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Voir la version complète : Une convertibilité programmée du dinar


morjane
30/03/2006, 15h40
La monnaie est un bien comme tous les autres actifs d’équipement et de consommation, mais elle se distingue de ceux-ci par son pouvoir d’achat et par son échange immédiat contre n’importe quel autre actif.

Ce pouvoir d’achat n’existe que dans la mesure où il est reconnu par les membres d’une société au niveau d’un Etat ou d’une nation, ou d’un ensemble d’Etats et de nations. Il est donc important que les possesseurs de monnaie aient confiance en celle-ci. Pour permettre une telle assurance, la monnaie doit être dotée de trois fonctions indispensables:

1- Une fonction d’intermédiaire des échanges: le bien est échangé contre de la monnaie et l’on peut racheter immédiatement le bien désiré.

2- La monnaie est un étalon des valeurs: c’est une unité de mesure des valeurs, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une notion de prix libellés en unités monétaires.

3- La monnaie a une fonction de réserve de valeurs: les deux précédentes fonctions sont très anciennes dans leur fonctionnement, mais la monnaie possède aussi cette fonction plus moderne. Elle doit assumer la permanence des valeurs mesurées, et doit avoir une valeur qui demeurera, normalement, constante dans le temps. Le caractère instantané du pouvoir d’achat n’est pas nécessairement utilisé par l’agent, et bien évidemment, ce dernier peut décider de différer le temps de l’achat: pour cela il faut que la monnaie représente au moins une valeur «quasi constante». La monnaie doit avoir une fonction d’épargne car la valeur constante de la monnaie peut ne pas être assurée. En effet, lorsqu’on est dans une situation de hausse des prix ou de faibles salaires et qu’il n’y a pas de pouvoir d’achat, la monnaie n’assure plus sa troisième fonction qui est celle de réserve de valeurs. L’épargnant perd donc sa liberté «de gérer l’achat» et perd, bien évidemment, confiance en cette monnaie. La monnaie remplit sa troisième fonction notamment dans les pays ayant une faible inflation et un réel pouvoir d’achat. Mais dans d’autres pays, cette troisième fonction disparaît complètement et la monnaie devient un actif particulier présentant une caractéristique spécifique, à savoir qu’elle constitue alors la liquidité par excellence. De plus, il existera un marché parallèle de cette monnaie.

Par ailleurs, chaque pays et surtout chaque citoyen rêve d’avoir une monnaie stable, forte et convertible totalement mais malheureusement ce n’est pas le cas, tout le temps, notamment dans les pays qui ont ajusté leurs économies et ont dévalué leurs monnaies. Il est à signaler que, par exemple, les programmes de politique orthodoxe qui ont été adoptés par plusieurs pays du monde en développement parmi lesquels l’Algérie, sont surtout critiqués sur le plan académique et scientifique. Ils ont été appliqués, soit disant, pour vanter la hausse systématique des taux d’intérêts, de façon à encourager l’épargne et décourager les fuites de capitaux alors que, dans ces pays en développement, l’épargne est peu élastique aux taux de rémunération car le système financier n’est pas suffisamment sophistiqué pour offrir des placements attractifs. Ces programmes et même les institutions qui les ont recommandés sont aussi critiqués pour avoir préconisé des dévaluations afin de rétablir l’équilibre budgétaire et des échanges extérieurs, alors que ces dévaluations conduisent à créer des problèmes de pouvoir d’achat local, des problèmes au niveau de la fonction réelle et moderne de la monnaie qui est la réserve de valeurs, et bien évidemment les problèmes qui s’en suivent tel que la convertibilité totale ou non...

En effet, la problématique de la convertibilité d’une monnaie nationale se pose de la même manière pour tous les pays, même si l’objectif poursuivi par chacun d’eux n’est pas forcément le même. Il s’agit d’adopter une convertibilité totale ou d’appliquer des restrictions sur certaines transactions et autoriser la convertibilité pour d’autres...

