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Voir la version complète : Issaad Rebrab vu par le quotidien économique français « La Tribune »


Fay-control
09/10/2010, 17h10
Dans son édition du mardi 14 août, le quotidien économique français publie un portrait du propriétaire du groupe Cévital, Issad Rebrab.

“Je suis guidé par ma passion de créer ». À 63 ans, IssadRebrab, à la tête de l’entreprise familiale Cevital, premier groupe privé algérien, a des projets plein les cartons. À l’image de Richard Bronson en Grande-Bretagne, tout réussit à cet homme d’affaires kabyle, devenu une légende en Algérie.
Pour Issad Rebrab, tout commence en 1971 avec une prise de participation de 20 % dans le capital d’une petite entreprise de construction métallique. Pendant près de trente ans, l’homme d’affaires s’investit dans le secteur et dans celui voisin de la sidérurgie. Il prospère mais manque aussi de tout perdre, au moment où l’Algérie est la proie d’un terrorisme sanglant et sauvage. Deux attentats terroristes, en 1995, détruisent ses installations industrielles à Larbâa, près d’Alger. « Mes seuls échecs sont dus au terrorisme », confie-t-il.
En 1998, quand la paix revient, changement de cap. Issad Rebrab se tourne vers l’agroalimentaire, un secteur jusqu’alors sous le monopole de l’État. Il crée Cevital et se lance sur le marché des produits alimentaires de base : huile, sucre, margarine, eau minérale. L’homme d’affaires a vu juste. Son seul vrai concurrent, une entreprise publique, peine à suivre.

En moins de dix ans, le chiffre d’affaires du groupe, qui compte désormais plus de 25 entreprises, a été multiplié par 20 pour atteindre 1,4 milliard de dollars (1 milliard d’euros) en 2006. Sa recette est simple : « Il faut voir grand, démarrer petit et aller vite », répète l’industriel. « Nous avons une croissance annuelle moyenne de 50%, nos investissements sont couverts à plus de 130%par nos fonds propres. Nous n’avons aucun découvert bancaire. »

Dans un pays où tout est à faire, sa passion pour la création d’entreprises reste intacte. Cette année, Cevital sera transformée en holding. Désormais, Issad Rebrab veut faire de son groupe un conglomérat sur le modèle des géants sud-coréens. Pour y arriver, il s’est lancé dans une politique de diversification tous azimuts avec des projets gigantesques dans plusieurs secteurs : agriculture, pétrochimie, sidérurgie, aluminium, construction automobile, construction navale, électroménager — en partenariat avec Samsung—, ciment et matériaux de construction, production de verre plat, bâtiment préfabriqué, hôtellerie, grande distribution…
« Il y a des synergies entre ces activités. Nous voulons être présents en amont, en aval etdans la distribution pour être à l’abri des concurrents. Là où il y a un marché avec un potentiel de croissance, on investit », affirme-t-il. Objectif : un chiffre d’affaires de 5milliards de dollars dès 2010, afin d’être au deuxième rang des entreprises algériennes après le géant Sonatrach.

Roi de l’agroalimentaire en Algérie, Issad Rebrab compte réduire à seulement 35 % la part de l’agroalimentaire dans l’activité de son groupe en développant d’autres activités et conquérir de nouveaux marchés à l’étranger. « Nous ne réduirons pas l’activité agroalimentaire, au contraire, c’est un secteur qui va encore connaître une croissance soutenue ; mais d’autres activités plus importantes émergeront », explique-t-il.

Apprécié par ses collaborateurs, qui l’appellent le « vieux », il est connu pour sa modestie et son franc-parler. Expert comptable de formation, il n’hésite pas à monter au créneau pour critiquer la politique économique du gouvernement, les accords d’association signés avec l’Union européenne…

Marié, père de cinq enfants, ce Kabyle aux yeux bleus aime le ski, le footing et le tennis. Et il ne pense pas du tout à la retraite. Bien au contraire. Son dernier projet, né au début de l’année 2008, s’appelle « Cap 2015 ». L’homme d’affaires veut créer de toutes pièces, à l’est d’Alger, une nouvelle ville industrielle avec des usines pétrochimiques, un complexe sidérurgique, une usine d’aluminium, un port, des centrales électriques, des unités de transformation, de constructions automobile et navale… Un investissement d’au moins 20 milliards de dollars. « C’est un nouveau défi.Mais c’est un projet à notre portée », affirme Issad Rebrab, persuadé que la chance sera à nouveau au rendez-vous.

HAMID GUEMACHE, La Tribune (Paris)

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