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Voir la version complète : Les patients du Maghreb préfèrent les hôpitaux tunisiens


zek
10/11/2010, 12h38
Un personnel médical expérimenté et le climat doux du pays font de la Tunisie un lieu de santé privilégié pour les patients du Maghreb.

La Tunisie devient le havre médical de prédilection pour ses voisins algériens et libyens. Le Ministère de la Santé a indiqué que les centres médicaux tunisiens avaient accueilli plus de 140 000 Libyens et Algériens l'an dernier.

"En Libye, nous souffrons de traitements insuffisants de la part des professionnels de la santé et de leur indifférence face aux problèmes de santé qui nous préoccupent", explique à Magharebia Bouajila Fakhri, une habituée des cliniques tunisiennes.

Mécontents de leurs services médicaux locaux, les Libyens trouvent des solutions en Tunisie. Un clinique réputée de Tunisie est désormais surnommée la Clinique libyenne.

Le Gouvernement libyen avait indiqué en début d'année que l'Etat avait dépensé près de 2,5 milliards de dinars libyens (1,5 milliard d'euros) dans le secteur de la santé l'an dernier, ajoutant que le pays compte 97 hôpitaux, offrant une capacité totale de 20 689 lits.

Mais certains Libyens s'interrogent néanmoins sur les chiffres de la réforme de la santé, soulignant que les cliniques libyennes souffrent encore de négligences et d'un manque cruel d'équipements de base, notamment de lits, de couvertures et de climatiseurs.

"Tous ces facteurs font que les citoyens libyens perdent confiance dans les services de santé qui sont fournis dans leur propre pays et préfèrent se faire hospitaliser dans les pays voisins", constate Hamida Abd Karim, une patiente libyenne.

Selon un rapport du Secrétariat libyen à la Santé publié en 2009, 566 médecins ont été envoyés suivre une formation à l'étranger en 2008 pour bénéficier d'un meilleur niveau de compétences. Par ailleurs, 6 024 cours de formation ont été organisés pour les professionnels de la santé au plan local. Cette même source indique que 1 283 patients ont été envoyés à l'étranger pour y chercher de l'aide en 2008, contre 399 en 2007.

Nawal Issaoui est venue en Tunisie avec son père malade après que les médecins en Libye lui aient conseillé de poursuivre son traitement dans ce pays. Bien qu'elle trouve facile de faire pratiquer les examens nécessaires en Tunisie et qu'elle salue la rapidité et la précision dans l'obtention des résultats des tests, elle explique néanmoins que la plupart des Libyens viennent suivre un traitement en Tunisie pour des raisons de prestige, ajoutant que toutes les capacités sont disponibles dans son pays.

Pour leur part, le nombre d'Algériens venus bénéficier d'un traitement en Tunisie est également en hausse. Les cliniques de Tunis, de Sousse et de Sfax sont devenues des destinations de choix pour les patients algériens, notamment durant la saison touristique. De nombreux Algériens préfèrent en effet faire d'une pierre deux coups en venant passer leurs vacances d'été en Tunisie et en y bénéficiant en même temps de soins médicaux.

Certains Algériens soulignent que l'exode des cerveaux a eu pour résultat un moindre niveau de compétences des professionnels médicaux en Algérie, obligeant les patients à s'adresser aux cliniques de Tunisie.

L'Ordre des Médecins français a révélé que la France comptait en 2009 1 934 médecins algériens, soit 10,26 pour cent du nombre total d'étrangers travaillant dans les hôpitaux français. Les Marocains représentaient quant à eux 7,69 pour cent, et les Tunisiens 4,85 pour cent.

Les patients algériens se plaignent du manque d'attention et de soins de la part des médecins locaux. Et selon l'Ordre des Médecins algériens, plus de 200 erreurs médicales ont été commises en 2009.

Une étude réalisée par l'université canadienne de Sherbrooke et par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), publiée le 14 septembre, a confirmé que la Tunisie offrait le meilleur système de santé de la région du Maghreb.

En 2008, le pays comptait 1,2 docteur pour 1 000 habitants, contre 1,2 en Algérie et 0,6 au Maroc. L'espérance de vie moyenne y est de 70 ans pour les hommes et de 75 ans pour les femmes, contre 70 ans pour les hommes et 74 ans pour les femmes au Maroc, et 70 ans pour les hommes et 72 ans pour les femmes en Algérie. La Tunisie affiche également le taux de mortalité infantile le plus bas (23 pour 1 000, contre 37 au Maroc et 38 en Algérie).

Selon cette étude, parmi les principaux facteurs ayant contribué à cet indicateur positif en Tunisie se trouvent l'éradication de toutes les pandémies et une formation médicale conforme aux normes internationales.

Par Monia Ghanmi pour Magharebia à Tunis

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