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elfamilia
28/08/2010, 02h59
L'artiste s'est produit dans un stade archicomble. Il a offert une image de joie extrêmement belle au public. Le gala de Khaled a drainé 12 000 personnes, selon Ould Ali El Hadi, directeur de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou.



Le king du raï, Khaled, a fait vibrer jeudi le stade Oukil Ramdhane de la ville de Tizi Ouzou, où il a animé un concert exceptionnel devant des milliers de personnes. Il a, en effet, bercé ses fans qui se sont régalés lors de ce spectacle explosif, surtout lorsqu'on sait qu'il s'agit du premier gala du king en Kabylie. C'est un événement historique et mémorable, pour reprendre les propos de Ould Ali El Hadi, directeur de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou. Le stade Oukil Ramdhane était archicomble. Il était d'ailleurs impossible de gérer l'afflux du public, n'était la présence d'un impressionnant dispositif sécuritaire, à l'intérieur et à l'extérieur du stade. Des la rupture du jeûne, une marée humaine a déferlé sur la ville de Tizi Ouzou, pour ne pas rater cet événement «historique». Ils sont venus de partout, des villages, des wilayas limitrophes et même de la capitale pour assister au concert de Khaled. A 21h, le stade était déjà presque bondé de monde, mais des foules continuaient toujours à affluer. Il fallait jouer des coudes pour se frayer un chemin afin d'accéder aussi bien aux gradins qu'au terrain.
La composition du comité d'organisation ne s'est pas limitée seulement aux fonctionnaires du secteur de la culture, et ce, compte tenu de l'importance de l'événement. Des jeunes de l'association des Petits débrouillards et de la Palaj étaient également là pour assurer les différentes tâches inhérentes à l'organisation de ce concert. Car, il était vraiment difficile de contenir toute cette masse de gens qui a convergé vers le lieu du spectacle. A 22h, alors que le stade était archicomble, les techniciens s'affairaient à faire les dernières retouches pour le réglage du matériel. Il a fallu attendre 23h10 pour voir le king faire son apparition sur scène, sous un grand tonnerre d'applaudissements. Son entrée fût tonitruante avec un mixage magique de musiques qui a, du coup, enflammé le public. Avec ses tubes légendaires, l'artiste a offert une image de joie extrêmement belle à l'assistance. Il entame son concert avec des mélodies attrayantes pour annoncer sans doute la couleur. «On va se défouler jusqu'à l'aube», lance-t-il à l'endroit du public qui a répliqué par des ovations. Il interprète El aâchq saîb. L'assistance explose. Les fans de Khaled ne cessaient de réclamer les célèbres chansons de l'artiste. Ce dernier dira, à chaque intervalle entre deux morceaux de musique : «Soyez patients pas, on va chanter tous les tubes, car vous êtes un public en or.» Il continue sur le même rythme avec d'autres textes plus attrayants dans la mesure où l'assistance affichait de plus en plus une véritable satisfaction. Des jeunes, des adolescents reprenaient en chœur les mélodies du king qui créaient des moments d'ambiance magnifique. Il a chanté ainsi Adelali, Liberté, Bakhta et Aïcha. Il a également interprété une chanson en hommage à la JSK. Avant la fin de son gala, et lors de sa dernière chanson, il a chanté avec un t-shirt sur lequel était imprimé un portrait du chantre de la chanson kabyle Matoub Lounès. Il a offert un véritable régal au public auquel il a promis de revenir l'année prochaine.
«Je reviendrai, car je suis vraiment surpris par ce public chaleureux de Tizi Ouzou, la terre des anciens et grands artistes comme Idir», a déclaré le king. Le comité d'organisation a offert un burnous traditionnel kabyle à Khaled. Ce cadeau a été remis au king par Sid Ali Zemirli, directeur de l'Office des établissements de jeunes (ODEJ). «Ce gala a drainé plus de 12 000 personnes. C'était grandiose. La réussite de ce spectacle à Tizi Ouzou prouve que la région est ouverte aux autres cultures. C'est une occasion pour penser, d'ores et déjà, à inviter dans les prochaines manifestations, d'autres chanteurs à la renommée mondiale comme Khaled», dira Ould Ali El Hadi, directeur de la culture. Par ailleurs, lors d'une conférence de presse qu'il a animée au niveau de la maison de la culture de Tizi Ouzou, quelques heures seulement avant son gala, le king du rai avait déclaré : «Depuis longtemps que je veux me produire à Tizi Ouzou, j'attendais juste l'invitation. Voilà, aujourd'hui, je suis venu chanter pour la première fois dans cette région, mais pas pour la dernière fois Inchallah.» Khaled a également souligné qu'il entamera la préparation d'un nouvel album à partir du mois de septembre prochain. «Je vais chanter un jour en kabyle et même en chaoui car le mélange de cultures ouvre les esprits», a-t-il estimé avant de parler de Matoub Lounès qui était, dit-il, «un homme très courageux. Un chanteur qui est sorti du lot pour revendiquer son identité». Khaled est revenu dans son intervention sur le conflit qui a émaillé la rencontre de l'équipe nationale avec celle de l'Egypte lors des éliminatoires de la Coupe du monde. «Vous savez. On a mis le tapis rouge à des artistes égyptiens qui ont fini par cracher sur l'Algérie. La prochaine fois aussi, on va leur faire la même chose, alors que parfois les nôtres sont marginalisés.» Enfin, Khaled a estimé que «l'artiste doit être neutre. Il ne doit pas prendre de position politique». «Moi, j'ai, certes, de bonnes relations avec le roi du Maroc, Mohammed VI, mais je suis aussi avec le peuple sahraoui. D'ailleurs, j'ai déjà chanté au Sahara occidental, comme je souhaite également me produire à Ghaza un jour Inchallah. Moi, je suis aussi pour l'ouverture des frontières entre l'Algérie et le Maroc, car on est des frères».


