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Voir la version complète : Accord stratégique Gazprom-Sonatrach


morjane
29/03/2006, 14h24
Bien plus que les livraisons d'arme de la Russie pour l'Algérie l'accord énergétique entre la Russie inquiète l'Europe en raison de son importance stratégique. De toutes les façons cet accord est là et Chakib Khelil se rendra à Moscou pour le finaliser.

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Plus que les Mig 29 et les Soukhoï-30, l’axe gazier algéro-russe fait trembler l’Europe et l’Occident entier. La compagnie pétrolière algérienne Sonatrach et le géant russe Gazprom sont sur le point de signer un contrat gazier hautement stratégique. Aussi, a-t-on appris, de sources proches du dossier, que le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, se déplacera à Moscou dans quelques semaines, pour finaliser ce contrat.

Les deux groupes réaliseront des projets dans le domaine du GNL en plus des opérations de prospection et de réalisation de gazoducs. Selon les mêmes sources, le contrat permettra aux Russes d’intégrer le marché du sud de l’Europe dominé par l’Algérie et à la Sonatrach d’avoir ses parts de marché chez les Américains. Depuis la visite de Vladimir Poutine à Alger, le 10 mars dernier, l’effervescence a gagné l’Europe.

Car en dépit de sa brièveté, le déplacement de Poutine s’est avéré stratégique et fructueux. Les médias ont particulièrement consacré leurs manchettes à l’annulation de la dette de l’Algérie et au contrat d’armement signé entre les deux pays. Ce dernier point a d’ailleurs donné lieu à de nombreuses spéculations. Or, tout se jouait au niveau du sous-sol... dans le domaine énergétique. C’est sur ce volet stratégique de la coopération que le succès essentiel de la visite a été obtenu. Le deuxième producteur de gaz naturel en Afrique, avec des réserves prouvées s’élevant à quelque 4550 milliards de mètres cubes, s’allie avec le géant russe. La visite a matérialisé les ententes intervenues en janvier dernier et en vertu desquelles Gazprom aura accès aux gisements du Sahara. Dans ce contexte, cette visite a conforté les Russes dans leur rôle de leader énergétique mondial. Mais elle intègre également l’Algérie dans ce cartel. La tiédeur des relations entre l’Algérie et l’UE, ces dernières semaines, est guidée justement par cette équation énergétique. Le rapprochement entre les deux principaux exportateurs de gaz naturel dans le monde confère ainsi, à l’axe algéro-russe le statut d’un puissant lobby à même de faire fléchir l’Europe des 25. Les deux pays dominent l’arme stratégique de l’énergie.

L’UE est subitement contrainte de traiter d’égal à égal, du moins sur le plan énergétique, avec l’Algérie, son principal fournisseur. La directive gaz, qui empêche toujours l’Algérie d’opérer directement sur les marchés d’Europe en vue de commercialiser ses hydrocarbures trouvera probablement son issue avec cette nouvelle donne.

Désormais, l’UE se doit d’intégrer dans sa stratégie énergétique un partenariat avec les pays producteurs d’énergie et se passer du luxe d’un protectionnisme dans ce domaine.

A Bruxelles, c’est la confusion. Pour la première fois, dans le cadre des accords avec l’UE, qu’un pays de la rive sud «reproche» un manque de préparation à son vis-à-vis du Nord. Le conseil d’association Algérie-UE a, en effet, été reporté et la donne énergétique y était pour quelque chose. Quelques jours plus tard après ce report, le Conseil européen réunit les 25 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne pendant deux jours (23 et 24 mars) à Bruxelles.

Le principal thème de la réunion a été la politique énergétique de l’Europe. Les Vingt-Cinq ont décidé de regrouper leurs forces lorsqu’ils s’adresseront aux pays de transit comme l’Ukraine ou aux grands producteurs étrangers, telle la Russie. L’épisode ukrainien a fait trembler le géant européen. Il se découvre vulnérable. Le spectre du choc pétrolier de 1973 est revenu en surface.
Au fait, la crise ukrainienne a reposé dans toute sa gravité la problématique de la sécurité des approvisionnements, des indépendances face aux événements géopolitiques. Après le compromis entre la Russie et l’Ukraine sur le prix du gaz, un soupir de soulagement a été entendu vingt-cinq fois dans le Vieux Continent.

Mais la crise est toujours là et tous les ingrédients sont désormais réunis pour un nouveau type de menace, un nouveau type d’arme, une arme réinventée par les Russes.

Par l'expression

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