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06/12/2010, 13h54
Le Ramed sera généralisé à partir de janvier 2011

L'extension se fera au fur et à mesure de la mise en place des comités d'éligibilité.
8,5 millions de personnes démunies pourront bénéficier d'une couverture médicale.
56 528 cartes bénéficiant à 191 064 personnes distribuées dans la région de Tadla-Azilal.

Après deux reports, le Régime d’assistance médicale pour les économiquement démunis (Ramed), en vigueur depuis novembre 2008 dans la région de Tadla-Azilal dans le cadre d’une expérience pilote, sera finalement généralisé en janvier 2011. Le décret de la généralisation a été signé lundi 29 novembre par les ministres de la santé, des finances et de l’intérieur. La mise en œuvre de la généralisation se fera, selon la ministre de la santé Yasmina Baddou, de manière progressive. C’est-à-dire au fur et à mesure de la mise en place des outils et moyens nécessaires, notamment la création des comités d’éligibilité au niveau des provinces.

Les hôpitaux et les centres de santé ont réalisé 62 861 prestations

D’autres outils ont été actualisés en vue d’accompagner l’extension du Ramed à l’ensemble du pays : le formulaire de demande de bénéfice au régime a été simplifié, en attendant son officialisation ; un plan d’action pour la formation du personnel est finalisé ; le comité de pilotage prépare un portail internet pour informer bénéficiaires et partenaires sur l’état d’avancement du régime, et le manuel de procédure dans son volet «éligibilité» est actualisé et remis à la région pilote pour test et validation.
Le ministère de la santé a également créé une division chargée de la gestion du Ramed afin d’assurer le suivi du régime. La mise en place de cette structure s’impose, explique Yasmina Baddou, dans la mesure où l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam), agent régulateur de la couverture médicale, ne peut être à la fois juge et partie.
La généralisation du Ramed permettra d’assurer la couverture médicale pour une population globale de 8,5 millions de personnes, dont 4,5 millions d’indigents relatifs et 4 millions d’indigents absolus.
Le financement du Ramed est estimé à 2,5 milliards de DH par an, dont 75% pris en charge par l’Etat, 6% par les collectivités locales et 19% par les bénéficiaires. A ce propos, le ministère souligne que la contribution forfaitaire annuelle des démunis relatifs est de 120 DH par personne éligible avec un plafond de 600 DH par ménage. Celle des démunis absolus qui est de 40 DH est prise en charge par l’Etat.
Parmi les bénéficiaires on compte 100 000 personnes, notamment les pensionnaires des établissements pénitentiaires, des orphelinats et des personnes sans domicile fixe, qui bénéficieront d’une gratuité totale des soins.
Selon le ministère de la santé, les mécanismes du Ramed ont été rodés dans la région de Tadla-Azilal où a eu lieu, en novembre 2008, le lancement pilote de ce régime de couverture. Plusieurs correctifs ont été apportés au cours de ces deux années, ce qui explique, selon Yasmina Baddou, le report de la généralisation prévue initialement pour 2009. Le bilan définitif révèle que l’expérience pilote a été concluante, souligne le ministère de la santé qui précise qu’elle a, entre autres, permis de canaliser le système du certificat d’indigence dans la mesure où la population éligible a été bien identifiée. Ce qui s’est traduit par une amélioration de 6% des recettes de l’hôpital régional de Béni-Mellal dans la mesure où les indigents relatifs ont supporté une partie de leurs soins. La phase pilote a également permis l’amélioration des prestations médicales et chirurgicales ainsi que la prise en charge des maladies longues et coûteuses. Dans le même sens, le ministère annonce qu’il va incessamment élargir la liste des médicaments afin d’assurer la disponibilité de plusieurs médicaments dont «Interferon» pour l’hépatite C.
Au 22 novembre, l’Anam a distribué 56 528 cartes bénéficiant à 191 064 personnes, dont 87% de pauvres absolus et 13% de pauvres relatifs. 65% des cartes sont délivrées à Béni-Mellal et 35% à Azilal. La plus grande partie des cartes, 63%, est allée au milieu rural contre 37% pour le milieu urbain.
Du point de vue des prestations, le bilan arrêté à fin octobre révèle que les hôpitaux et les centres de santé ont réalisé 62 861 prestations dont 16 718 consultations médicales, 15 944 examens radiologiques, 19 385 examens de laboratoires, 9 062 hospitalisations et 1 752 cas de pathologies lourdes pris en charge.
Les services sanitaires de la région ont procédé à 827 évacuations, 300 vers l’hôpital régional de Béni-Mellal et 527 vers le CHU de Casablanca. Pour organiser les transferts sanitaires, le ministère de la santé est en train de mettre en place un schéma régional afin d’éviter que tous les transferts ne se fassent sur le CHU Casablanca.


Aziza Belouas

lavieeco

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