Même au niveau des finances internationales, il est clair qu’on cherche aujourd’hui un système de référence évitant à chaque membre de recourir à des mesures telles que les mesures de protection, les restrictions de change et les dévaluations de combat. Globalement, les institutions financières internationales essaient de contribuer à promouvoir la mobilité des capitaux, et de recommander aux gouvernements d’assurer la convertibilité de leur monnaie, pour les opérations financières comme pour les transactions courantes. En effet, la question des transactions est liée à un aspect important qui est celui du degré de convertibilité: la monnaie d’un pays peut être convertible contre d’autres sans aucune restriction, ni formalité (convertibilité intégrale) ou bien cette convertibilité est limitée à certains types de transactions. Concernant la convertibilité aux transactions «courantes», c’est-à-dire les transactions réelles (commerce international), il faut justifier la nature de la transaction pour obtenir le droit d’échanger la monnaie. L’ordre monétaire international essaie de viser essentiellement à permettre la reprise des échanges internationaux et le développement de l’interdépendance économique. Dans ce cadre, les Etats adhérents au FMI s’engageaient et s’engagent toujours à assurer, aussi rapidement que possible, la convertibilité de leur monnaie pour les opérations courantes. Pour les opérations financières, la convertibilité peut être réduite, partielle ou interdite. En général, le passage de l’inconvertibilité à la convertibilité se fait de manière graduelle.

Ainsi, le choix d’un régime de change et la défense d’une parité dépendent largement du degré de convertibilité: une monnaie inconvertible ou partiellement inconvertible peut choisir ou doit choisir une forme quelconque de changes fixes et elle est pratiquement responsable de la fixation de la parité; au contraire, une monnaie à convertibilité intégrale et sujette à une forte mobilité des capitaux est contrainte à la flexibilité.

Il est question aujourd’hui, en Algérie, de la libération de la convertibilité qui est limitée actuellement aux transactions commerciales. Seulement, cette libération totale est considérée avec hésitation par les pouvoirs publics dans la mesure où elle pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’économie qui est basée sur les hydrocarbures. Pourtant cette libération de la convertibilité est recommandée même par une institution monétaire internationale comme le FMI et même par des experts. Selon cette dernière institution et ces experts, la convertibilité intégrale du dinar algérien va avoir des conséquences importantes sur une économie appuyée sur la rente pétrolière et qui n’a pas de contrepartie en production, pour faire face à la fixation de la valeur de la monnaie algérienne. Il est à signaler que selon cette institution, cette libération de la convertibilité sera bénéfique notamment par rapport aux variations des taux de change qui ont été la cause de pertes pour certaines entreprises algériennes et qui ont influencé la détermination de la valeur des produits importés.

Il est vrai que l’option d’une convertibilité immédiate et totale de la monnaie nationale peut régler le problème du change informel et par conséquent celui des marchandises. Cela va permettre aussi à l’Algérie de devenir un pays beaucoup plus attractif des investissements étrangers directs avec une maîtrise de la masse monétaire en liquide existante hors circuits bancaires...

Mais la vision la plus avertie par rapport à cette question de convertibilité totale à réaliser est, probablement, celle qui consiste à adopter une approche graduelle et prudente, conduire une bonne politique macro-économique, rassurer et permettre une plus grande fiabilité du système bancaire et financier, encourager la mise en oeuvre d’un outil de production plus performant en termes de compétitivité et de diversification, et préserver la praticabilité de la balance des paiements. Tous ces ingrédients accompagnés d’une politique budgétaire et d’une disponibilité des réserves de change permettraient, lorsque la convertibilité deviendrait totale, de faire face aux chocs externes ou internes au cas où ils se produiraient car une convertibilité totale prématurée pourrait comporter de graves risques.

Enfin, il est nécessaire d’ajouter que les conditions pour la convertibilité totale de la monnaie ne sont pas encore réunies et qu’il faut tout faire pour les atteindre. La convertibilité totale de la monnaie nécessite trois conditions: une forte puissance nationale, la convertibilité sous les comptes du capital et un système monétaire et financier stable. L’Algérie doit faire un effort dans la voie de la convertibilité intégrale.

Autrement dit, l’enjeu est de créer les conditions législatives et industrielles à une convertibilité programmée du dinar.

Par Riadh Bouriche(QO)

zek
30/03/2006, 17h44
Bonjour, je crois que la convertibilité du dinar doit etre totale, lorsque les réserves de changes auront dépassé les 100 milliards de dollars, il faudra réaliser ce projet, il n'y aura pas de fuite massive des capitaux et c'est l'inverse qui se produira, avec une croissance de plus de 5 %, c'est faisable, en plus les réserves de gaz depassent largement les 50 ans, alors de quoi a-t-on peur ? Ca nous laisse le temps de sortir des hydrocarbures. :)
Merci pour l'info

Algérie: Au fil des jours : roupie indienne, dinar algérien, patriotisme économique
http://fr.allafrica.com/stories/200603280817.html

marin
30/03/2006, 17h59
une convertibilite totale ne peut etre qu envisager que le jour ou nos exportations hors hydrocarbures representeraient au moins la moitie des recettes energetiques
des desseins inavoues se cachent derriere cette liberte totale

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