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Voir la version complète : Pas encore de fruits des réformes économiques en Algérie


nassim
01/07/2010, 00h21
Comment assurer la garantie des investissements et des emplois censés ouvrir le champ aux IDE et à l'augmentation des emplois quand il avait été décidé d'accorder la priorité aux réformes et de "casser" le monopole sur le commerce extérieur ? Peut-être que le fait d'avoir voulu casser ce monopole dans ce domaine précis devait il participer de la transparence et de la lutte contre la corruption, à l'époque déjà ? Dès lors qu'on avait cassé le monopole sur le marché extérieur pour transférer cette mission étatique plutôt à des hommes d'affaires qu'aux entreprises privées qui investissent dans la production, dès lors que cette décision a favorisé l'enrichissement sans transfert de technologie qu'implique la nature des importations concernées , une concurrence entre importateurs et non entre producteurs, dès lors qu'ainsi est créée une classe d'opérateurs économiques, ou plutôt d'"opérateurs commerciaux" et dès lors qu'ainsi est indiquée la voie la meilleure pour un enrichissement facile, rapide et sans risque, il est normal qu'il ne faudrait pas s'attendre à une productivité pouvant soutenir les augmentations salariales.

Peut-être que ceux qui avaient fixé ces objectifs à savoir ceux qu'on appelait "les réformateurs" avaient estimé que la continuité de leur engagement (leur présence) aux postes de commande du gouvernement allait durer beaucoup plus longtemps afin d'achever les réformes et de donner à celles-ci le sens qu'elles devaient avoir. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts et les objectifs fixés n'ont pas été atteints. Ce qui en a découlé est allé dans le sens contraire et a permis surtout de créer de grosses fortunes sur la base de la spéculation, des importations sans possibilité de recorriger la trajectoire. Au regard des différentes formes éprouvées de menaces qui pèsent sur le front social, alors qu'ont été à maintes fois organisées des "tripartites" et des bipartites, peut-on dire qu'il ne faudrait imputer la permanence du mécontentement qu'aux insuffisances ou plutôt à la faiblesse du dialogue social ? Lorsqu'il est invoqué l'argument du lien des augmentations salariales à la productivité hors hydrocarbures, la question se pose de savoir pourquoi il n'y a pas de productivité suffisante hors de ce secteur.

Une autre question devrait également se poser et certainement qu'il existe un lien avec la condition posée pour des revalorisations salariales. Casser le monopole sur le commerce extérieur ne s'est pas fait en faveur du secteur de la production, et ceux qui en ont été les acteurs agissent plus en hommes d'affaires qu'en "industriels". Pour ce qui nous concerne, certes la question peut se poser de savoir pourquoi ne serait-il pas possible de doper nos exportations à l'étranger, alors qu'en réalité, c'est une autre question qui devrait se poser. Pourquoi ne pas fournir des plans de charge à nos entreprises, et à orienter cette augmentation du pouvoir d'achat vers la production nationale ? Mais la production nationale devrait, au préalable, être plus avantageuse en termes de "qualité prix" que les produits d'importation, ce qui n'est pas le cas et qui ne sera peut-être jamais le cas.

source : le Maghreb DZ

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