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Voir la version complète : couverture de la coupe du monde


absent
04/07/2010, 20h57
Entre les huitièmes et quarts de finale de la Coupe du monde, je vous propose de zoomer sur les journaux sportifs. Inutile de souligner que c’est la « marchandise » la plus prisée en ce temps fou du foot.

Et j’avoue être particulièrement accro des deux principaux quotidiens sportifs. Je verse chaque matin 20 DA équitablement à l’un et à l’autre. Après tout, ils les méritent bien ne serait-ce que pour payer les 10 envoyés spéciaux qui nous « câblent » depuis le pays de Mandela. Le plus intéressant pour moi, c’est que ces deux journaux redoublent de concurrence au point où une info donnée par l’un est vite relayée et exploitée par l’autre. Parfois, elle est tout simplement contredite ou démentie. On comprend aisément, nous lecteurs, que les centres d’intérêt des deux journaux, historiquement liés par leurs équipes, ne sont pas les mêmes. La concurrence est terrible. Ça se lit à longueur de colonnes et en gros caractères. Les deux journaux barrent leurs « unes » par cette mention : « De 10 de nos envoyés spéciaux ». Sur ce plan ils sont quittes. En suite, c’est la course aux interviews avec les stars du Mondial. Et là, franchement, on reste un peu sceptique devant ces entretiens quasi quotidiens avec Kaka, Robinho, Dunga, Marquez et autres Terry et Rooney que nous lisons même entre les lignes…

Je me pose la question de savoir si une star comme Messi ou Ronaldo puisse accorder un entretien de plusieurs questions dans la zone mixte en trois petites minutes. Et devant une faune de reporters des plus grands canards, télés et radios du monde, a-t-il le temps de lâcher un mot sur nos modestes Verts ? Je me pose la question. C’est vrai qu’on voit des photos montrant les envoyés spéciaux à peu près à côté de ces « people » du foot. Mais je remarque que, assez souvent, le regard de la star va plutôt ailleurs… Et ce sont plutôt les journalistes qui sont devenus des stars. Les éditions ressemblent à des albums photos, histoire peut-être de « valider » l’interview. Mais ça nous vaut tout de même une grosse manchette du genre « Messi à… », avec cette mention « exclusive ». C’est la chasse aux étoiles dans les deux quotidiens !

Mais ils ne sont pas les seuls. Parfois tu te dis même avec quelle langue le journaliste a parlé au footballeur. Il faut tout de même féliciter certains reporters qui maîtrisent la langue de Shakespeare, d’autres de Cervantès et d’autres encore celle de Jorge Amadou de Faria. Qu’ils nous fassent vivre l’événement comme si nous y sommes est déjà un plaisir. Le plus amusant dans cet autre match médiatique est que deux quotidiens rivalisent même sur le sort de Saâdane et évidemment le nom de son successeur. L’un privilégie la piste d’un technicien étranger en nous proposant coup sur coup, Pekermann puis Eriksson et l’autre zoome sur Rabah Madjer. Pour l’instant, c’est match nul, Raouraoua n’a pas encore tranché. On est aussi amusé par l’épisode Saïfi qui serait un démon par-ci et un ange par-là, dans l’affaire de l’agression de notre consœur de Compétition. Comme quoi, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs et au même prix ! Bon courage et sans rancune chers confrères.


Hassan Moali - El watan

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