PDA

Voir la version complète : Les émigrés algériens ont transféré 2,8 milliards d’euros


Stanislas
13/03/2006, 22h35
Les Algériens de l’étranger, singulièrement de France, transfèrent-ils une part de leur épargne vers leur pays d’origine ? De toutes les curiosités qui rythment périodiquement le débat public, celle-ci est la plus récurrente. Au gré de l’actualité, la question resurgit sans que l’opinion nationale en sache davantage.

A défaut d’indicateurs fiables, les Algériens s’en sont tenus, jusque-là, aux hypothèses. Hypothèses dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles suscitent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Depuis hier, on dispose d’un premier éclairage en la matière. Les transferts d’argent effectués par les Algériens résidant en France ont atteint 283 millions d’euros en 2004, contre 282 millions en 2003 et en 2002 et 287 millions en 2001.

Les nationaux installés dans l’ensemble des pays de l’Union européenne ont transféré, en 2003, 1,35 milliard d’euros par les circuits officiels et presque autant de manière informelle. En tout, les algériens de l’UE auront acheminé entre 2,6 et 2,8 milliards de dollars, selon les estimations de l’étude commandée par la BEI. L’argent transféré via les canaux officiel par les algériens installés au quatre coins du monde pour la même période se situerait à hauteur de 1,54 milliard d’euros.

Ces estimations sont contenues dans une étude - la première du genre - réalisée par la Banque européenne d’investissement (BEI) sur huit pays de l’espace Euromed. Annoncée depuis des mois, l’étude a été présentée, hier à Bruxelles, par le vice-président de la BEI chargé de la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat), le Français Philippe de Fontaine Vive.

Pendant une année, les spécialistes d’un cabinet conseil hollandais (Ecorys) ont multiplié enquêtes sur le terrain, sondages, consultations de documents et de sources bancaires. Au final, ils se sont retrouvés en possession du premier état jamais réalisé sur le transfert de fonds des travailleurs migrants établis au sein de l’Union européenne vers les pays du sud de la Méditerranée. Outre l’Algérie, sept pays ont été touchés par ce travail: Maroc, Tunisie, Egypte, Jordanie, Liban, Syrie et Turquie.

Vu sous l’angle de la FEMIP, ces montants frappent par leur «importance». Leurs volumes sont supérieurs aux investissements étrangers directs (6,4 milliards de dollars par an durant la période 2000-2003), à l’aide publique au développement (4,3 milliards de dollars par an entre 2000 et 2003) et les ressources touristiques. Plus significative, leur proportion représente entre 2 et 20% du PIB des pays concernés.

Moins que leurs homologues des autres pays, les Algériens résidant en France privilégient le plus souvent les canaux informels et les sociétés de transfert d’argent (Western Union) pour acheminer leur épargne vers le pays d’origine. Les transferts via la banque ou les mandats postaux sont rarement pris, selon les sondages effectués par les analystes de CEGP, partenaire algérien d’ECORYS pour cette opération. Autre éclairage non dénué d’intérêt pour les économistes: l’usage qu’en font les «immigrés» algériens de France. 45% des 283 millions transférés en 2004 ont profité à la consommation et 23% ont été destinés au volet logement (achat, construction, achat de terrain). Ce dernier indicateur fait des immigrés algériens les seconds de la rive sud de la Méditerranée intéressés par les projets immobiliers après les Tunisiens (34%). En revanche, la part destinée à l’investissement productif semble dérisoire au regard d’autres cas d’espèce. En 2004, 8% seulement de la somme transférée a servi dans des projets d’investissements productifs créateurs d’emplois, selon l’étude. Ce montant était de 18% pour la Tunisie, 15% en Egypte, 10% au Liban, 6% en Turquie et 5% au Maroc.