El Watan, 28 août 2010.

elfamilia
28/08/2010, 03h02
“J’ai chanté à Al-Ayoun, je rêve d’aller à Gaza…” Khaled n’y est pas allé par des chemins détournés pour claironner son amitié avec Mohammed VI, tout en se disant “artiste et non homme politique”.
Profitant du passage de Cheb Khaled à Tizi Ouzou où il a animé un premier gala historique au stade Oukil-Ramdane, les responsables de la Direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou ont organisé, jeudi dernier avant le f’tour, un point de presse animé par le “king du raï” qui s’est produit pour la première fois de sa vie en Kabylie.
Avec son franc-parler habituel, ses boutades et ses éclats de rire bien connus, Khaled n’a pas dérogé à la règle car il a répondu, sans aucune hésitation, à toutes les questions des nombreux journalistes accourus à la maison de la culture Mouloud-Mammeri pour ne pas rater un tel événement.
Et pour ne pas trahir son caractère et ses habitudes, Khaled s’est laissé aller à certaines vérités tantôt courageuses, tantôt choquantes et surprenantes mais franches même s’il n’a pas toujours le verbe facile et adéquat pour exprimer clairement le fond de sa pensée et faire passer des messages parfois retentissants. “Cela faisait bien longtemps que je rêvais d’un grand gala à Tizi Ouzou et mon rêve s’est finalement exaucé, ce dont je suis très heureux”, dira d’emblée Khaled, qui précisera qu’il a aussitôt sauté sur l’occasion pour venir chanter à Tizi Ouzou.
“Chanter en Kabylie est un rêve exaucé !”
“En rentrant d’une tournée à l’étranger, j’ai trouvé un e-mail d’invitation pour un gala à Tizi Ouzou, et j’avoue avoir été aussitôt emballé par une telle sollicitation car j’ai beaucoup d’amis à Tizi, une ville que j’ai déjà connue par le passé du fait que j’ai accompagné, à l’époque, des amis de la région notamment, mon regretté ami et frère Samy El-Djazaïri, Allah y’rahmou. Pour preuve, c’est mon ami kabyle, Idir Haddadi de Roubaix, qui m’a contacté pour ce gala de Tizi et j’ai tout de suite répondu à cette invitation. Je vous avoue que même mon groupe de musiciens m’a littéralement harcelé pendant tout un mois pour me convaincre de venir chanter à Tizi Ouzou. Pourtant, je n’ai qu’un musicien kabyle dans le groupe alors que les autres sont Oranais, Marocains, Français, Américains ou Italiens. Même lors de mon dernier concert en Espagne, tout le groupe ne parlait que de ce gala à Tizi Ouzou. Tout cela pour vous dire que tout le groupe était excité à l’idée de venir, pour la première fois, à Tizi Ouzou et nous sommes donc venus en Kabylie avec un énorme plaisir”, précisera Khaled, tout en rappelant d’emblée son habituel “je ne suis pas fait pour faire des discours !” Khaled mettra à l’aise tous les journalistes présents en acceptant de répondre à toutes leurs questions, tout en faisant rire aux éclats la nombreuse assistance lorsqu’il avoue que “c’est quand même difficile de réfléchir et de parler lorsqu’on a le ventre vide en période de… Ramadhan !”.
à la question d’un confrère qui s’étonnait que Khaled ne s’est jamais produit à Tizi Ouzou, l’artiste dira que “cela n’est pas dû à des raisons financières, encore moins pour des raisons politiques. La raison est toute simple : auparavant, je n’ai jamais reçu d’invitation pour chanter à Tizi et dès que l’on m’a sollicité, je n’ai pas hésité un seul instant à réaliser un rêve auquel je tenais tant. Cela aurait été grave si j’avais décliné auparavant une quelconque invitation, mais cela ne s’est jamais fait jusque-là. Je remercie le bon Dieu de m’avoir aidé à réaliser aujourd’hui un vœu qui m’était très cher, comme je tiens