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Voir la version complète : Sonatrach joue la carte de la préférence nationale


nassim
05/07/2010, 00h50
Les pouvoirs publics comptent freiner la dépendance de l'Algérie des marchés extérieurs et booster la demande intérieure, afin de relancer l'économie. Et c'est là justement toute la finalité des programmes de développement financés par la dépense publique. Le gouvernement est bien décidé à impliquer les entreprises locales afin d'impulser un développement réel bâti sur les entreprises nationales. Aussi, et depuis 2009, la préférence nationale revient régulièrement dans le discours du gouvernement. Avec un taux fixé actuellement à 15 %, celui-ci devrait passer à 25 % à la prochaine révision du code des marchés publics. Aussi, la première entreprise d'Algérie, Sonatrach, vient d'entériner de façon définitive ce concept de préférence nationale dans sa nouvelle directive de passation des marchés.

Récemment installé à la tête de Sonatrach, Noureddine Cherouati veut donner le ton. Après le gel de plusieurs contrats avec des sociétés étrangères, le P-DG de Sonatrach veut tourner résolument Sonatrach vers la sous-traitance locale. C'est ainsi que dans cette nouvelle directive de 38 pages, dont les grandes lignes ont été publiées hier par le quotidien électronique TSA, Sonatrach évoque la question de la préférence nationale. Il est, ainsi précisé qu'une marge de préférence est accordée aux produits, biens et services d'origine algérienne, suivant le taux et les modalités fixés par la réglementation en vigueur. Le dossier d'appel d'offres doit indiquer clairement le taux de la marge de préférence et la méthode d'évaluation et de comparaison des offres qui sera suivie pour appliquer ladite préférence.

Il faut rappeler, dans ce sens, que le taux de préférence nationale est fixé actuellement à 15 ; néanmoins, la nouvelle mouture du code des marchés publics introduira un taux de préférence nationale de 25%. Cette mesure permettra à une entreprise de droit algérien de remporter un contrat public avec une offre financière supérieure de 25% par rapport à un soumissionnaire étranger. Outre le taux de la préférence nationale, le nouveau code des marchés publics devrait accorder d'autres avantages aux entreprises et bureaux d'études algériens pour leur permettre de bénéficier de contrats publics et d'être systématiquement associés par les groupes étrangers dans la réalisation de projets en Algérie. Le nouveau code des marchés publics devrait ainsi interdire l'exclusion systématique des entreprises algériennes des appels d'offres par la mise en place par les administrations de critères techniques et financiers élevés. Il faut noter, par ailleurs, que le groupe Sonatrach a pris des initiatives afin d'encourager les PME à investir dans la sous-traitance industrielle. Il a, dans ce sens, organisé un séminaire sur la pièce de rechange dans le domaine industriel. Cela est d'autant plus essentiel que La compagnie nationale des hydrocarbures importe en moyenne pour un milliard de dollars de pièces de rechange pour ses différentes unités de production de toutes les activités réunies, amont, aval et transport.

Sonatrach veut également pousser ses partenaires à utiliser la main-d'œuvre algérienne. "Le dossier d'appel d'Offres doit indiquer clairement, à travers les dispositions contractuelles, l'obligation faite au cocontractant d'utiliser en priorité la main-d'œuvre nationale et de ne recourir à la main-d'œuvre étrangère que sur la base d'une production des documents de l'Agence nationale de l'emploi, justifiant la non disponibilité de ressources locales", précise le document.

Par ailleurs, le document de la Sonatrach redéfinit les critères de passation et d'attribution de ses marchés et concerne tous les marchés, à l'exception de quatre types d'opération, notamment les marchés relatifs aux opérations de recherche, développement et exploitation, régis par les contrats d'association, l'importation des hydrocarbures et produits dérivés, les affrètements maritimes au voyage pour les besoins des ventes et des importations, la fourniture des services d'électricité, de gaz, d'eau et des carburants.

Source : Le Maghreb DZ

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