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Voir la version complète : Mondial-2018: la Russie fête sa victoire mais s'interroge sur le coût


morad77
03/12/2010, 12h41
MOSCOU — La Russie célébrait vendredi sa victoire après avoir été choisie pour l'organisation du Mondial de football 2018, mais certains s'inquiétaient du coût colossal --jusqu'à 50 milliards de dollars-- d'un projet à haute valeur symbolique défendu par le Kremlin et Vladimir Poutine.
"On y croyait, on s'est battu, on a vaincu", titrait le quotidien officiel Rossiïskaïa Gazeta, soulignant que le rêve de la Russie d'organiser pour la première fois de son histoire le Mondial s'était "réalisé."
La veille au soir, le président Dmitri Medvedev, mais surtout le Premier ministre Vladimir Poutine --parti pour Zurich dès l'annonce de la victoire d'une candidature qu'il avait portée personnellement-- avaient laissé paraître l'importance du symbole pour le pays, et l'enjeu politique pour le régime.
"Il y a pas mal d'idées préconçues qui datent de la guerre froide, et qui volent comme des mouches au-dessus de l'Europe, qui grésillent à l'oreille et qui font peur aux gens, mais la réalité est différente", a déclaré M. Poutine, très à l'aise et rayonnant, lors d'une conférence de presse à Zurich.
L'attribution du Mondial à Moscou vient à point nommé pour la direction russe, alors que les fuites cette semaine du site Wikileaks ont décrit le pays en Etat corrompu et brutal.
"Venez voir ce qu'est la Russie, parlez avec les gens et vous comprendrez mieux le pays. La Russie se développe, elle est en pleine ascension, et en 2018 elle sera encore plus forte", a ajouté Vladimir Poutine.
Parmi les avantages décisifs de la Russie pour organiser ce championnat dans l'incertitude de la crise mondiale, M. Poutine, auquel beaucoup prêtent l'intention de reprendre la présidence russe en 2012, a cité la croissance économique, des réserves en devises de "500 milliards de dollars", mais aussi la "stabilité politique".
Pour autant, la presse russe soulignait vendredi matin que le coût de la tenue du Mondial de football allait être astronomique, avec le risque de faire payer cher le grand bond en avant qu'il est censé imposer aux infrastructures du pays.
M. Poutine a parlé de 300 milliards de roubles, soit environ 7 milliards d'euros pour construire ou reconstruire les stades et les infrastructures dans 13 villes de la partie occidentale du pays choisies pour la compétition.
Mais selon une estimation du quotidien des affaires Vedomosti, compte tenu des distances de parfois 3.000 kilomètres entre les sites, de l'état des infrastructures existantes et de la nécessité de construire ou reconstruire des milliers de kilomètres de routes ou voies ferrées, des aéroports et des hôtels, ce sont pas moins de 50 milliards de dollars (38 milliards d'euros) qui seront nécessaires.
"Le prix à payer n'est-il pas trop élevé ?", s'interrogeait le journal.
"Pour la Russie, le projet peut devenir l'un des plus chers et des plus difficiles de son histoire", estimait aussi le quotidien Kommersant.
Le pouvoir russe est prêt à toutes les dépenses pour organiser un événement de cet ordre, relevaient plusieurs journaux.
"Le cas des JO de Sotchi montre que la rentabilité et les économies dans la préparation d'événements sportifs sont les dernières choses auxquelles pense le pouvoir en Russie", écrivait Kommersant.
Nezavissimaïa Gazeta soulevait par ailleurs le problème des détournements de fonds publics.
"On pourrait se faire à l'idée de toutes ces dépenses si elles étaient transparentes et contrôlables, en d'autres termes si un tel projet en Russie ne constituait pas un terrain potentiel pour la corruption", écrivait le journal.
"L'organisation des JO d'hiver, et maintenant du Mondial de football, tout cela correspond bien à la politique des patriciens de la Rome antique, dont la relation à l'égard de la plèbe se résumait à lui fournir du pain et des jeux. Cela s'est mal fini", concluait Vedomosti
AFP

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