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Voir la version complète : L'Onusida lance une nouvelle stratégie médicale contre la pandémie


Maghreb-United
13/07/2010, 19h29
L'Onusida, qui coordonne l'action des différentes agences des Nations unies dans la lutte contre la pandémie, a rendu publiques, mardi 13 juillet, à Genève, les grandes lignes de ce qui est désormais considéré comme le traitement d'avenir contre la maladie.
Une stratégie médicale de deuxième génération, baptisée "Traitement 2.0", dont la force majeure réside dans sa double fonction : parade thérapeutique contre les effets pathologiques du virus VIH d'une part, arme préventive contre sa transmission d'autre part.


Alors que le virus continue de progresser (7 400 nouvelles infections par jour dans le monde), les études se sont multipliées, ces dernières années, qui démontrent la capacité des traitements antirétroviraux à réduire le risque de transmission du VIH. Au plan théorique, rien que de très logique : un traitement bien conduit rend la charge virale indétectable dans le sang, réduisant presque à zéro le risque de transmission.
Selon les modèles mathématiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le dépistage volontaire universel du VIH, une fois par an, chez l'ensemble des adultes, suivi aussitôt d'un traitement antirétroviral en cas d'infection, permettrait ainsi, en dix ans, de réduire de 95 % l'incidence annuelle de l'infection par le VIH.
Dans la pratique, cet accès universel au traitement est loin d'être acquis. Certes, dans les pays à revenu faible ou moyen, environ 5 millions de personnes reçoivent actuellement une thérapie contre le sida - ce qui constitue déjà un progrès considérable.
"Nouvelle stratégie"
"Il y dix ans, il n'y avait quasiment pas de traitements disponibles pour ces pays", rappelle Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida. "En six ans, nous avons multiplié par douze le nombre de personnes qui en bénéficient. Mais sur les 15 millions d'individus ayant besoin d'un traitement, près de 10 millions n'en reçoivent toujours pas." La maladie court donc plus vite que les soins : quand deux personnes commencent un traitement contre le VIH, cinq, dans le même temps, sont nouvellement infectées.
Si l'on veut parvenir à utiliser les médicaments à des fins préventives, il faut impérativement passer à la vitesse supérieure. En investissement financier comme en efficacité sur le terrain. Tel est l'objet du Traitement 2.0, dont les grands axes viennent d'être précisés.
"Il s'agit de proposer un traitement simplifié et beaucoup moins cher, avec une administration et des infrastructures sanitaires moins lourdes qu'actuellement", résume Michel Sidibé.
Simplifier le traitement ? Par exemple grâce à la promotion de trithérapies génériques combinées et à dose fixe. Dans les pays en développement, la solution "une pilule par jour", qui associe trois médicaments dans un même comprimé, augmenterait considérablement le respect de leur prescription par les patients, tout en améliorant leur qualité de vie. "Certains de ces traitements sont déjà disponibles, mais il faut développer des génériques ayant moins d'effets secondaires et moins de toxicité à long terme", soulignent les experts d'Onusida.
"Les études dont nous disposons attestent que cette approche globale produirait des dividendes : la mise en oeuvre du "Traitement 2.0" permettrait d'éviter un million de nouvelles infections d'ici à 2015, soit une réduction de 30 %, et d'éviter 10 millions de décès d'ici à 2025", calcule Michel Sidibé.
Techniquement, affirme-t-il, l'objectif peut être atteint sans grande contrainte. "La question qui se pose est avant tout politique : sommes-nous prêts à aller vers cette nouvelle stratégie ?"
Paul Benkimoun et Catherine Vincent

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