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Zacmako
23/08/2010, 09h44
UNIS CONTRE UNE IMMIGRATION JETABLE
Ils occuperont les rues françaises le 4 septembre

Dépassées les bornes… il n’y a plus de limites» : c’est par ce slogan que des dizaines d’associations, ONG, partis politiques, syndicats appellent à un rassemblement pour le samedi 4 septembre à 14h dans la capitale française (place de la République) et dans les villes de province. Tous considèrent en effet que les bornes ont été effectivement dépassées et qu’un cap vient d’être franchi par les discours guerriers et actes de Sarkozy contre les immigrés, les Français d’origine étrangère, les Roms… «Une politique spectacle qui tente lamentablement de masquer les échecs de la droite au pouvoir.»

De notre bureau de Paris,
Khedidja Baba-Ahmed
Dans l’appel citoyen très largement relayé, les signataires insistent sur le socle que constitue la Constitution qui dispose que la France «République laïque, démocratique et sociale, assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion». Aussi, nul, ni les élus, ni même le président, n’a le droit «de fouler aux pieds les principes les plus fondamentaux de la République». C’est bien de cela qu’il s’agit et c’est aussi ce qu’a commis cet été le chef de l’Etat et certains de ses ministres.
Le contexte de l’agitation faite de déclarations et d’opérations d’expulsions musclées est utile à rappeler : un gouvernement miné par des difficultés économiques et sociales ; des révélations sidérantes sur les abus de positions commis par plusieurs ministres ; une enquête en cours sur le rôle d’un ministre – et pas des moindres, celui du budget alors et en charge du portefeuille du travail actuellement — sur le financement illégal de l’UMP lors de la présidentielle de 2007 qui a porté Sarkozy au pouvoir ; une rentrée sociale qui s’annonce très difficile avec notamment les nouvelles dispositions sur la retraite, le tout baignant dans une perspective de plus en plus rapprochée (2012) de la présidentielle, qui, si elle devait se dérouler aujourd’hui, laisserait peu de chance à Sarkozy.
Aussi, fallait-il coûte que coûte détourner l’attention et trouver un bouc émissaire. C’est ce qui a été fait en virant à droite toute et en convoquant les thèmes favoris de son aile extrême : immigration- insécurité-délinquance, et en désignant ceux sur lesquels on allait porter le fardeau et désigner comme les porteurs du malheur de la France. La «guerre est alors relancée contre l’immigration irrégulière ; contre les zones de non-droit ; contre l’assistanat… en fait toute la panoplie lexicale lepéniste est convoquée pour tenter de convaincre que, c’est le cas de le dire, “on lave plus blanc que blanc”».
Peu dans l’Hexagone, même les tenants de la droite, auraient pensé qu’un jour, un chef d’Etat républicain, même de droite, irait jusqu’à envisager de déchoir de la nationalité ses concitoyens «d’origine étrangère». Sarkozy l’a osé en déclarant «la nationalité française pourrait être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait porté atteinte à la vie d’un représentant de la force publique».
Brice Hortefeux, son ministre de l’Intérieur, embraye quelques jours plus tard en déclarant dans une interview au Parisienque la déchéance de la nationalité touchera tous les Français d’origine étrangère qui commettraient des actes de délinquance graves et annonçait qu’avec son collègue de l’immigration et de l’intérieur, ils étaient en train de travailler à des propositions qu’ils feraient avant fin août au président pour «la mise en œuvre juridique de la déchéance de la nationalité». Ainsi une nouvelle donne dans la société française : la création de deux collèges de citoyens : les Français- Français et les Français d’origine étrangère.
Même les Roms, européens de Roumanie ou de Bulgarie, sont pris aussi pour boucs émissaires et l’on n’est même plus dans les simples effets d’annonce, que reproche souvent l’opposition à Sarkozy, mais bien dans une nouvelle étape, un très grand tournant «pour sauver le soldat Sarkozy et lui donner une chance de gagner la prochaine présidentielle». Aussi, les organisateurs de la manifestation du 4 septembre pointent du doigt le danger car, disent-ils «notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile ».
Le soir

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