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Voir la version complète : Renault vend 3 milliards d'euros d'actions Volvo


arayzon
07/10/2010, 16h33
Paris:
Renault a annoncé jeudi avoir placé la majeure partie des actions qu'il détenait dans Volvo au prix unitaire de 93 couronnes suédoises, une opération attendue de longue date qui servira d'abord à réduire la dette du constructeur au losange.

Le montant total de la transaction s'élève à 28,2 milliards de couronnes suédoises, soit un montant indicatif de 3,013 milliards d'euros, a-t-il précisé dans un communiqué.

A la Bourse de Paris, l'action Renault a atteint un plus haut de neuf mois en début de séance après cette annonce, enregistrant sa plus forte progression depuis mars 2009 dans des volumes nourris.

Vers 10h45, le titre gagnait 6,4% à 38,8 euros.

"C'est un bon deal, le groupe remboursera une partie de sa dette qui reviendra largement dans les clous et le risque attaché à Renault s'en trouvera réduit", commente Philippe Barrier, analyste du secteur à la Société générale. "L'idée est de redevenir 'investment grade' pour pouvoir emprunter à un meilleur taux."

Renault reste avec Fiat l'un des constructeurs automobiles les plus endettés, ajoute-t-il. Comme son compatriote PSA, il a également remboursé par anticipation le tiers du prêt public de trois milliards d'euros octroyé pour faire face à la crise de 2008-2009 et aucun des deux groupes ne semble vouloir attendre le terme du crédit, en 2014, pour s'acquitter du solde.

"Selon nos estimations, la dette nette de l'entreprise devrait être ramenée à 1,8 milliard d'euros, soit un 'gearing' de l'ordre de 9% contre 27% auparavant", commentent les analystes de Nomura dans une note de recherche. "Les agences de notation devraient réagir de manière positive."

Le constructeur a souligné mercredi soir que la cession des titres Volvo servirait à réduire un endettement que le groupe aimerait voir tomber à court terme sous la barre des trois milliards d'euros.

Renault est noté "Ba1" par l'agence Moody's et "BB" par Standard & Poor's, en catégorie "junk" dans les deux cas.

Au 30 juin, l'endettement financier net du constructeur automobile s'élevait à 4,7 milliards d'euros, en baisse de 1,3 milliard sur un an.

Marge renforcée pour d'autres projets

Renault a cédé 302.915.940 actions B Volvo, qui portent moins de droits de vote que les actions A, à des investisseurs institutionnels dont l'identité n'a pas été communiquée. Cette tranche représente les deux tiers de sa participations dans le groupe suédois, soit 14,9% du capital et 3,8% des droits de vote.

A l'issue de la transaction, Renault reste néanmoins actionnaire de référence de Volvo avec 6,8% du capital en actions A et 17,5% des droits de vote.

A 93 euros, le prix du placement représente une décote de 4,2% sur le dernier cours de clôture de Volvo (97,05 couronnes), mercredi. Dans plusieurs notes publiées jeudi, les analystes soulignent que l'opération devrait être relutive pour le bénéfice par action en 2010, mais qu'elle pourrait être dilutive en 2011 du fait de la baisse de la contribution de Volvo au résultat de Renault

Depuis la publication de bons résultats financiers au printemps sur fond de reprise pour les véhicules utilitaires, le constructeur de poids lourds a vu son cours de Bourse rebondir, relançant alors l'idée que Renault pourrait saisir l'opportunité de céder tout ou partie de sa participation dans le groupe suédois à un tarif devenu plus intéressant.

A la clôture de mercredi, l'action du constructeur de poids lourds affichait un gain de 58% depuis le début de l'année.

CMC-CIC s'interroge à ce jour sur le moment choisi car Renault aurait pu encore attendre alors que le rétablissement du marché du camion n'en est qu'à ses débuts.

"Dans l'état actuel des choses, il est difficile de croire que cette vente soit une anticipation d'un mauvais T3 et T4", écrivent les analystes de CM-CIC dans une note. "Il est en revanche possible (qu'elle permette) à Renault d'accélérer le développement de son plan produit, soit dans le véhicule électrique qui pourrait s'avérer finalement plus couteux que prévu, soit dans les véhicules thermiques classiques, ou plus probable encore, de saisir une opportunité de partenariat capitalistique avec GM " à l'occasion de la prochaine réintroduction en Bourse du constructeur de Detroit.

Renault ne cache pas qu'il aimerait retenter l'aventure américaine avec General Motors, mais le PDG du groupe, Carlos Ghosn, a estimé la semaine dernière que les conditions n'étaient toujours pas réunies.

"Ça fait beaucoup de sens parce qu'il y a beaucoup de synergies", a-t-il déclaré au Mondial de l'automobile. "Mais ces synergies ne sont réalistes qu'à partir du moment où il y a de l'appétit des deux côtés (...) Pour l'instant, il n'y a de l'appétit que d'un côté, donc il ne se passe rien."

Par Gilles Guillaume avec Blaise Robinson, édité par Jean-Michel Bélot

Sources : nouvelobs.com / Reuters.

absent
07/10/2010, 16h34
Exact!!! Renault aurait dû attendre encore quelque mois. Rien ne presse pourtant!!!

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