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Nadyr
19/11/2010, 20h12
C’est en 1974, lors du sommet de LAHOR que fut créée la Banque Islamique de Développement par l’organisation de la Conférence Islamique. Cette nouvelle création est basée à Djedda depuis 1975 et en 1979 il y a eu la fondation de la première banque privée islamique qui est celle de DUBAI ISLAMIC BANK.
C’est ainsi que fut adoptée en 1992 la création de la Banque Al Baraka qui en peu de temps a pu s’implanter facilement pour occuper une bonne place dans le panorama financier Algérien.
Néanmoins, pendant un certain temps, cette institution a eu de nombreuses difficultés de cohabitation avec les banques traditionnelles. De ce fait a eu lieu, une campagne de dénigrements, menée par la presse Egyptienne.
Il s’agit d’un événement survenu au Caire qui a été marqué de critiques formulées publiquement par le Cheikh d’El Azhar MOHAMED SAYED TANTAOUI, à l’égard des Banques Islamiques.
Ce qui dans cette optique, avait suscité des réactions controversées dans les milieux religieux et financiers d’Egypte. Au fait, ce dont il est question, c’est de propos désobligeants tenus par un théologien qui s’est laissé duper par certaines apparences, ayant fait l’objet de fausses interprétations, sans doute pas dans le but de déformer ou de tenir l’image de marque qu’a pu se faire le crédit bancaire islamique depuis sa création.

À cet effet, il convient d’admettre qu’en fonction de l’impératif permanent de la responsabilité et du devoir de chacun, faut-il encore être en garde des fatwas, faites à partir de travaux de recherche sur la charia, sans pour autant se donner la peine de faire appel au concours de professionnels du système bancaire islamique.

Et comme l’objectivité répond aussi à un besoin de connaître les faits avec le maximum d’exactitude, il appartient donc de se référer à certains versets du Livre sacré qui ont motivé les experts en économie islamique, pour élaborer leur première ébauche sur la gestion d’une banque islamique. Ces versets ne sont n 275, 276, 278, 279 et 282 sourates Al BAQARA, versets n°10 et l61 sourate Al NISSA et le n°-l30 d’El AMRANE.
Ainsi ce nouveau système bancaire a pu, en peu de temps, prendre sa véritable forme pour être implantée non seulement dans les pays musulmans mais aussi dans d’autres continents.
Cependant, il est utile d’insister sur le rôle des banques islamiques, de leurs objectifs et surtout de leur panoplie d’instruments financiers qui sont mis à la disposition d’une clientèle qui par conviction religieuse ou attachement à la charia n’a pu être séduite par les banques traditionnelles.

C’est ainsi qu’elles se sont intégrées aux différents systèmes financiers par le fait de se conformer aux règles et usances édictées par les autorités monétaires du pays où elles ont élu domicile, tout en respectant les ratios prudentiels et les particularités du plan comptable de chaque Banque Centrale.

De ce fait, elles restent imprégner de la conception islamique qui est pour une vie matérielle relativement stable, et qu’à cet effet cela incite à une coopération n’excluant d’aucune façon la concurrence libre et loyale, compte tenu du fait que les agents économiques sont censés adhérés à la morale musulmane.

De même que pour les principales caractéristiques de la stratégie islamique en matière de développement économique, qui adopte le principe où la justice sociale et la croissance vont de pair. À cet égard, le profit individuel ne pourrait être l’objectif majeur dans l’islam.

Ce qui ne saurait écarter la spéculation quand elle est supposée favoriser la collusion entre producteurs et commerçants contre l’intérêt du consommateur. Dans cette optique, un investissement ayant le caractère de monopole devient illicite, ainsi que le fait de rejeter toute influence ou pressions exercées par une quelconque sensibilité politique même si elle est d’obédience islamique ou autre.

À cet effet les banques islamiques interdisent non seulement l’usure en remplaçant l’intérêt par des bénéfices ou dividendes, ainsi que le financement des produits ou commerces qui s’avèrent immoraux, et nuisibles à la santé publique. Ou encore elles rejettent fermement toutes sortes de trafics ou autres risquant de fomenter des troubles, mettant en péril la sécurité des populations.
À cet égard, il convient d’admettre, que dans ce contexte, l’Islam c’est aussi ce qu’a, si bien dit le journaliste GUETARNI, dans son article du 5.4.08 « l’Islam, tout un chacun le sait, est une religion révélée, prédite au Saint Prophète Mohamed. Ce dernier fut élu pour son Essence et sa Naissance, l’objet de sa révélation n’est pas de dénigrer, encore moins de faire la guerre aux deux autres religions monothéistes, en l’occurrence le judaïsme et le christianisme. Il est venu dans le but de combler les carences et de corriger le dévoiement de certains des hommes ».

Et il a ajouté dans son écrit, que l’ISLAM est une religion à la fois spirituelle et sociale. Autrement dit, celle de la vie terrestre et de l’au- delà.

Par ailleurs, quand on évoque les trois interdits prescrits, par la charia, telle que la conditionnalité, la spéculation à terme et l’intérêt, il faudrait tenir compte de l’aspect spéculatif qui ne concerne que les marchés financiers ou boursiers à terme dont la spéculation est à découvert, est de ce fait, considérée par les théologiens musulmans à un jeu de hasard.
D’autant plus la dernière crise financière de Mars 2008, qui avait secoué les marchés financiers, et obligataires de l’immobilier aux États-Unis, a pour cause, celle des intervenants en bourse qui avait par imprudence, trop soufflé sur la bulle dite financière, pour qu’elle éclate. Et que les marchés financiers et boursiers qui appliquent la charia, en évitant la spéculation à découvert, ou à terme, ne sont nullement touchés par cette crise, comme les marchés maghrébins;

À cela s’ajoute l’intérêt qui est une rémunération prévue d’avance et que seul Dieu est omniscient. À savoir c’est, lorsqu’on n’est pas sur de l’aboutissement du projet financé pour décider du taux d’intérêt avant de connaître les résultats de fin d’année.
Et ce n’est qu’à partir de ces résultats, que les bénéfices ou pertes peuvent être connus, pour être partagés afin que les risques ne soient plus à la charge uniquement de l’opérateur économique. À ce stade, l’investisseur ou le banquier ont aussi leur part de responsabilité pour payer le cas échéant leur quotte part du risque.
Aussi devant un tel succès, la Nationale Commerciale Banque, première banque arabe au monde, envisage de porter la part de ses prêts islamiques de 16 % à 80 % de ses crédits (source Jeune Afrique n°2339).

