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Voir la version complète : femmes mythiques algériennes


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Zianidiya
08/03/2006, 19h03
Bonjour,

J'aimerai savoir quelles sont les femmes qui ont marqué l'histoire de l'Algérie! Que ce soit l'histoire récente ou très ancienne, comme au temps de la numidie par exemple!

Merci!!

nouri
08/03/2006, 19h23
il y on beaucoup qui ont marqué l'histoire d'algerie , je cite à titre d'exemple djamila bouhired et les grandes moudhahidates , dans le sport boulmerka hassiba championne loympique , dans la politique il y a celle du parti de travail , et la la liste est trés longue .

buhu
08/03/2006, 21h14
Pour ce 8 mars, en essayant de respecter l'evolution temporaire et en oubliant LEGIONS DE FEMMES :

Sophonisbe : Epouse de Syphax qui prefera le poison que de figurer dans le triomphe de Massinissa....

Dyhya (Appelee en arabe Kahina : Devineresse ou sorciere...) : Figure de la resistance contre l'invasion arabe et qui appartiendrait a une tribu berbere judaisee des Aures...

Fatma N'Sumer : Du village de Summer qui a cnduit moralement la resistance Kabyle l'invasion francaise...

Tawyalt : Tres peu connue, de la resistance de 1870 et dont le village etait au sommet du mont Tawyalt pres de Tikjda (Appele par les francais : Kepi du gendarme)

ET bien sur toutes ses heroines combattantes,officiers de liaison, Timuseblin, infirmieres qui ont tant donne et si peu recu en echange de nos memoires et gouvernants...

U Baca

Zoubir8
08/03/2006, 23h58
La mère de l'Emir AEK était une femme d'une qualité extraordinaire.
C'est elle qui notamment s'occupait des prisonniers français.
Aucun d'entre eux n'a eu à se plaindre de sa captivité, lorsque c'est elle qui avait la charge de ces soldats.

Zianidiya
09/03/2006, 17h42
Je vous remercie pour ces infos précieuses!

JE m'interesse davantage aux héroines d'avant la présence francaise.

Si vous avez d'autres infos n'hésitez pas! Merci!

Harrachi78
09/03/2006, 17h45
Bah il y'a ma mère (que Dieu ai son âme) mais elle compte pas car elle a vaicue après la colonisation française :mrgreen:

Zianidiya
10/03/2006, 09h42
qui est ta maman??

