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Voir la version complète : Djezzy-Meditel : les clarifications de Nassim Kerdjoudj


Raco
28/10/2010, 21h14
Une polémique a animé le forum de Maghrebemergent.info consécutivement à la publication de l’entretien avec Nassim Kerdjoudj, PDG de Skills-net et Vice président du forum des chefs d’entreprise (FCE) titré « le non rachat de Djezzy doit rester une option». Deux points de clivage : l’évolution de l’actionnariat au sein de l’opérateur marocain Meditel et la valeur de cession de Djezzy. Pris à partie, Nassim Kerdjoudj apporte des précisions.

La rédaction de Maghrebemergent.info a repris contact avec Nassim Kerdjoudj, PDG de Skills-net et vice président du FCE afin qu’il apporte des précisions suite à la polémique qu’a suscité son entretien publié mardi dernier sur notre portail et également en version papier sur le supplément du quotidien d’Oran : « cet entretien portait non pas sur Meditel mais sur le sort de Djezzy. Je suis surpris que tous les commentaires sur votre forum tournent autour de Meditel.

Je souhaite ici rappeler certains faits. La licence Meditel a été achetée pour 1,1 milliard de dollars en 1999 avec une participation Telefonica/Portugal Telecom de 32,18% chacun. Les espagnols et les portugais ont consentis des investissements massifs notamment une recapitalisation en 2001 (250 M$), l’achat d’une licence de fixe en 2005 (50 M$) avec développement de l’infrastructure de réseau et les investissements relatifs à la 3G. En dépit de cela, Meditel n'a jamais dépassé une valorisation de 1,6 MD$ pour 10 millions d'abonnées et des parts de marché en régression de 45% en 2003 à 35% en 2010. Je rappelle cela pour dire que les conditions de sorties de Telefonica et de PT du capital de Meditel n'ont pas été les meilleures, éloignées de la valeur optimale de marché de cet opérateur de 10 millions d’abonnés. La plus value réalisée par la CDG (caisse de dépôts et de garanties) et Finance.com (filiale de BMCE) entre le prix d’acquisition des parts de Telefonica et PT et le prix de cession de 40% à Orange vient de là. Pas de la valeur du chèque du nouvel entrant.

CDG et Finance.Com ont racheté les parts de Telefonica et PT (32;18% chacun) en septembre 2009 pour 800 M d'euros et revendu un an plus tard 40% pour 640 M€ à Orange qui récupère un opérateur avec toutes les licences (fixe,mobile,3G). De tous les acteurs, c’est, de mon point de vue, Orange qui fait la meilleure opération ».

« Une algérianisation progressive de Djezzy »

Nassim Kerdjoudj poursuit en affirmant que son souci « est que le débat sur la valorisation masque les vrais enjeux. Si Djezzy est vendu en dessous de 3 milliards de dollars à cause d’une chute de son Edibta en 2010, et qu’il est, supposons, revendu, partiellement ou totalement par l’Etat Algérien à moins de 4 milliards de dollars l’année suivante à un opérateur technique étranger, c’est cet opérateur qui aura fait la bonne affaire en dépit de la plus value réalisée par l’Etat algérien dans l’intervalle et nous retomberons dans le problème de transferts massif de dividendes du nouvel entrant. J’ajoute que dans le contexte du marché algérien de la téléphonie mobile, cette plus value n’est même pas garantie.

Ce que je soutiens c'est la voie de "l'Algérianisation" progressive de Djezzy en s'appuyant sur un socle d'expertise algérienne existant au sein de ses effectifs et une ouverture du capital avec un montée en puissance progressive de la partie algérienne. Cela maintiendra la performance intrinsèque de l'opérateur sur le marché et assurera un développement pérenne avec l'arrivée des licences 3/4G et peut-être de la convergence fixe/mobile/internet. Il faut sortir du débat de la valorisation EBITDA/bourse et prendre la négociation sur une perspective moyen/long terme. Ainsi toutes les parties peuvent y trouver leur compte. L'ensemble des indicateurs montrent qu'il est tout à fait possible d'arriver à une solution algérienne sans perte de valeur.


« Eviter ce scénario achat-vente en Algérie »

En résumé, il est important de relever, d’abord que Telefonica et PT sont sortis de Meditel par le bas. Ensuite que Orange a fait une entrée nettement plus rentable que si elle avait acheté la licence au départ.

Enfin que les actionnaires marocains à travers leur démarche d'achat/vente en moins de 12 mois ont démontré, face à la domination de Maroc Télécom et la concurrence montante de Wana, le troisième opérateur du mobile, qu'ils n'étaient pas en mesure de gérer Meditel sans un partenaire technique international. Et c’est seulement pour éviter le même scenario en Algérie que j’ai cité l’exemple de Meditel ou le départ d’un opérateur étranger n’a finalement débouché que sur la venue d’un autre à des conditions avantageuses pour lui en terme de valeur ajoutée marché et non de plus value financière».

Par ailleurs la transcription de l’entretien avec Nassim Kerdjoudj a laissé passer une erreur, de la responsabilité de la rédaction, au sujet de l’acquisition annoncée de l’opérateur koweiti Zain par l’émirati Etissalat. 46% du capital de Zain devraient finalement finir, pour 13,5 milliards de dollars, entre les mains des Malaisiens de Al-Bukhari Group et des indiens de Vavasi Group, BSNL et MTNL, après avoir été annoncé il y a 6 mois chez l'indien Bharti pour 10 milliards de dollars.

par Samy Injar Jeudi, 28 Octobre 2010 18:46

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