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aygher
21/07/2010, 09h34
Juillet 1995 : 8000 Musulmans massacrés à Srebrenica


Les habitants de Bosnie ont marqué le 15e anniversaire du massacre de Srebrenica, durant lequel les Serbes de Bosnie ont abattu près de 8000 Musulmans, dans ce qui est le pire meurtre de masse commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Une foule d’environ 60 000 personnes a participé à une cérémonie dans le village de Potocari, à six kilomètres au nord-ouest de Srebrenica, ce dimanche, et 775 corps récemment identifiés ont été inhumés avec les 3749 autres victimes déjà enterrées.
Lors de cette cérémonie, les parents des morts et ceux qui les soutenaient se sont dispersés parmi les tombes, à la recherche du nom de leurs proches, tandis que les pleurs et les prières musulmanes remplissaient l’air.
Le massacre s’est produit lorsque les troupes serbes de Bosnie se sont avancées sur Srebrenica, une enclave musulmane prétendument sous la protection des forces des Nations Unies.
Les hommes de la ville ainsi que les garçons ont fui dans les collines alentour, mais ils ont été pourchassés par les troupes serbes, qui les ont massacrés puis enterrés dans des fosses communes.
Ils ont ensuite été déterrés et enterrés à nouveau dans plus de 70 sites différents, dans une tentative de masquer l’ampleur des massacres.
Acte de génocide
Le massacre a été qualifié d’acte de génocide par le tribunal des crimes de guerre de l’ONU et par la Cour internationale de justice. On s’en souvient comme du jour le plus sombre dans la sanglante débâcle de la fédération yougoslave dans les années 1990.
La cérémonie de dimanche a été vécue avec une profonde émotion par les habitants de Srebrenica, qui ont du mal à se remettre de la perte de deux générations d’hommes et de garçons dans ce qui s’est produit.
Hatidza Mehmedovic, âgée de 68 ans, a assisté à la cérémonie pour enterrer son mari et ses deux fils.
« J’ai toujours attendu qu’ils me reviennent en vie, je ne pouvais pas croire qu’un tel crime puisse avoir été commis. Aujourd’hui, mon espoir est mort », dit-elle.
« Ce n’était pas seulement mon fils. Des milliers de personnes ont été tuées. L’objectif était de s’assurer qu’aucun musulman ne vivrait plus ici. Je ne souhaite à aucune autre mère d’avoir à vivre cela. »
Près de 6500 victimes ont été identifiées, mais les proches de ceux qui sont encore manquants pensent que beaucoup de corps se trouvent encore dans la forêt très dense qui entoure la ville.
Boris Tadic, président de la Serbie et premier dignitaire [serbe] à assister à la cérémonie, est venu, dit-il, « par volonté de réconciliation ».
Tadic a déclaré qu’il espérait « construire des ponts d’amitié et de compréhension entre les Nations dans la région », tandis qu’il assistait à la cérémonie.
Certains des participants à la cérémonie ont interpellé le président [serbe].
Dzemaludin Latic, un dirigeant politique musulman présent à la cérémonie, a déclaré à Al Jazeera que « en Bosnie, nous avons [des dirigeants politiques serbes] ... qui ne veulent pas présenter des excuses pour ce génocide ».
Négation du massacre
La Serbie a nié pendant des années l’ampleur du crime commis et de nombreux Serbes, dirigés par des politiciens nationalistes, croient que les accusations de génocide ont été exagérées dans le cadre d’une conspiration politique mondiale contre le pays.
Mais en mars dernier, le parlement du pays a adopté une déclaration condamnant le massacre et a présenté ses excuses aux victimes et à leurs familles.
Le général Ratko Mladic, cerveau présumé de la tuerie, est toujours en fuite et soupçonné de se cacher en Serbie où nombreux sont ceux qui le considèrent comme un héros.
Un autre organisateur présumé du massacre, Radovan Karadzic, a été arrêté à Belgrade en 2008 et est actuellement confronté aux accusations de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).
Le parti politique qu’il a fondé, le Parti démocratique serbe, a choisi de lui rendre hommage par l’attribution d’une médaille, ce samedi, en affirmant qu’il n’avait pas honte du passé.
Les forces de maintien de la paix des Nations Unies ont été fortement critiquées pour avoir laissé se commettre ce massacre.
Les troupes néerlandaises chargées de la protection de la ville n’avaient ni l’équipement ni le mandat nécessaires pour agir, et elles ont laissé [sous leurs yeux] les soldats serbes de Bosnie emmener les hommes et garçons musulmans au loin, après s’être entendus dire qu’il ne leur serait pas fait de mal...

info-palestine.net

khaly
27/07/2010, 20h56
Platier, 19 juillet. Le massacre de 8000 Bosniaques musulmans par les troupes du général serbe Mladic sous les yeux de casques bleus néerlandais impuissants, dont on vient de célébrer le 15ème anniversaire, a été le point d’orgue de la série d’atrocités qui ont accompagné l’éclatement de la Yougoslavie.
Tout avait commencé en 1991 avec le siège de la ville croate de Vukovar qui s’acheva par un massacre de moindre ampleur mais de même nature. Au même moment, les gouvernements de la Communauté négociaient ce qui allait devenir le traité de Maastricht dont l’un des objets était de jeter les bases d’une politique étrangère commune.

Français et Britanniques penchaient pour les Serbes en fonction de souvenirs remontant à 1914, du moins les dirigeants, car les opinions étaient révoltées par les violences des Serbes. Les Allemands étaient sensibles aux malheurs de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine, anciennes provinces de l’empire des Habsbourg, ce qui les conduisit à reconnaître unilatéralement l’indépendance des deux victimes.

Voilà comment, en dépit des invites de Washington considérant qu’il appartenait à l’Europe de mettre de l’ordre dans son arrière-cour, une occasion a été manquée de fonder dans la réalité cette union politique demeurée à l’état de vœu pieux. Une intervention militaire, dès 1991, aurait coûté des vies humaines mais en aurait épargné infiniment plus.

Bénéficiant d’un large soutien de l’opinion, elle aurait montré aux peuples à quoi pouvait servir l’Europe. Espérons que l’Union d’aujourd’hui ne sera pas confrontée à semblable test par le réveil inquiétant des nationalismes. Serait-elle, mieux qu’en 1991, capable de le relever ?
Publié par Robert Toulemon

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