Tamedit n-was
10/03/2006, 09h47
hassiba ben bouli est un exemple de ces femmes

Tamedit n-was
10/03/2006, 10h18
@Zianidya
j'ai fais une petite recherche et voila ce que j'ai trouvé sur la vie de cette femme
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Née le 18 janvier 1938 à El-Asnam (aujourd'hui Chlef), Hassiba Ben Bouali y entama ses études primaires, qu'elle poursuivit à l'école Aïn Zerga, à Alger, où ses parents s'étaient installés zn 1947. Elle obtient le certificat d'études primaires en 1950 et entre au lycée Pasteur (aujourd'hui annexe de la Faculté Centrale), où elle y étudia jusqu'en deuxième année. De nombreux témoignages le présentent comme une adolescente particulièrement éveillée, curieuse et sensible.
C'est ainsi que, par le biais du scoutisme, elle effectue de grandes randonnées à travers le pays et découvre les conditions déplorables de vie de la paysannerie algérienne. L'étalage de l'injustice la révolte profondément. Hassiba Ben Bouali rêvait de devenir infirmière mais elle ne put que s'employer dans un bureau social, où elle complétera sa vision de la situation des Algériens. Sa prise de conscience l'amène à militer dès l'âge de seize ans au sein de l'Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens. Dès lors, elle s'impliquera de plus en plus dans le combat nationaliste, et, vers le fin de l'année 1956, elle intégra avec d'autres jeunes filles un des réseaux des fedayins qui se distinguèrent durant la bataille d'Alger. Elle fit ainsi partie d'un groupe chargé de fabriquer des bombes et de les déposer sur les lieux d'opération
Mais les services de renseignement français finirent par accueillir des informations sur ce groupe. L'atelier clandestin de fabrication des bombes est aussitôt investi tandis que de nombreuses arrestations ont lieu. Hassiba Ben Bouali est alors obligée de quitter son domicile et de rejoindre la Casbah, citadelle de la révolution quadrillée par la soldatesque coloniale. C'est à ce moment que la répression à Alger s'accentua. Les autorités françaises voulaient en finir avec les réseaux urbains du FLN, qui semaient la panique dans les milieux des colons et dont les actions spectaculaires jouissaient d'une grande audience internationale. En février 1957, Larbi Ben M'hidi, chef de la zone autonome d'Alger, avait été arrêté et assassiné. D'autres arrestations eurent lieu les mois suivants.
Le 8 octobre 1957, Hassiba Ben Bouali se trouvait dans une cache au numéro cinq de la rue des Abderames, en compagnie d'Ali la pointe et du petit et du petit Omar, âgé de douze ans. A la tombée de la nuit, la maison fut encerclée par les parachutistes français.
On somma les trois fedayins de se rendre. Devant leur refus, les soldats français firent sauter la maison. Hassiba Ben Bouali et ses compagnons périrent sous les décombres ainsi que 17 Algériens dont les maisons furent soufflées par l'explosion.
Le martyre de Hassiba Ben Bouali devint un motif supplémentaire de la détermination du peuple algérien ainsi qu'une illustration éclatante de la participation de la femme algérienne ou combat libérateur.

Zianidiya
10/03/2006, 10h29
merci bcp sensib!!

J'aimerai aussi connaitre des femmes des mythes algériens, comme lounja, lala setti ( Sainte de Tlemcen), yemma gouraya, et leur histoire!

J'aimerai connaitre des femmes qui ont marqué l'Histoire par leur savoir, leur intélligence..... de toutes les wilayas du pays, que ce soit des reines touaregs, aux princesses zianides ou nimides, ou aux femmes pieuses, savantes.....

Tamedit n-was
10/03/2006, 10h35
Zianidiya

pour yemma gouraya j'enttend toujour ma grande mere me dit (( Chay l'lah yemma guraya )) c'est une femme pieuse et d'apres les comptes de nos populations cette femme a pu defendre la ville de Bejaia contre l'occupation espagnole faisant une petite reche voila ce que j'ai trouvé malgrès que je n'y adhere pas totalement vu qu'il existe gouraya aussi du coté de TIPAZA....
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Quant au nom de Gouraya, la montagne tutélaire (et un tantinet menaçante) qui surplombe la ville, il daterait du passage des Vandales dans la langue desquels le mot gour signifie montagne. Gouraya l'imposante, qui symbolise la puissance et le pouvoir surnaturel, est un lieu de pèlerinage où les femmes vont déposer leurs offrandes et exprimer leurs doléances tous les vendredis. Survivance de pratiques animistes qui ont franchi les siècles, se greffant sur toutes les religions qui ont fait halte en Berbérie. Un autre lieu promis aux sollicitations en matière de mariage et de fécondité est Sidi Abdelkader, une bâtisse à l'aspect belliqueux qui plonge ses fondations dans la mer Les " Sidi ". ce n'est pas cela qui manque à Béjaia. La légende rapporte que la ville a vu défiler quatre-vingt-dix-neuf saints. Il en manquait juste un pour que Béjaia supplante La Mecque et devienne le vrai lieu de pèlerinage du monde musulmans Mais, voilà, le centième saint à honorer de sa visite la ville est - bien malheureusement - une sainte...

Zianidiya
10/03/2006, 10h43
elle ressemble bcp à lalla setti de Tlemcen!

Son mausolé est égalemtn situé en hauteur comme a bejaia, et elle était une femme pieuse, elle se fit connaitre notamment pour sa ruse et son aide précieuse aux rois zianides lors de l'invasion mérinide!

