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Voir la version complète : Nassef Sawiris annonce l’entrée en production de l’usine d’engrais d’Arzew en 2011


RIM-K65
24/11/2010, 10h45
Nassef Sawiris a annoncé que l’usine d’engrais d’Arzew de la Sorfert, joint-venture entre Sonatrach et Orascom Constructions Industries (OCI) entrera en production en 2011. Le frère cadet de Naguib Sawiris, est celui par qui le « scandale » est arrivé. Il a réalisé en effet la cession de la filière ciment d’OCI au français Lafarge qui a provoqué la colère des autorités algériennes. Et entrainé des changements significatifs dans le dispositif légal d’encadrement des investissements étrangers.


L'usine d'engrais de la Sorfert SA, une joint-venture entre Orascom Construction Industrie (OCI) et la Sonatrach entrera en activité durant l'année 2011.L'annonce a été faite à la presse égyptienne par Nassef Sawiris à l’occasion de la présentation des résultats financiers d’OCI pour les trois premiers trimestres de l’année 2010. Selon Nassef Sawiris, les travaux de réalisations avaient atteint 95,6% en septembre dernier et l’usine devrait commencer à produire de l’engrais à partir de l’an prochain. Sorfert Algérie est un partenariat entre la société publique Sonatrach (49%) et Orascom Construction industries (51%). La Sorfert a été créée le 19 mars 2007, soit avant les mesures de recadrage des investissements décidées par le gouvernement algérien après la vente de la filière ciment d’Orascom ciment industries au groupe Lafarge à la fin de la même année. Nassef Sawiris, moins connu que Naguib Sawiris, est au fond celui qui a provoqué le changement de cap en matière d’investissement décidé par le gouvernement algérien. La joint-venture comprend une société de production (JVP) de droit algérien, dénommée « SORFERT Algérie » dans laquelle Sonatrach détient 49% des actions et OCI, les 51% des actions restantes. Le même partage des actions concerne la Société conjointe de Commercialisation (JVC) Offshore ou Onshore dénommée « SORFERT Marketing » en charge de l’exportation et la commercialisation des produits finis, ammoniac et d’urée sur le marché international.

Un projet financé par des banques publiques

Le complexe comprend une unité de production d'ammoniac et d'urée d'une capacité de 1,2 million de tonnes par an et d'une seconde unité de production d'ammoniac de 800 000 tonnes. Le 22 février 2009, Sonatrach et Sorfert Algérie, ont signé un contrat de vente et d'achat de gaz naturel d'une durée de vingt ans. L'accord portait sur la fourniture, à compter de 2010, de 1,75 milliard de mètres cubes par an de gaz naturel pour alimenter le complexe pétrochimique d'Arzew. Le financement du projet, 1,1 milliard d’euros, a été mobilisé pour une période de 15 ans auprès de cinq banques publiques algériennes (la BEA, la BNA, la CNEP Banque, la BDL et le CPA). OCI a créé au début de l’année une joint-venture avec Morgan Stanley vers laquelle ont été transférés ses actifs dont ses parts dans Sorfert Algérie. Le 26 janvier 2010, Morgan Stanley (MS), leader mondial de services financiers et Orascom Construction Industries (OCI) ont en effet annoncé un accord pour former une joint-venture pour développer et investir dans des actifs à travers le Moyen-Orient et l'Afrique. Nassef Sawiris, selon certains analystes, se prémunissait ainsi au passage contre d’éventuelles difficultés en Algérie.

Le « Nassef act »

En Avril, dernier, Nassef Sawiris, s’est livré en direction de la presse algérienne à un exercice de relations publiques pour se défendre d’avoir fait une opération spéculative dans la cession de la filière ciment à Lafarge. Il a fait valoir qu’il ne s’agissait pas d’une vente mais d’une fusion avec le groupe Lafarge. Une opération banale, selon lui, qui a lieu partout dans le monde. « La globalisation a remodelé les données traditionnelles concernant la propriété du capital dans une société. Même si nous sommes fiers d’être une entreprise égyptienne chez Orascom, nous acceptons que près de 40% du capital soit détenu par des actionnaires anglais, émiratis. L’essentiel est qu’en Algérie, la majorité des employés de la société soient Algériens » a-t-il indiqué, selon le journal Liberté. Nassef Sawiris invitait à ne pas focaliser sur la propriété du capital. Des usines « ont été bâties en Algérie, dont la production est destinée à l’Algérie, dont les employés sont Algériens, voilà l’essentiel. Le plus important, pour un pays, n’est-il pas la production sur place plutôt que l’importation ?... ». L’argument laisse de marbre les autorités algériennes. Un lecteur de Maghrebemergent a suggéré de qualifier la nouvelle politique algérienne en matière d’IDE par le « Djezzy act ». Le « Nassef act », avec la cession des cimenteries d’OCI à la Lafarge, parait, historiquement parlant, plus pertinent.

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