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Voir la version complète : La Russie et l'Algérie réaffirment la sacralité du principe " take or pay " des contrats à long term


nacer-eddine06
09/10/2010, 14h17
Garantir des revenus stables pour investir dans le gaz à long terme




La Russie et l'Algérie, deux grands exportateurs de gaz vers l'Europe, ont réaffirmé la sacralité du principe " take or pay " des contrats à long terme. Cette position officielle a été formulée par le président Dmitri Medvedev au cours de sa visite en Algérie, mercredi dernier. Il n'est pas question là d'une entente, tellement redoutée en Europe occidentale, lorsqu'il s'agit des négociations entre la Russie et l'Algérie, le Qatar, la Libye ou autres producteurs mondiaux de gaz. La coordination du comportement des exportateurs de ressources énergétiques sur le marché européen n'a pas été à l'ordre du jour des négociations des présidents des deux pays, Bouteflika et Medvedev. Néanmoins, le bilan du sommet russo-algérien a montré que les exportateurs vont exiger que leurs partenaires européens paient les volumes de gaz signés au prix négocié. Oui, l'Europe sort de la crise plus lentement que les autres régions mondiales et ses besoins en gaz tombent. Oui, la dépendance du prix de gaz de celui du pétrole n'est pas sans défaut, vu les fluctuations de l'offre et de la demande et les actions des spéculateurs boursiers. Mais les producteurs de gaz, le russe Gazprom et l'algérien Sonatrach, ont besoin des garanties de stables revenus pour construire leur politique d'investissement à long terme. D'autant plus que la Russie investit de plus en plus de moyens dans les projets pétroliers à l'étranger. La coopération avec l'Algérie va se développer dans le biais d'achats de valeurs, a déclaré à cet égard le P-DG de Gazprom, Alexeï Miller : " Nous envisageons de prendre part aux prochains appels d'offres que la partie algérienne a déjà annoncées. Nous envisageons d'élargir notre coopération en matière d'exploitation géologique et d'extraction ", a déclaré le P-DG de Gazprom. La Russie compte également renforcer sa présence sur le marché énergétique de l'Amérique latine, aussi par le biais d'achat de valeurs. Mercredi, à Moscou, la société française Total a cédé sa part dans le projet de l'exploration de deux gisements de gaz en Bolivie. L'extraction de gaz y sera lancée en 2013. En même temps selon les spécialistes russes les Boliviens à créer leur système de distribution de gaz. La Russie et l'Algérie son, avec la Norvège, les principales sources de gaz naturel en Europe, une importante source d'énergie pour les ménages et l'industrie.
Les réserves prouvées de gaz naturel dans la région méditerranéenne sont estimées à 8 000 milliards de m3, ce qui équivaut à 4,6 % du total des réserves mondiales. La Libye reste cependant largement inexplorée. Trois pays, l'Algérie, la Libye et l'Egypte comptent pour 95 % des réserves de gaz dans la région. La quantité totale de gaz commercialisée a doublé au cours des vingt dernières années et devrait atteindre 360 milliards de m3 en 2030, les trois pays susmentionnés représentant 87 % du total. La part de la région dans la production mondiale de gaz naturel a augmenté de moitié, à 6 % du total. La demande a doublé au cours des dix dernières années et pourrait être multipliée par deux et même dépasser 500 milliards de m3 en 2030. Les pays de la rive nord représentent 60 % de la demande régionale, un pourcentage qui baissera à 45 % d'ici à vingt ans. L'Union européenne importe aujourd'hui 62 % du gaz qu'elle consomme, une proportion qui devrait passer à 84 % en 2030. Aujourd'hui, l'Algérie est son troisième plus important fournisseur après la Russie et la Norvège, mais pourrait bien occuper le second rang en 2030, estiment nombre d'experts. Il convient de signaler que l'UE prévoit pour ses membres un cadre réglementaire commun, mais, elle n'a pas de politique énergétique commune. " Une situation dont l'évolution risque de ne pas être évidente au cours des prochaines années. La cacophonie pourrait être réduite mais de puissants intérêts nationaux, arc-boutés autour des champions nationaux sont susceptibles de persister et les pays ne disposent pas de champions de ce type devront faire avec leurs propres moyens réduits ". Cependant, d'après des analystes, le déficit énergétique de l'Europe, notamment en gaz naturel, va continuer d'augmenter. " La Commission européenne prévoit ainsi une baisse de la production européenne de gaz qui passerait de 239 milliards de m3 en 2005 à 107 milliards de m3 en 2030 ". L'Observatoire méditerranéen de l'énergie (OME) est plus pessimiste puisqu'il avance la prévision de 66 milliards de m3 en 2030. Avec une importation de plus de 70 % de ses besoins en gaz, l'Europe pourrait atteindre les 84 % en 2030. Ces chiffres ne font que mettre en exergue l'intérêt stratégique pour l'Union européenne de renforcer ses liens avec l'Algérie et la Russie.
Ahmed Saber

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