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Voir la version complète : Quand Madrid renfloue les caisses d’Al-Qaïda


nacer-eddine06
25/08/2010, 00h25
Par : Salim Tamani
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Ce qui n’était que supputation et rumeur s’est avéré officiel. Il y a bien eu négociation pour la libération des deux otages espagnols détenus depuis novembre 2009. Mais pas n’importe quelle négociation.

Madrid aura donc payé pas moins de 7 millions d’euros pour libérer des soi-disants humanitaires et Bamako, qui n’en est pas à son premier dérapage, remet en liberté Omar le Sahraoui, l’auteur de l’enlèvement des otages et principal acteur de l’Aqmi dans la région. Il faut savoir que Omar le Sahraoui, Malien de 52 ans, est avant tout un trafiquant qui met au service d’Al-Qaïda, contre rétribution, sa grande connaissance des pays du Sahel.
L’Aqmi vient d’ailleurs d’applaudir sa libération en affirmant que toutes ses revendications ont été satisfaites dans le règlement de l’affaire des deux Espagnols, Roque Pascual et Albert Vilalta. Omar le Sahraoui avait été extradé de Mauritanie vers le Mali le 16 août, peu après la confirmation de sa condamnation à 12 ans de prison assortie de travaux forcés pour l’enlèvement de trois humanitaires espagnols sur la route entre Nouakchott et Nouadhibou. Il avait agi comme mercenaire d’Al-Qaïda Maghreb, selon le parquet de Nouakchott. Mais ce motif d’inculpation n’a visiblement pas été pris en compte dans les négociations. Ce qui affaiblit davantage des états comme la Mauritanie ou le Mali dont un élu du Nord, qui a requis l’anonymat, n’a pas hésité, hier, à dévoiler certains points des négociations, à savoir que “pour libérer les otages, il y a eu au moins trois choses : la libération d’Omar le Sahraoui, une rançon, et la libération en catimini de trois islamistes détenus dans un pays voisin du Mali” qu’il n’a pas cité. Voila qui n’arrange pas les choses. Au contraire, cette révélation les complique davantage puisqu’il n’y a pas que la Mauritanie et le Mali qui sont mis en cause. On sait seulement qu’un médiateur du nom de Mustafa Chafi, conseiller du président du Burkina Faso, fait partie du groupe chargé des pourparlers. Une information rendue publique par le quotidien El Pais. S’agit-il alors du Burkina Faso ? Si c’est le cas, Al-Qaïda aura gagné sur toute la ligne et les états du Sahel, qui ont cru pouvoir assurer leur sécurité en acceptant les conditions des terroristes, se trompent lourdement.

Comment l’argent est parvenu aux ravisseurs
Hier, le quotidien espagnol El Mundo a donné les détails de la procédure suivie par le gouvernement espagnol pour payer la rançon. Selon ce quotidien, une première somme de 3,8 millions d’euros avait été payée en janvier mais une bonne partie de l’argent avait été prélevée par des intermédiaires et finalement seul 1,5 million était parvenu aux ravisseurs qui, eux, exigeaient
3,8 millions d’euros. Une nouvelle somme d’environ 3 millions d’euros (2,3 millions pour les ravisseurs et 770 000 pour les intermédiaires) a été payée entre avril et mai pour que les ravisseurs disposent de la somme exigée de 3,8 millions et acceptent de libérer Roque Pascual et Albert Vilalta, assure encore El Mundo. Selon des médiateurs maliens, la somme est de 8 millions d’euros. “Oui, on peut dire que c’est le gouvernement espagnol qui a payé la somme. Même si ce n’est pas lui qui a tout payé, il va d’une manière ou d’une autre rembourser la dette aux pays et aux personnes qui ont engagé des frais dans l’affaire”, a ajouté la même source. “8 millions d’euros, c’est aussi mon chiffre. C’est ce que l’opération a coûté au gouvernement espagnol qui n’a pas fait comme les Britanniques qui ne voulaient pas payer. L’Espagne a payé”, a affirmé de son côté à l’AFP un élu du nord Mali.

Zapatero interdit à la presse de poser des questions sur la rançon
Officiellement, l’Exécutif n’a fait mention, lundi, d’aucune rançon lorsqu’il a officialisé la libération de ces deux volontaires de l’ONG espagnole Accio Solidaria. Et ce qui est d’autant plus troublant, c’est le déroulement de la conférence de presse du Premier ministre, José Luis Rodriguez Zapatero. Ce dernier s’est borné à remercier les services espagnols pour leur travail ainsi que les “gouvernements (africains) de la zone”. Cette brève allocution n’a été suivie d’aucune question. Ce qui suggère que les autorités espagnoles, très embarrassées par la tournure prise par les évènements, ont imposé des consignes strictes à la presse pour éviter d’aborder le sujet qui fâche, en l’occurrence dans le cas présent du paiement de la rançon. Un dossier qui risque de créer une tension diplomatique avec des états du Maghreb dont principalement l’Algérie, un pays qui a dénoncé ce procédé qui ne fait que relancer le terrorisme en lui donnant plus de longévité.
La France, qui a lamentablement échoué dans le raid du 25 juillet dernier, a exprimé son “soulagement” après la libération des otages espagnols, mais a tenu à réaffirmer n’avoir jamais négocié avec l’Aqmi pour la libération de Germaneau dont l’exécution avait été annoncée le jour même de l’opération militaire.
En attendant, l’Espagne aura offert un cadeau inespéré aux terroristes pour mieux se réorganiser et se redéployer, maintenant qu’ils ont renfloué leurs caisses. Alger, qui a fait de l’interdiction du paiement des rançons son principal cheval de bataille aussi bien au sein de l’UA que de l’ONU, se retrouve seul dans un combat qui concerne pourtant tout le monde.
liberte

houari16
25/08/2010, 02h20
des consignes strictes à la presse pour éviter d’aborder le sujet qui fâche, en l’occurrence dans le cas présent du paiement de la rançon. Un dossier qui risque de créer une tension diplomatique avec des états du Maghreb dont principalement l’Algérie, un pays qui a dénoncé ce procédé qui ne fait que relancer le terrorisme en lui donnant plus de longévité. Le monde à l envers , le terrorisme mondial a beaucoup de jours devant lui pour faire plus de dégâts
Ce sujet de la rançon ne va pas fâcher uniquement l Algérie ! y a aussi :
1/l Angleterre : d avoir refusé auparavant la rançon au détriment de son citoyen aux mains des ravisseurs ( son sort connu mondialement )
2/les USA
3/l UA
4/ l ONU

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