Merci sensib!

Tamedit n-was
10/03/2006, 10h52
y a pas de quoi ziandya ,,

quand j'ai deja sur loundja et le diable ,,, mais ça ressemble aux histoire de la belle et la bete , c'est une belle moeuf , y avait le dragon et le chevaier et le deroulement de l'histoire est comme d'hab

mais lala sett je la connais pas !!

Tamedit n-was
10/03/2006, 11h01
Ziandiya

une femme mythique algerienne que le monde et les civilisations d'aujourd'hui doivent pas l'a oublié est Athene

Zianidiya
10/03/2006, 13h01
Athene??????

Tu peux me donner plus de précision, je pensais qu'Athene faisait partie de la mythologie grec ou romaine???

buhu
10/03/2006, 22h25
Deux petits points : Le fort dit de "yemma Gouraya" a ete construit par les espagnols avec le fort de Bordj Moussa sur les hauteurs de la ville de Bgayet.
Quqnt aux cultes des saints , on associe souvent un nom de saint(e) aux sommets montagneux qui soient a la fois bien evidents et accessible (pour le pelerinage). On peut citer par exemle Lala Khedidja (Tukrift), Tawiyalt (Citee dans mon precedent message), Azru n'Thur (visible du col de Chelatta ou Tirourda et de la haute vallee du Sebaou) etc..

Enfin, pour revenir au sujet des discussions autour des femmes nous ayant marques, j'ai honte de dire que j'ai oublie les femmes de culture , n'oublions pas Assia Djebbar qui a failli obtenir le prix Noble de Litterature. Taos Amrouch et sa mere Fatma At Amrouch. Les grandes poetesses comme Hadjera. Je ne voudrai pas rajouter le monde d la musique car ici les gouts pourraient diverger.

Fraternellement
S. U Baca

buhu
10/03/2006, 22h27
Deux petits points : Le lieu dit "yemma Gouraya" est un fort construit par les espagnols avec le fort de Bordj Moussa sur les hauteurs de la ville de Bgayet; et ce, pour se defendre des attaques incessantes de la confederation des At Mzai. Donc la saintete du lieu porte a equivoque.
Quant aux cultes des saints et la geographie , on associe souvent un nom de saint(e) aux sommets montagneux qui soient a la fois bien evidents et accessible (pour le pelerinage). On peut citer par exemle Lala Khedidja (Tukrift), Tawiyalt (Citee dans mon precedent message), Azru n'Thur (visible du col de Chelatta ou Tirourda et de la haute vallee du Sebaou),Sidi Balwa etc..

Enfin, pour revenir au sujet des discussions autour des femmes nous ayant marques, j'ai honte de dire que j'ai oublie les femmes de culture , n'oublions pas Assia Djebbar qui a failli obtenir le prix Noble de Litterature. Taos Amrouch et sa mere Fatma At Amrouch. Les grandes poetesses comme Hadjera. Je ne voudrai pas rajouter le monde d la musique car ici les gouts pourraient diverger.

Fraternellement
S. U Baca

Harrachi78
11/03/2006, 11h45
Voici une des femmes illustres que la terre de notre pays a enfanté. Elle est trés peu connue pour la simple raison qu'elle vaicut dans une période peu connue de notre histoire, soit au 4e siècle apr. J.-C.

En gros ce fut une jeune fille de Tipaza, convertie au Christianisme à une époque ou son monde était encore païen. Les Chrétiens étaient alors persécutés par les autorités romaines et par les notables autochtones attachés aux traditions de leur ancêtres. L'Histoire de Ste Salsa et quelque peu empreinte de légende mais son existence ne laisse pas de doute puisque de nombreuses inscriptions lui sont dédiés à Tipaza et toute une ancienne eglise porte son nom. Elle fut trés tôt considére comme une Sainte et sera fêtée le 10 Octobre de chaque année selon la liturgie catholique depuis les temps les plus anciens.

