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FrozenRose
27/03/2006, 17h49
Article intéressant.[U]


Selon un ancien cadre de la Banque d’Algérie, plus de 700 milliards de dinars circuleraient dans le marché parallèle, ce qui confirme une fois de plus que l’informel gangrène l’économie et les finances algériennes.
lundi 27 mars 2006.

L’équivalent de plusieurs milliards d’euros échapperaient aux circuits bancaires en Algérie.
Ali Benouari (ancien cadre de la Banque d’Algérie et ministre délégué au Trésor du gouvernement Ghozali), juge “excessives est injustifiées” les craintes exprimées par un certain nombre d’acteurs et d’économistes sur l’éventualité d’une convertibilité totale du dinar. Invité dans le cadre des petits déjeuners économiques qu’organise le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), il est convaincu que le temps lui “donnera raison”. L’économiste souligne, dès l’entame de la rencontre, que son intervention “n’est pas une réponse au Chef du gouvernement. Ni une ingérence dans les politiques menées par le gouvernement”.

Le rendez-vous, comme le confirment les organisateurs, était prévu bien avant la conférence de presse de M. Ahmed Ouyahia. Voila pour le décor, mais pour le reste, la sortie du Chef du gouvernement n’a pas ébranlé les “convictions premières” de l’ancien délégué au Trésor du gouvernement Ghozali. Pour lui, “il ne saurait y avoir de tabou”, en plaidant, encore une fois, “en homme libre, non manipulé”, la convertibilité totale du dinar. M. Ali Benouari exprime une certitude quand il soutient que “seule une convertibilité totale du dinar pourrait endiguer le marché parallèle de change”.

À contre-courant d’une opinion répandue, l’ancien cadre de la Banque d’Algérie soutient que la convertibilité du dinar ne provoquera pas de fuite massive des capitaux. La visibilité et la transparence des mouvements de transferts (qui devront nécessairement passer par le système bancaire), explique-t-il, excluent qu’il puisse y avoir des transferts d’argent non déclaré. Bien au contraire, argue-t-il, “l’attrait d’un taux de change meilleur et d’une plus grande sécurité est susceptible de provoquer le rapatriement dans le circuit officiel des énormes liquidités qui prospèrent sur le marché informel, qui amenuisent les ressources budgétaires et engendrent la corruption à grande échelle”.

M. Ali Benouari estime à 700 milliards de dinars (12% du produits intérieur brut) la masse monétaire qui échappe au circuit bancaire. “C’est un cancer qui ronge l’économie nationale et qui risque de métastaser, engendrant une corruption à grande échelle”, caricature-t-il. Un à trois milliards de dollars chaque année quittent “illégalement” le territoire algérien à travers des opérations de surfacturation de certaines importations. En décrétant la convertibilité total du dinar, plaide M. Ali Benouari, “on instaure une confiance dans l’économie algérienne pour les investisseurs étrangers qui auraient aujourd’hui quelques raisons d’hésiter à investir en Algérie.

Synthèse de Kahina
D’après Liberté
FA.

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