«L’idée de cette idée nous est venue au fur et à mesure de nos consultations avec nos partenaires du Sud. Ensemble, nous avons ressenti un vrai besoin d’éclairer le phénomène des transferts d’argent vers les pays du Sud», rappelle le vice-président de la BEI en charge de la FEMIP. Au travers de l’étude, il y avait matière à «sensibiliser la communauté bancaire européenne et sud-méditerranéenne de l’importance du sujet» et, surtout, de la nécessité d’améliorer les flux d’argent entre les deux rives et d’en valoriser l’usage. Le constat brossé, l’étude a énuméré une somme de recommandations dans cette direction. Première et non des moindres, la réduction des coûts de transaction pour les utilisateurs. Selon le cabinet Ecorys, les frais de transaction prélevés par les sociétés de transfert d’argent atteignent jusqu’à 16% du montant transféré.

Ce qui, dans le cas d’un salarié ordinaire ou d’un retraité, représente une part substantielle. La BEI fait un plaidoyer en direction des pouvoirs publics dans le but de les amener à revoir les contrats d’exclusivité signés par les sociétés de transfert avec les offices postaux.

Dans un autre registre, l’étude préconise une bancarisation des transferts de fonds. Il y va d’un acheminent de l’argent à des coûts moins contraignants et d’une valorisation de ce potentiel financier au service du développement. La non-bancarisation des populations concernées, aussi bien en Europe qu’au sein des pays concernés, et «l’absence de produits adaptés aux grandes communautés d’émigrés prouvent à l’évidence que le marché potentiel du transfert d’argent n’a pas bénéficié d’une attention suffisante».

Source QO

orandxb
13/03/2006, 22h56
je vous dis combien j'ai transfere moi???non c'est un secret.

merci stan pour l'article.

velsatis
13/03/2006, 23h24
l'argent rentre de partout
quand cà vient ça vient

icqdz18
14/03/2006, 07h38
juste pour dire

on critique on critique mais merci les zmagria on voit que vous etes la

menara
14/03/2006, 18h59
Pour mieux recupérer l'argente des immigrés les autorités algériennes devraient inciter les banques algériennes à s'installer à l'étrangers comme le font les banques marocaines qui sont présentent dans pratiquement tous les principaux pays européens qui compte une grande communauté marocaines.

Mais pour cibler efficacement les immigrés les consulats algériens devrait héberger des représentation commerciales de ces banques comme c'est la cas dans les consulats marocains qui se trouve à l'étrangers.

Ensuite pour lutter contre les transferts clandestins les banques algériennes devraient redonner confiance aux immigrés pour qu'ils utilisent leurs réseaux bancaires en facilitant l'ouvertures des comptes bancaires, en redonnant confiance au clients (faciliter la disponibilité de l'argent), en facilitant l'utilisation des cartes bancaires attravers tout le pays, etc...

http://www.leconomiste.com/article.html?a=69261

http://www.leconomiste.com/article.html?a=69265

ouarsenis93
14/03/2006, 19h43
Bien dit menara.Tes remarques sont claires et pertinentes.
Pourquoi cette méfiance vis-à-vis de nos banques ?
La confiance était à son niveau le plus bas entre les algériens de l'étranger et la banque algérienne.A juste raison d'ailleurs.Il suffit de voir les scandaleux et traumatisants détournements de fonds opérés ds les banques algériennes.La gestion catastrophique et le népotisme (la hogra) sont partout.Un retraité était obligé de "payer" pour avoir le solde de son compte en devise.Beaucoup ont en souffert.
Maintenant les choses s'arrangent un petit peu mais beaucoup de choses restent à faire.
A mon avis, nos banques doivent assainir leur gestion en algérie avant de venir s'installer en europe.Parce qu'il est facile de négocier ou créer une banque mais il faut beaucoup de clients pour la rentabiliser.Or sans confiance, point de clients.
Nos banquiers sont incompétents, sans envergure, sans projets, sans ambition pour l'algérie et incapables de moderniser leurs banques.
On est en 2006 et leur gestion est archaique et stalinienne.
Vivement un coup de balai ds ce panier à crabes. :D

aniasse
15/03/2006, 01h11
La confiance dans les banques algeriennes est toute relative..

Cookies