J'ai préféré publier des extraits complets des actes de son martyre tel que conservés par les crétiens de l'époque. Je ne pourrait pas donc confirmer ou infirmer que tout y es vrai, mais il est admis que son existence et son martyre sont historiquement réels :
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Illustres sont les tituli élevés aux souffrances triomphantes des martyrs, glorieux sont les combats soutenus pour leur foi dans le Christ ; mais bien qu'ils reçoivent un lustre particulier du témoignage rendu par Dieu même, cependant nous aimons, nous aussi, à célébrer pour notre part la joie ineffable que nous procure le jour de leur victoire [...] Offrons donc nos voeux aux saints dont nous avons à célébrer la sainte et vénérable mémoire [...] Et le Tout-Puissant, voyant que le zèle pour sa foi nous met en main l'étendard des martyrs, nous donnera une récompense en rapport avec notre dévotion.
Parmi les saints qu'une constance admirable a élevés aux tueurs du triomphe, une place particulièrement glorieuse doit être réservée aux femmes. Ne semble-t-il pas, en effet, qu'il faut doublement louer dans les femmes ce que nous trouvons beau chez les hommes ? [...] Nous allons donc parler de celui de sainte Salsa.

À Tipasa vivait une femme jeune encore (elle n'avait que quatorze ans), mais le glorieux martyre qu'elle y souffrit lui a donné le respect qu'entraîne la maturité de l'âge. Le courage qu'elle montra couvrit de gloire sa jeunesse, à ce point qu'elle parut née pour le martyre. [...] elle avait foulé aux pieds toutes les séductions et tous les plaisirs de la terre, sachant qu'elle n'était pas née pour le siècle. [...] Ses parents étaient païens, mais le Soleil de la vérité avait lui à ses yeux, et, renonçant à tout ce que la nature pouvait lui offrir, elle s'attacha seulement à ce que lui donnait la grâce, afin de pouvoir vivre au ciel et mourir pour le Christ.

À cette époque, la superstition païenne était commune, rare la foi ; elle n'en était que plus vive. Pour échapper aux trahisons perfides et ténébreuses, elle se cachait opprimée et brillait modeste dans quelques âmes. Un temple s'élevait sur une colline de rochers dominant la ville et baignant dans les flots sa base rocheuse. Ce lieu avait été consacré dès les temps les plus reculés du culte aux faux dieux, et pour ce motif, on lui avait donné le nom de Colline des Temples. Entre tous les édicules élevés aux démons, que la vieillesse faisait tomber en ruines, on en distinguait un qui renfermait un dragon d'airain. La tête en était dorée et les yeux brillants comme des éclairs. C'est le démon qu'on adorait dans ce dragon ; c'est à lui qu'on offrait des libations et des sacrifices.

Un jour vint où les malheureux parents de cette martyre vénérable se réunirent à d'autres personnes pour vaquer à leur culte sacrilège. Ils emmenèrent avec eux leur fille, presque une enfant, mais dont la foi était celle d'un âge mûr. Elle marchait péniblement et, malgré elle, toute tremblante, anxieuse, l'esprit inquiet et plein d'épouvante, comme pressentant déjà son supplice [...] Dès leur arrivée, elle vit dans les édifices les danseurs en l'honneur des démons; des rameaux de laurier tapissaient leurs murailles, le myrte et le peuplier verdissaient leurs colonnes, des courtines couraient dans les vestibules, des voiles peints pendaient le long des portes, et les pontifes profanes, montrant sous le luxe de leur vêtements une joie malsaine, promenaient de tous côtés des regards méprisants.