À la lumière de ce qui précède, il va falloir se pencher sur le développement considérable pris par la banque islamique, telle qu’elle est adoptée par les pays musulmans dans le monde, où les experts s’accordent à dire unanimement que d’ici 10 ans plus de 80 % d’usagers musulmans de banques seront attirés par le concept islamique, et qu’il y aurait autant d’opérateurs économiques qui seront pour la MOURABAHA comme instrument financier n’étant que peu utilisé en Algérie. C’est ce que le conseiller juridique de cet établissement à essayer de faire croire dans sa conférence de presse de fin Octobre 2010. Et que ça fait plus quinze ans que c’est toujours la même équipe qui impose son dictat sans courir le risque de participer aux pertes supportées par sa clientèle.
La raison, c’est qu’il est plus rentable pour le client que pour la banque qui endosse la responsabilité de partager les risques avec l’opérateur économique. Tel est l’objectif visé par la charia, ce qui n’est pas le cas pour la MOUCHARAKA ou association qui fait subir au client toutes les pertes.

Par ailleurs il y a eu la publication en 2004 d’un rapport de l’organisation sécuritaire, faisant état de 270 milliards de $ déposés dans des banques islamiques.
Ce qui n’a pas laissé indifférent le Trésor américain qui a mobilisé le service de nombreux experts en la matière, afin de pouvoir suivre de près la mouvance de capitaux gérés par des instruments financiers adaptés à la charia.

Aussi il y a le fait marquant de la banque islamique d’Indonésie qui en 2002 a lancé pour la première fois un emprunt obligataire d’un genre nouveau qui diffère de celui qui est souvent utilisé en Algérie où l’intérêt est fixé d’avance.
Par contre cette émission d’emprunt obligataire revêt un caractère particulier, dont le financement est réservé à la construction d’autoroutes qui génèrent des bénéfices à partir de paiement pour usage de cette infrastructure. Ce qui est aussi le cas du financement d’une centrale électrique produisant une matière qui rapporte des bénéfices ou dividendes.
D’autant qu’elle représente la majeure partie de l’épargne nationale pour qu’elle puisse être fructifiée par l’intermédiaire de la banque islamique qui dispose de nombreux instruments financiers adéquats.

À cet effet il appartient d’évoquer le cas de certaines inconvenances relevées dans la gestion des banques islamiques qui ont connu leur période d’accalmie et de difficultés comme toutes les autres.

Et ce qu’il y a de plus inconvenant, c’est le surplus de l’effectif qui fait augmenter les dépenses avec des déplacements à outrance sans préserver les bénéfices devant être distribués aux clients souscripteurs, à la place d’un intérêt fixé d’avance, ce que rejette la charia.
Ainsi que le fait de débaucher des cadres des banques traditionnelles, sans les faire bénéficier de formation adéquate ou d’initiation au système bancaire islamique. C’est ce qui est, hélas, à l’origine de certaines fausses interprétations faisant croire à une mauvaise gestion.
D’ailleurs dans ce contexte, l’une des tâches primordiales des Holdings des multinationales, c’est de veiller à l’accroissement des revenus pour la distribution d‘un bon dividende comme unique moyen d’incitation à l’épargne du grand public. Evidemment par le biais d’un contrôle rigoureux en matière de dépenses afin de préserver les intérêts des actionnaires.
Autrement dit c’est le rôle de la COSOB qui se trouve actuellement dans une situation ne lui permettant nullement d’être au four et au moulin ou tout simplement par manque d’encadrement compétent.

Par ailleurs, on ne peut rester indifférent de l’expérience, dans ce domaine, du voisin marocain qui, depuis octobre 2007 a autorisé l’usage des produits financiers islamiques. Dans ce contexte le journal l’ECONOMISTE de Casablanca » a réservé dans ses ces colonnes, ces derniers temps un large exposé sur les instruments financiers islamiques, et leur application conformément à la charia. Ce qui semble ne point attirer les usagers de banques traditionnelles.

Nadyr
19/11/2010, 20h12
Ainsi il est fait état des mêmes problèmes posés, qui sont le manque de formation professionnelle, et du coût de prestation qui est onéreux. A savoir la banque tire son profit en achetant du producteur, pour revendre à son client avec un bénéfice, à la place de l’intérêt que perçoivent les autres banques pour le crédit alloué. Ce genre d’intermédiation est appliqué de la même façon au « leasing ». Mais avec cette différence par rapport à la banque islamique d’Alger, qui est celle de financer uniquement les produits fabriqués ou montés à l’étranger.

Telle que la voiture qui est importée en Algérie, dont le crédit est assuré par la Banque El Baraka. D’autant plus partout ailleurs, le leasing est appliqué pour l’encouragement de la production locale afin d’inciter à la création d’emplois. Quant au financement des voitures importées, il est souvent assuré par les constructeurs qui investissent, pour avoir leur part du marché algérien.


Source : un vieux que j'ai croisé par le Destin

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