Trois jours plus tard, l’UE et le Fonds monétaire international adoptaient un plan de secours de 750 milliards d’euros. Dans le même temps, et pour la première fois de son histoire, la BCE achetait des bons du trésor pour éviter une liquidation des dettes souveraines, grecque, espagnole et autre.

Il demeure presque impossible de savoir quels établissements sont les plus concernés par les difficultés d’Athènes et éventuellement d’autres pays.

Leurs autorités de régulation respectives savent quels actifs sont détenus par quelles banques dans leur pays. Mais elles rechignent à partager l’information au-delà des frontières. Lucas Papademos, vice-président de la BCE, a déclaré le 31 mai qu’un petit nombre de banques “s’appuyaient excessivement” sur ses lignes de crédit d’urgence.

Mais M. Papademos, dont le mandat s’est achevé le 1er juin, a refusé d’en dire davantage. “Le marché ne sait pas vraiment où se situe le risque réel”, explique Nicolas Véron, économiste à Bruxelles. “Tant qu’il n’y aura pas un semblant de transparence, la confiance dans le système bancaire ne sera pas restaurée.”

Raphael Minder a contribué à ce reportage depuis Madrid.

Source : lefigaro.fr

absent
19/06/2010, 17h08
Les françaises viennent en deuxième position juste après les anglaises...

La France joue le rôle du pompier pyromane....

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