Mais la sainte, ayant vu des choses inconvenantes, frémit et poussa de profonds soupirs, maudissant le jour qui avait exposé à ses regards ces cérémonies d'impiété. Ici les autels puaient la chair brûlée, là des foyers, brûlant à petit feu, répandaient une odeur fétide. Elle détestait les divertissements dont elle était témoin, le mugissement des trompettes impures, les hurlements des choeurs et tout le fracas des instruments de musique. Elle voyait ceux-ci, affublés d'une hirsute peau de chèvre, danser en agitant des clochettes, et ceux-là, avec des gestes pleins de luxure, danser, d'un pas lubrique, les rythmes sacrés [...] Celui-ci grinçait de dents, celui-là écumait de folie, un autre se déchirait le corps avec un fer de lance, et un autre tournoyait d'une façon vertigineuse, la bouche et le corps pleins de sang.

Au milieu de ces écoeurantes cérémonies, l'esprit de l'enfant s'enflammait et passait à la colère [...] Bientôt, n'y tenant plus, elle interpelle ceux qui participent à ce sacrilège : "Ah, malheureux parents, malheureux concitoyens, le démon vous trompe encore une fois ! Que faites-vous ? Où courez-vous ? À quoi pensez-vous ? Dans quels précipices vous a poussés le tortueux serpent ! Ne voyez-vous point sous quel joug vous courbez vos têtes ? Cette bête que vous adorez, malheureux, n'est qu'un airain fondu. L'argile lui a servi de modèle, le plâtre l'a remplie, le marteau l'a façonnée, la lime l'a polie, finalement c'est la main d'un homme qui, guidée par l'esprit du mal, a fait votre dieu. Qu'il vous rende donc quelque oracle au milieu de tout ce tumulte ! [...] Il n'y a qu'un Dieu que nous devions prier et adorer sur les autels, Celui qui a fait le ciel, établi les fondements de la terre, creusé le bassin des mers, trouvé la lumière, créé les animaux, disposé les éléments, ordonné les saisons, distribué les divers ordres de la nature et façonné l'homme pour qu'il s'applique toujours aux choses divines. Il faut, dis-je, adorer ce Dieu qui n'a pas eu de commencement et qui n'aura pas de fin. Ce que vous adorez, ce ne sont pas des dieux, car si vous ne veillez sur eux, ils ne sont pas capables de se défendre eux-mêmes. Retirez-vous, calmez votre fureur insensée, mettez fin à vos cruautés, que votre frénésie s'apaise. Laissez-moi lutter avec votre dragon et s'il est plus fort que moi, tenez-le pour dieu, mais si je l'emporte sur lui, reconnaissez qu'il n'est pas dieu, abandonnez les sentiers de l'erreur, convertissez-vous et rendez au vrai Dieu votre culte et vos adorations."

Elle parla ainsi. Les impies trouvaient ses paroles ineptes et folles [...] La cérémonie sacrilège terminée, chacun céda à l'ivresse du vin et de l'orgie. Bientôt, ce ne fut plus qu'une foule de corps étendus de tout leur long, vomissant, ronflant, exhalant d'insupportables odeurs [...] Elle s'arma du zèle de la foi et de l'amour de Dieu. "Seigneur, dit-elle, voici le moment de donner à mon bras la force dont Tu as armé celui de sainte Judith. Viens à mon aide, Père tout-puissant et éternel, [...] aide ma jeunesse comme Tu as aidé ton serviteur Daniel, quand il tua le dragon de Babylone ; fais que je puisse également détruire ce dragon d'airain. Je croirai être arrivée au martyre si je puis le montrer décapité à ses adorateurs." Elle s'introduisit courageusement dans le temple, elle enleva au dragon sa tête encore ornée de couronnes et l'envoya rouler à travers les rochers, jusque dans la mer. Les infidèles se réveillèrent cependant et constatèrent le sacrilège. À cette vue, saisis de douleur, ils se frappaient la poitrine et le visage, versaient des pleurs et déploraient le forfait [...] Ils n'arrivaient pas, les malheureux, à conclure que leur dieu n'était rien, ne pouvait servir

