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morjane
28/03/2006, 19h11
Le Pdg de Publicis Maurice Lévy et Jean-Pierre Jouyet, chef de l'inspection des finances, vont mener une mission commune pour mieux valoriser le patrimoine immatériel de la France et rendront trois rapports. Le premier déterminera si la gestion par l'Etat de la concurrence et des monopoles dans le domaine de l'immatériel se fait avec un optimum économique et social. Le second analysera comment se crée la valeur dans cette économie moderne. Le troisième devra mieux cerner les contours du patrimoine public immatériel.

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La commission chargée par le ministre de l'économie et des finances de plancher sur «l'économie de l'immatériel» a été officiellement installée hier par Thierry Breton. Présidée par le PDG de Publicis, Maurice Lévy, et le chef de l'Inspection générale des Finances (IGF), Jean-Pierre Jouyet, cette commission comprend 24 personnes d'horizon très divers tels que avocats, patrons de «majors» de la musique, chercheurs ou encore chefs d'entreprises technologiques. Autre originalité, ces hommes du privé cohabiteront avec un important contingent d'inspecteurs des finances, premiers signes d'une évolution de l'IGF qui sous l'impulsion de son nouveau directeur, se veut désormais plus ouverte sur les questions économiques d'avenir.

Dans une certaine mesure, cette mission est le pendant de celle sur la dette animée l'année dernière par Michel Pébereau. Alors que le président de BNP-Paribas avait dressé un constat implacable du passif de la France, Maurice Lévy et Jean-Pierre Jouyet doivent de leur côté expliquer comment mieux valoriser ses actifs. Ils devront coordonner trois rapports. Le premier déterminera si la gestion par l'Etat de la concurrence et des monopoles dans le domaine de l'immatériel se fait avec un optimum économique et social. Le second analysera comment se crée la valeur dans cette économie moderne. Le troisième devra mieux cerner les contours du patrimoine public immatériel.

Des questions concrètes

Pour théoriques qu'elles puissent paraître, ces questions devraient déboucher sur des questions concrètes. Par exemple, la mission pourrait s'intéresser au CNRS afin de déterminer si cet organisme public est valorisé à sa juste valeur. «Peut-être arriverons nous à changer le regard des gens sur le CNRS», plaide Maurice Lévy. Autres questions : comment l'Etat peut-il mieux vendre les licences, les brevets, les fréquences audiovisuelles, ses bases d'information, ou encore son savoir faire ? De plus, la redéfinition de la valeur de l'entreprise en fonction de la qualité de sa marque peut, in fine, aboutir à un changement dans la façon de la taxer. «Notre but n'est pas d'augmenter les impôts mais de se demander si les assiettes actuelles sont les bonnes ou non, pour, éventuellement, les redéfinir», prévient Maurice Lévy.

«C'est la première fois qu'un Etat engage ce type de réflexion» s'est pour sa part félicité Thierry Breton, qui indique en avoir parlé avec ses homologues de l'Eurogroupe et du G7, «afin que nous puissions aboutir à terme à une réflexion commune sur l'économie de l'immatériel». Les premiers travaux lui seront rendus fin juin.

Par le Figaro

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