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Voir la version complète : Du prêt à taux bonifié à l’aide de l’État Qui peut accéder au logement ?


WOMAN
24/11/2010, 07h44
Les dernières décisions du gouvernement en matière d’habitat ont, reconnaissons-le, facilité l’accès au logement pour une bonne partie des postulants. Désormais, des salariés qui perçoivent entre 30 000 et 40 000 DA mensuellement peuvent mobiliser, outre l’aide de l’État, un crédit bancaire à taux bonifié leur permettant d’acquérir un logement promotionnel aidé. Entre 25 000 et 30 000 DA par mois, cela devient beaucoup plus difficile.
Question de gestion du budget familial. Côté banques, on n’en est pas encore à la vitesse de croisière. Au total, pour une grande partie de la demande, le sésame s’avère être le logement social locatif. Or, là se pose avec une plus grande acuité la problématique de la disponibilité du logement. Guère informés, les postulants dans cette catégorie et même ceux faisant partie des couches moyennes attendent désespérément depuis des années une solution à leur problème. Vite réglé dans certains cas si on verse du bakchich. Les rumeurs enflent dans de telles situations sans que l’État vérifie le bien-fondé des accusations. Avec tout cet immobilisme des services de contrôle, certains officiels se demandent encore pourquoi la corruption a pris de l’ampleur en Algérie.
Ce qui paraît également frappant, c’est qu’avec des centaines de milliers d’unités construites annuellement, plus d’un million au cours de la dernière décennie, la crise du logement en Algérie est loin d’être résorbée. Une conséquence sans doute d’une répartition dans beaucoup de cas injuste des logements. Sur ce point précis, les instruments de contrôle n’ont pas également bien fonctionné.
Enfin, la solidarité n’a pas joué pleinement dans le dossier. Les entreprises ne se sont pas impliquées. En effet, les fonds sociaux des sociétés publiques et privées devraient, quitte à le rappeler, contribuer à augmenter l’offre en direction des salariés sans logis. D’autant que
3 millions de salariés en Algérie perçoivent au plus 10 000 DA mensuellement. Mais encore faut-il que cette masse d’argent soit bien gérée.
Le logement est ainsi hors de portée pour une grande partie de la population. La majorité des citoyens ne peut donc tabler que sur le logement social locatif. Or, là, toute une bureaucratie déploie son génie qui consiste dans notre cas à entretenir le désespoir de centaines de milliers de postulants.
En somme, dans ce chantier ouvert qui se résume à réduire les inégalités qui se sont creusées en matière d’accès au logement, nos gouvernants y jouent vraisemblablement, dans une dernière partie de “poker”, leur crédibilité écornée par une série de scandales.




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