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Voir la version complète : Microsoft optimiste dans son combat avec Bruxelles


morjane
31/03/2006, 18h31
Microsoft affirme qu'il s'est bien plié aux exigences de l'exécutif européen lors de sa condamnation pour abus de position dominante il y a deux ans et il se sent tout à fait optimiste car il a le soutien inconditionnel de Washignton.

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Microsoft s'est montré optimiste vendredi, au deuxième jour de son audition face à la Commission européenne, après avoir reçu l'appui des Etats-Unis, qui ont demandé à Bruxelles de veiller à ce que leur champion national soit traité avec équité.

Après avoir essuyé plusieurs tirs désagréables en début de semaine --notamment les critiques de la Commission au sujet de son système d'exploitation Vista-- le ciel s'est sensiblement éclairci vendredi au-dessus du numéro un mondial des logiciels.

"Alors que nous débutons cette deuxième journée, je suis plus optimiste que lors de mon arrivée hier sur le fait que ce genre de dialogue constructif puisse en fait mener à une véritable solution", s'est ainsi réjoui le directeur des affaires juridiques de Microsoft, Brad Smith, avant de pénétrer dans la salle d'audition.

Depuis jeudi, le groupe tente de convaincre la Commission, au cours d'une audition à huis clos, qu'il s'est bien plié aux exigences formulées par l'exécutif européen il y a deux ans, lors de sa condamnation pour abus de position dominante.

S'il n'y parvient pas, la Commission a déjà annoncé qu'elle lui imposerait "dans quelques semaines" jusqu'à deux millions d'euros par jour de retard.

"Je pense qu'il y a eu un dialogue très constructif hier. J'aurais seulement aimé que nous ayons ce genre de dialogue plus tôt", a déploré vendredi Brad Smith.

Alors que jeudi c'est le camp Microsoft qui a occupé le devant de la scène, avec ses experts en informatique et ses avocats, vendredi ce sont les parties tierces qui ont exposé leur vision des choses.

Si certains pro-Microsoft ont eu droit au chapitre, ce sont plutôt les "anti" qui ont tenu le haut du pavé.

Selon des sources proches du dossier, des sociétés informatiques comme IBM, Novell, Oracle ou Red Hat ont expliqué pourquoi ils estimaient, tout comme la Commission, que la documentation technique fournie par Microsoft avec Windows est insuffisante pour qu'ils puissent concevoir des produits compatibles.

Mike Sax, le président de l'Association pour une technologie compétitive (ACT) qui soutient Microsoft, a en revanche expliqué que pour lui "chercher la documentation parfaite ressemblait fort à la quête du Saint-Graal" et qu'il n'était "pas possible de concevoir une documentation qui permette aux programmeurs non familiers de Windows de créer des serveurs compatibles en quelques jours".

Alors que Microsoft avait prévu de la transformer en arène médiatique, une mise en garde de la Commission sur la confidentialité de l'audition a calmé ses ardeurs. Le groupe s'est finalement limité depuis à de très laconiques commentaires.

L'entreprise a pourtant de quoi se réjouir car cette semaine elle a reçu un soutien, certes prudent, mais inattendu.

Dans un courrier adressé au cabinet de la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes, la mission américaine à Bruxelles a ainsi indiqué à Bruxelles que "si les accusations de Microsoft (contre la Commission) étaient exactes, cela les préoccuperait grandement".

Ces derniers mois, Microsoft s'est plaint de n'avoir pas droit à une défense équitable. Le groupe de Redmond (Etat de Washington) accuse notamment Bruxelles de collaborer avec ses rivaux et de lui interdire l'accès à certaines pièces du dossier.

Vendredi, le porte-parole de Neelie Kroes a reconnu que la Commission avait reçu "une note informelle au sujet de Microsoft", ainsi que la visite, mardi, d'un diplomate américain.

Une source proche du dossier a toutefois nuancé ce soutien américain vendredi en soulignant que si Washington avait voulu montrer qu'il suivait le dossier, il n'avait aucune intention, en envoyant cette note, de prendre parti pour Microsoft.

Par AP

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