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Maroc02
16/07/2010, 21h03
Exportations: Bond de 16% à fin juin 2010


· Gain de 1,5% pour le taux de couverture

· Croissance à 2 chiffres des transferts des RME et des recettes des voyages

· Mais les IDE régressent de 23% à 10,2 milliards de DH


C’EST une première dans les annales du commerce extérieur marocain: la croissance des exportations l’emporte sur celle des importations. De source proche du Comité de veille interministériel, nos ventes à l’extérieur ont enregistré un bond de 16% au terme du premier semestre 2010. La valeur des exportations est ainsi passée à 66,4 milliards de DH contre 57,2 milliards à fin juin 2009.
Parallèlement, les importations ont crû de 12%. Leur valeur a atteint 145,3 milliards de DH au lieu de 129 milliards au terme des six premiers mois de l’exercice écoulé. Cette évolution a permis une amélioration du taux de couverture de 1,5% .Il s’est établi à 45,7% contre 44,2% à la même période de l’année 2009. Les données de l’Office des changes, qui seront rendues publiques fin juillet, font état aussi d’une augmentation de 11% des transferts des RME qui enregistrent une amélioration de 2,5 milliards de DH. Il en est de même des recettes des voyages dont la croissance sur la période considérée s’est située à 10%, soit une augmentation de 2,1 milliards de DH. Seul point négatif, la baisse des investissements extérieurs et prêts étrangers. Ces postes de recettes ont accusé, en effet, une régression de 23,3%. Leur valeur s’est établie à 10,2 milliards de DH contre 13,3 milliards à fin juin 2009. Nonobstant ce dernier indicateur, tous les autres confirment les prévisions de reprise attendue pour les échanges mondiaux (cf. www.leconomiste.com, édition du mercredi 13 juillet). Celles-ci tablent sur un taux de croissance du commerce international de 9,5% en 2010 contre un recul de 12% en 2009. Mais cette croissance sera surtout tirée par les pays émergents d’Asie et d’Amérique latine. Pour ces pays, le taux projeté est de l’ordre de 10,5%. Aux Etats-Unis où le processus de désendettement des ménages est bien avancé, la demande interne devrait connaître aussi une évolution soutenue. Il en est de même, mais dans une moindre mesure, de certains pays d’Afrique et de la région Mena.
Constat que confirme la dernière note de conjoncture du haut-commissariat au Plan (HCP).
Ainsi selon le HCP, «la demande mondiale adressée au Maroc a continué de s’améliorer au premier trimestre 2010 (+4,3%, en variation trimestrielle), tirant profit du dynamisme, plus important que prévu, du commerce mondial». Dynamisme tiré tout particulièrement par les échanges des pays émergents, notamment la Chine. La demande extérieure resterait favorablement orientée au deuxième trimestre 2010. Mais à un rythme moins soutenu (+2,9%), en lien avec l’évolution du commerce mondial et des importations de nos principaux partenaires commerciaux (+2,1% en zone euro, contre +4,1% un trimestre plus tôt), estime le HCP.
Mais les signes de relance de l’économie nationale de manière générale ne cessent de se confirmer. Les données conjoncturelles du HCP font état de la poursuite du redressement des activités non agricoles avec une croissance de 5,6%, en variation annuelle, après 5,4% lors du dernier trimestre 2009. Cette performance a été confortée, en grande partie, par l’amélioration du secteur minier et, dans une moindre mesure, par celle de l’industrie et des branches annexes. Lors du 2e trimestre 2010, la situation conjoncturelle des activités hors agriculture aurait continué de s’améliorer, situant leur rythme de croissance annuelle à environ 5%. Néanmoins, les résultats agricoles, en deçà du niveau record enregistré en 2009, maintiendraient la croissance économique globale aux alentours de 3,4% au 2e trimestre 2010, après 3,5% au premier trimestre.
L’affermissement des activités minières, amorcé depuis le 2e trimestre 2009, se poursuit et ne semble pas manifester des signes d’essoufflement sur le très court terme. La valeur ajoutée du secteur a progressé, au terme du premier trimestre 2010, de 22,8% en variation trimestrielle, après 22,3% 3 mois auparavant. Et l’orientation à la hausse devait se poursuivre durant le 2e trimestre. Selon le HCP, les anticipations des entreprises minières concernant la production, corrigées des effets de la saison, dépassent leur niveau moyen des cinq dernières années d’environ 17 points. «Cet optimisme, appuyé par les perspectives d’un renforcement probable de l’utilisation mondiale des fertilisants, laisse augurer d’une poursuite de la dynamique du secteur au cours du 2e et 3e trimestre 2010», pronostique le HCP.
Les activités touristiques et énergétiques affichent aussi de bonnes performances (cf. L’Economiste du jeudi 15 juillet). Toutefois, le rythme de progression des activités industrielles reste modéré. Hors raffinage, la valeur ajoutée industrielle a crû de 2,2% au terme du 1er trimestre 2010.
Si l’on exclut les industries chimiques et para-chimiques, dont l’activité a été plus dynamique, les performances des autres activités sont restées en dessous de leurs rythmes tendanciels. Situation qui semble avoir été améliorée à fin juin dernier. Les anticipations des entreprises tablaient en effet sur une évolution positive des ventes à l’extérieur.
«En ligne avec la reprise graduelle des activités non agricoles, la Formation brut du capital fixe (FBCF) pourrait légèrement s’accélérer courant 2010», prévoit le HCP. Prévision confortée par l’évolution estimée, 6,8% en variation annuelle, contre 2,1% une année plus tôt. Les investissements industriels auraient contribué fortement à cette accélération, comme le laisse entrevoir, d’ailleurs, la hausse des crédits destinés à l’équipement de 21,2%, à fin mars 2010. L’investissement en construction se serait, également, consolidé, sur fond de mesures d’encouragement mises en œuvre par les pouvoirs publics dans le cadre du nouveau programme de logement social. C’est ainsi que les anticipations des professionnels pour le second trimestre tablaient sur une «activité plus intense», notamment au niveau de la branche bâtiment (+4 points, en variation annuelle).
Pour sa part, et bien qu’elle reste le principal moteur de la croissance, la consommation finale devrait évoluer, en 2010, à un rythme moins soutenu qu’en 2009. Elle aurait été affectée, essentiellement, par le retrait des revenus agricoles à cause des pertes des cultures, occasionnées par les inondations.

Défis


DEPUIS 2008, le compte courant a rompu avec un cycle excédentaire qui a duré plus de 6 ans. Au cours de ces années, le déficit du commerce des biens a été constamment masqué par les excédents des activités touristiques, des transferts des MRE et par le flux des IDE.
L’allégement constaté en 2009 résulte plutôt de la baisse des prix à l’international et du recul des activités exportatrices qui importent une large partie de leurs intrants. Or, la conjoncture actuelle reste dominée par une volatilité des cours assez marquée. En effet, le moindre signe de reprise s’accompagne par des tensions à la hausse sur les produits énergétiques. D’où le risque d’une aggravation du déficit commercial et ses conséquences sur les finances publiques.

A. G.
leconomiste.com/

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