Bientôt les portes du temple sont ouvertes, toutes les barrières enlevées et toute facilité lui est donnée pour faire une nouvelle prise sur le démon [...] On se jette sur elle, la foule entière pousse un cri de fureur et de mort, et comme tout sentiment d'humanité est éteint, on la prend, et après lui avoir attaché les pieds et les mains entre-croisés, on la frappe avec des pierres et des gourdins ; enfin, on l'achève avec l'épée, puis on la jette secrètement dans la mer, ajoutant à la première cruauté celle de priver son corps de sépulture. La mer reçoit ce corps et fait comme une molle couchette à ses membres meurtris ; elle a garde de les briser contre les rochers ou de les laisser descendre jusqu'aux algues profondes; au contraire, elle les pousse jusqu'au port comme doucement endormis, et lentement les laisse descendre près du lieu où doit s'élever son sépulcre.

Dieu ne voulut pas que son corps restât un seul jour sous les eaux. À ce moment-là même, par un temps magnifique, entrait dans le port un Gaulois ayant nom Saturnin. Son navire passe au-dessus du corps de la martyre et s'y arrête. Mais voilà que soudain le ciel se charge de nuages, et que se déchaîne une horrible tempête. Saturnin, est averti une première fois en songe qu'il coulera avec son navire s'il ne fait retirer le corps au-dessus duquel il est arrêté. Il se jette à la mer et bientôt, Dieu guidant sa main, il saisit la ceinture de la bienheureuse martyre. Le corps suit sans difficulté et, dès qu'il est soulevé au-dessus des flots, la tempête cesse. On dépose le corps sous un petit pavillon, tandis que Saturnin et ses compagnons remercient Dieu et d'avoir échappé au naufrage et d'avoir été choisis pour être les révélateurs du martyre de sainte Salsa.

tostao
11/03/2006, 13h11
il y a aussi la petite saliha ouatiki qui est malheureusement tombe dans l anonymat avec les autre enfant du 11 decembre 1960 voici son histoire:

Saliha Ouatiki est une petite fillette âgée d'à peine 12 ans. A
Belcourt, ce 11 décembre les manifestations continuent. Youyou des
femmes du haut des terrasses, slogans nationalistes. Le peuple ivre
de liberté crie son refus d'être le colonisé, l'être inférieur, le
raton, le bougnoule. Il crie son refus d'être français tout
simplement après 130 ans d'occupation coloniale, de répression, de
génocides, de spoliations de ses terres, d'humiliation, de déni de
ses racines. Le peuple ne rêve plus, il se bat, il dit non à la
colonisation, mains nues, poitrines nues.

Saliha joue ce matin-là devant chez elle. Elle a participé aux
manifestations de la veille criant son désir de liberté, son amour
pour sa patrie, chants patriotiques chantés par des voix fluettes et
des poings fermés qui défiaient les armes et les uniformes. Ce jour
là, comme la veille elle se joint au cortège et se laisse emporter
derrière le drapeau algérien tenu par un jeune homme. Elle se mêle
au défilé et se place en tête du cortège. Elle crie comme les
adultes "Tahia Djazair (Vive l'Algérie)" "Algérie algérienne".
Devant un barrage de CRS Saliha fait partie de ceux qui ont forcé le
barrage et poursuivent leur marche. Elle est heureuse d'être en tête
du cortège et juste au-dessus d'elle flotte le drapeau comme une
récompense à son courage. Le jeune homme qui le tient lui propose
de grimper sur ses épaules pour avoir l'honneur de tenir le drapeau.
Elle accepte immédiatement. Le drapeau flotte et le cortège avance.
Arrivé au quartier européen, la vue du drapeau est insupportable aux
pieds noirs armés. Des balcons des coups de feu qui visent Saliha
sont tirés. Des coups de feu mortels.
Ayant constaté sa disparition, sa famille s'inquiète. Son frère
court à sa recherche. Il la trouve agonisante. La foule fuyant sous
les balles l'avait déposée près d'un kiosque.

algerois16
11/03/2006, 13h50
@tostao, comment connais tu l'histoire de la petite Saliha ?