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Voir la version complète : l'Algérie n'importera pas de céréales


chegevara
31/07/2010, 09h12
L'événement mérite le détour: l'Algérie a réussi à produire des céréales pour répondre à ses besoins en 2009 et 2010. Jusqu'à ces deux dernières années, il fallait passer commande chez les traders du marché mondial chez qui l'Algérie était abonnée.

Bon an, mal an, la facture annuelle de céréales tournait autour d'un milliard de dollars. A présent, le vent a tourné, dans le bon sens.

Le directeur général de l'Office interprofessionnel algérien des céréales (OAIC), Nouredine Kahal, a annoncé que l'Algérie n'importera pas de céréales en 2010. C'est la conséquence de la production locale « record » estimée à environ 61 millions de quintaux cette année. Les producteurs sont à l'honneur, ainsi que le ministère de l'Agriculture dont les différentes structures ont boosté cette activité. On se souvient encore des surplus en orge qu'Alger a exporté récemment. M. Kahal qui s'exprimait sur les ondes de la Chaîne 3 de la radio nationale a estimé qu'il y a de quoi répondre aux besoins intérieurs pendant deux ans et qu'il est possible d'envisager d'exporter, une nouvelle fois, des surplus. Il s'est étendu sur le soutien accordé par le gouvernement à travers sa politique d'encouragement des investissements dans la filière des céréales.

Taxe protectrice et dissuasive

Le directeur général de l'OAIC a annoncé que « l'Algérie a décidé également de taxer les blés tendre et dur d'importation pour aligner leurs prix sur les blés produits localement ». La mesure doit être officialisée dans la loi de finances complémentaire 2010 (LFC) en cours de finalisation.

Selon les informations qui ont filtré sur le même sujet, cette taxe s'appliquera sur le blé importé à un prix inférieur au prix de régulation. Selon le journal électronique de la radio nationale «www.radioalgerie.dz», ce prix de régulation est l'équivalent de 350 dollars la tonne.

Cependant, des sources informées précisent que cette taxe ne s'appliquera pas quand le blé dur est importé à un prix égal ou supérieur au prix de régulation et ne concerne pas les importations de l'Office algérien interprofessionnel des céréales. Pour les initiateurs de cette mesure, il s'agit de promouvoir le recours aux produits locaux notamment par les industriels versés dans les activités de transformation des céréales. Ces industriels sont en général en quête de céréales les moins chères mais ils n'échappent pas aux cours mondiaux en vigueur. Or, la politique gouvernementale a aligné les prix locaux sur ceux des cours mondiaux pour stimuler la production nationale. Logiquement, tant que la matière première - à qualité et prix équivalents - est disponible sur le marché algérien ces industriels locaux ne devraient plus aller sur les places boursières mondiales. En tous cas, à en juger par les informations disponibles, cette politique gouvernementale de promotion de l'agriculture céréalière a porté ses fruits.

Surveiller les importations en amont

Il reste que, selon des sources informées, le taux et les modalités d'application de la taxe d'importation sur les céréales seront définis par voie réglementaire. Autrement dit, on ne sait pas encore si cette taxe sera vraiment dissuasive pour que la production locale ait vraiment la préférence des industriels locaux du secteur (couscous, pâtes, biscuits…). Dans les milieux des importateurs, qui en général touchent à tout, on ne cache pas que des « opérateurs » ont réussi de jolis coups. Comprenez de bonnes opérations financières. La recette est simple: on achète un produit de second ou troisième choix et on le revend en tant que premier choix à des transformateurs et à des grossistes. Le plus souvent, les principaux acteurs d'une telle opération sont au courant et tous se partagent le profit dégagé au détriment, bien entendu, du Trésor public et du consommateur.

Ce type de pratique a poussé les pouvoirs publics à prévoir, en amont, un système de contrôle à l'embarquement des marchandises pour prévenir toute tricherie ou fraude. L'Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a ainsi confié à la société «Control union inspections France», les opérations de contrôle, surveillance et agréage des céréales et légumes secs à l'embarquement. L'OAIC a ainsi mis en application une mesure prise par la LCF 2009. La société en question se charge de contrôler «l'espèce, l'origine, la valeur, la qualité et la quantité des marchandises». Cette société est une filiale du groupe néerlandais «Peterson control union», basé à Rotterdam aux Pays-Bas. Elle activera pour le compte de l'Algérie, via l'OAIC, pendant deux ans.

le quotidien d'oran.

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