à féliciter et remercier les responsables de la Direction de la culture de Tizi Ouzou qui ont tout fait pour organiser un gala de Cheb Khaled pour la première fois, ici à Tizi Ouzou. Dites-vous bien que j’adore mon pays l’Algérie, mais les responsables de la culture doivent fournir beaucoup plus d’efforts pour organiser ce genre de spectacles. C’est quand même malheureux que de nombreux Algériens ne connaissent Khaled qu’à la télévision, y compris des gars de chez moi, à Oran, alors que je suis tellement sollicité pour des tournées à l’étranger. Cela fait plus de trois ans que je rêve d’une grande tournée en Algérie, mais je ne vois rien venir car j’ai toujours affaire à des gens sourds. à moins que Khaled dérange sous un tonnerre d’applaudissements”.
“Je suis pour Tamazight et le combat du regretté Matoub Lounès !”
Invité à donner son avis sur la revendication amazigh, Khaled répondra en toute spontanéité : “C’est une revendication tout à fait légitime car l’Algérie est aussi berbère. D’ailleurs, je profite de cette occasion pour rendre un hommage tout particulier au regretté Lounès Matoub qui a toujours lutté pour le tamazight et qui est mort pour ses idées. Je trouvais anormal qu’il y ait une chaîne de télévision berbère au Maroc mais pas chez nous en Algérie et je suis heureux de constater que beaucoup de choses se sont améliorées pour le tamazight en Algérie. Personnellement, j’ai beaucoup d’amis chanteurs kabyles tels que Idir, Djamel Allem, Aït Menguellet, Akli Yahiatène, Noura et Kamel Hamadi. à Oran, j’ai grandi aussi avec la chanson kabyle au même titre que celle du regretté Ahmed Wahbi, de Blaoui El-Houari et Cheikha Remitti. Il y a quelques années, les Algériens ont été divisés par ceux qui veulent diviser pour mieux régner. Mais aujourd’hui, les Algériens ont compris leur jeu et ont compris que l’Algérie est une et indivisible”, clamera-t-il.
“J’ai chanté à Al-Ayoun, je rêve d’aller à Gaza mais jamais en Israël !”
Bien évidemment, Khaled s’attendait à la question relative à son fameux gala animé à Al-Ayoun, au Sahara occidental devant le roi du Maroc, Mohammed VI. Khaled n’ira pas par trente-six chemins. “Je suis un artiste et je ne fais pas de politique. J’ai été invité par le roi du Maroc, Mohammed VI, qui est un ami et je n’ai pas hésité à aller chanter à Al-Ayoun. Cela ne veut pas dire que je suis contre l’indépendance du Sahara occidental. Tous les Algériens sont favorables à l’indépendance du Sahara occidental et moi avec, mais je ne fais pas de politique. J’ai beaucoup de respect pour les deux chefs d’état, M. Abdelaziz Bouteflika, notre président de la République et Sa Majesté, le roi du Maroc, Mohammed VI, qui est un ami mais je ne peux pas rentrer dans leurs affaires. Ce sont eux qui doivent s’occuper de politique et de régler un contentieux qui date de plusieurs années. Une chose est sûre, j’irai chanter avec plaisir à Al-Ayoun le jour où le Sahara occidental accéderait à son indépendance comme je rêve d’aller chanter à Gaza pour nos frères palestiniens. Dites-vous bien que si j’ai chanté à Al-Ayoun et que je rêve d’aller à Gaza, par contre, je ne mettrai jamais les pieds en Israël”, conclut Khaled qui n’omettra pas de dénoncer “les cachets exorbitants qui ont été perçus en Algérie par des artistes égyptiens qui n’ont pas manqué malheureusement d’insulter sans aucune honte ni retenue notre cher pays l’Algérie, et souillé le sang de nos chouhada à cause d’un simple match de football ! J’espère que les nôtres ont retenu beaucoup de leçons.”

Liberté, 28 août 2010.

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